Cyclisme - Mondiaux 2023 : Mathieu van der Poel, un coup de maître en guise de revanche

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C’est en solitaire que Mathieu van der Poel s’est offert le titre de champion du monde sur route, ce dimanche à Glasgow. Au-delà de sa forme, éblouissante, le coureur néerlandais a surtout brillé par son intelligence de course, sur un circuit pourtant piégeux à souhait. Un coup de maître synonyme de revanche, un an après avoir vécu un cauchemar en Australie.

Pluie, chaussure cassée et concurrence dégoûtée : le résumé du sacre de Van der Poel

Video credit: Eurosport

Pour sa garde-robe, c’est tout sauf une nouveauté. Au cours de sa carrière sur la selle, Mathieu van der Poel a déjà porté cinq maillots arc-en-ciel différents. Un sixième vient tout juste de s’ajouter à la collection, mais il se distingue fortement des précédents. Car s’il avait l’habitude de vêtir la prestigieuse tunique dans les sous-bois, lors des épreuves de Coupe du monde de cyclo-cross, le gamin de Kapellen va désormais l’étrenner sur le bitume. C’est le droit qu’il s’est octroyé en devenant, ce dimanche à Glasgow, champion du monde sur route. "Un champion du monde génial", s’est extasié son coéquipier Daan Hoole au micro d’Eurosport. Il n’a pas tort.
Le Néerlandais était logiquement cité parmi les grands favoris de l’épreuve. Il n’a toutefois pas succombé à la pression et a fait preuve, pendant les quelque six heures passées sur la selle, d’une grande intelligence tactique pour surprendre ses rivaux. Il est vrai que le circuit final, véritable lessiveuse de 48 virages par tour (et dix tours, au total) dans les rues de Glasgow, avec moult difficultés, relances et montées casse-pattes à volonté, collait parfaitement à ses qualités de pilotage.
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Van der Poel, champion du monde inébranlable : l'arrivée en vidéo

Video credit: Eurosport

La discrétion avant l'attaque foudroyante

Dans ce contexte, MVDP aurait pu se sentir pousser des ailes, répondre aux multiples attaques en plaçant un contre loin de l’arrivée, faisant monter l’intensité d’une course déjà totalement débridée. Mais le coureur d’Alpecin-Deceuninck est, au contraire, resté plutôt sage. Toujours présent dans le bon groupe, il a laissé Mads Pedersen faire plus d’efforts que de raison et Alberto Bettiol s’épuiser seul en tête. Il a volontiers abandonné le contrôle des opérations à la Belgique, en supériorité numérique. En clair, il n’a jamais donné un coup de pédale superflu. Jusqu’à déclencher au moment le plus stratégique.
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Van Aert, Pogacar et Pedersen n'ont rien pu faire : l'attaque décisive de Van der Poel

Video credit: Eurosport

À 22,4 kilomètres de l’arrivée, alors que le quatuor qu’il formait avec Pedersen, Wout van Aert et Tadej Pogacar revenait sur Bettiol, Van der Poel a placé une attaque foudroyante dans une montée, juste avant de basculer dans une descente. "Je savais qu’il fallait attaquer au moment le plus difficile de la course, a-t-il analysé auprès de l’UCI. Je me sentais très fort jusqu’à la fin, j’ai poussé les autres à la limite." Et d’ajouter : "J’étais en train de voler, vraiment."
Le petit-fil de Raymond Poulidor était effectivement dans une forme étincelante, c’est incontestable, et l’on en déduit désormais que s’il n’a pas levé les bras sur le dernier Tour de France, c’est sans doute parce que son pic est arrivé un peu plus tard, en vue d’un autre objectif. Il n’empêche, ce sacre planétaire est avant tout celui d’une grande maturité, nécessaire pour maîtriser les événements au lieu de les subir. En étant tatillon, on relèvera que le néo-champion du monde a toutefois commis deux erreurs ce dimanche. La première, en prenant bêtement une cassure après le redémarrage de la course, interrompue pendant près d’une heure par des manifestants.
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Mathieu van der Poel

Crédit: Getty Images

Piégé, Van der Poel avait dû s’en remettre à ses équipiers pour retrouver sa place dans le peloton. "Mais il n’avait pas besoin de beaucoup d’aide de notre part, a constaté Hoole. Il était incroyablement fort." À tel point qu’il a pu se permettre de chuter à 16 kilomètres de la ligne, dans un virage rendu encore plus piégeux par la pluie. Un gadin sans conséquence, puisqu’il a rapidement creusé l’écart sur ses poursuivants. "Ça a ajouté un peu de piment de gagner comme ça", a commenté l’intéressé en souriant.

La mésaventure de Wollongong encore en tête

Sur les routes écossaises, le coureur de 28 ans était donc tout simplement injouable. Comme il l’a déjà été sur Milan-Sanremo et Paris-Roubaix, les deux Monuments décrochés cette année. À ses yeux, ce titre mondial a évidemment valeur de consécration - "j’ai quasiment tout gagné dans ma carrière" -, mais il a également une autre saveur. "C’est aussi une revanche par rapport à l’an dernier, donc je vais savourer", a avoué le Néerlandais.
L’an dernier, à Wollongong, le phénomène oranje n’avait en effet pas pu défendre ses chances à 100% à l’occasion de l’épreuve en ligne des Mondiaux. Accusé d’avoir bousculé deux adolescentes qui frappaient à la porte de sa chambre en pleine nuit, Mathieu van der Poel avait été interpellé par la police australienne et n’avait été relâché qu’à 4h du matin, à quelques heures seulement du départ. Épuisé, il avait abandonné après seulement trente kilomètres. Une désillusion qui lui était visiblement restée en travers de la gorge. Mais qu’il doit avoir beaucoup moins de mal à digérer, désormais.
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Mathieu van der Poel savoure son sacre de champion du monde sur route lors des Mondiaux 2023 à Glasgow

Crédit: Getty Images

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