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Un monde à conquérir

Un monde à conquérir
Par Eurosport

Le 02/10/2010 à 17:21Mis à jour Le 02/10/2010 à 17:37

Qui succèdera à Cadel Evans, sur les terres de l'Australien, dimanche, à Melbourne? Le tracé de Geelong, dont chacun a du mal à définir la difficulté exacte, pourrait aussi bien sourire à un puncheur qu'à un sprinter. D'où la large palette des prétendants. Voici les plus sérieux.

LA COTE DES FAVORIS

5 étoiles: Philippe Gilbert
4 étoiles:
Filippo Pozzato , Oscar Freire
3 étoiles:
Fabian Cancellara, Alexander Kolobnev, Tyler Farrar , Thor Hushovd
2 étoiles: Mark
Cavendish, Cadel Evans, Andre Greipel, Samuel Sanchez
1 étoile:
Edvald Boasson Hagen, Vincenzo Nibali, Matthew Goss, Peter Sagan, Greg Van Avermaet, Romain Feillu, Borut Bozic, Julian Dean, Allan Davis

. PHILIPPE GILBERT (Belgique – 28 ans)

Beaucoup de ses adversaires le désignent comme le principal candidat à la victoire. C'est un gage de pression, pas de réussite. Mais ce statut semble le motiver. Philippe Gilbert a axé presque toute sa saison sur le rendez-vous mondial, tant le maillot arc-en-ciel le fait rêver. Il arrive en Australie dans une forme éblouissante comme en témoigne son impressionnante Vuelta (deux étapes et cinq jours en rouge). Le Liégeois est probablement le mieux à même de dynamiter la course. Et si d'autres le suivent, il possède une pointe de vitesse intéressante pour régler un petit groupe. Gilbert dispose aussi d'une équipe solide autour de lui. L'absence de Boonen l'installe pour la première fois dans la peau d'un leader unique. L'homme à battre, incontestablement.

. FILIPPO POZZATO (Italie – 30 ans)

En décidant de se passer d'un sprinter comme Daniele Bennati, le sélectionneur Paolo Bettini a clairement défini sa priorité: Filippo Pozzato. Leader de la Squaddra, le coureur de Katusha devra toutefois composer avec Vincenzo Nibali, qui songe secrètement à un double Vuelta-Mondial. Avec seulement deux victoires à son actif en 2010, Pippo n'a pas vraiment flambé cette saison, mais un de ses deux succès date de… dimanche dernier lors du Herald Sun Tour. La forme arrive donc au bon moment. En cas d'arrivée semi-massive, il sera très dangereux si les purs sprinters ne sont plus là. Un garçon comme Gilbert, par exemple, aura tout intérêt à se débarrasser de lui avant la ligne. Le circuit lui sied bien et il tient peut-être la chance de sa vie. Mais il devra rester calme et lucide.

. OSCAR FREIRE (Espagne – 34 ans)

Inévitable. Incontournable. Oscar Freire, c'est "Monsieur Mondial". Par trois fois, il a décroché le maillot irisé (1999, 2001, 2004). Pour les puncheurs, Freire est un cauchemar, tant il passe bien les bosses. Parmi les sprinters, il est sans doute l'un des rares capables d'enchainer les difficultés sans broncher. Sa victoire dans Milan-Sanremo au mois de mars a prouvé qu'il fallait toujours compter avec lui. Sa forme constitue un gros point d'interrogation, mais il n'est jamais aussi dangereux que quand on ne se méfie pas de lui. Freire est un tueur silencieux. Les grandes phrases d'avant-course, très peu pour lui. Tout lui convient dans cette course: la distance, les bosses qui permettent d'éliminer les purs sprinters plus rapides que lui, et l'arrivé een faux plat montant, son grand dada. Attention au vieux briscard…

. FABIAN CANCELLARA (Suisse – 30 ans)

Son quatrième titre mondial du contre-la-montre (un record !) est passé inaperçu avec l'affaire Alberto Contador, jeudi. Trois jours plus tard, le Suisse fait logiquement partie des favoris de l'épreuve en ligne. S'il parvient à suivre les meilleurs jusqu'au dernier tour, "Spartacus" devra être surveillé comme le lait sur le feu. "Je veux être devant", a déclaré l'intéressé. L'an dernier, chez lui, à Mendrisio, le Bernois n'était pas passé loin du titre (5e) et avait reconnu avoir commis quelques erreurs : "Je m'étais montré trop agressif et tout le monde me surveillait. J'ai toutefois beaucoup appris de cette défaite". A ses yeux, "ce n'est pas un parcours pour les sprinters". Voilà qui augmente donc ses chances de succès...

. THOR HUSHOVD (Norvège – 32 ans)

Comme Oscar Freire, Thor Hushovd est tout à fait apte à avaler les bosses. Le parcours est plus difficile qu'annoncé? Tant mieux pour lui. Face à un Cavendish, il n'aurait que peu de chances de s'imposer. Mais dans un groupe de 10, 20 ou 30 coureurs, le Norvégien peut s'avérer redoutable. Et il a la caisse pour tenir 267 kilomètres. Par le passé, Hushovd n'a jamais franchement réussi aux Mondiaux. La relative faiblesse de l'équipe norvégienne, et ses objectifs personnels (classiques en avril puis le Tour) ne lui ont jamais permis de jouer un rôle majeur. Mais cette année, il fait un candidat très sérieux au podium. Et attention à lui dans le dernier faux plat montant. Le type d'arrivée dont raffole le Scandinave…

. TYLER FARRAR (Etats-Unis – 26 ans)

L'Américain de Garmin-Transitions n'est pas un spécialiste des bosses mais l'homme aux lunettes fumées peut se vanter de les passer un peu mieux que son homologue britannique, Mark Cavendish. Ses performances sur les classiques (5e du Tour des Flandres, vainqueur à Hambourg) peuvent le conforter dans l'idée de faire quelque chose dimanche. Au sortir d'une excellente Vuelta, qui l'a vu s'adjuger deux étapes, Farrar, qui n'était pas passé loin d'une victoire dans les rues escarpées de Tolède (devancé uniquement par le Belge Philippe Gilbert), est un candidat au titre mondial. Pour cela, il faudra qu'il accompagne le peloton dans les derniers kilomètres.

. ALEXANDER KOLOBNEV (Russie – 29 ans)

Toujours placé, mais à ce jour jamais gagnant. Alexander Kolobnev semble être né pour briller sur les courses d'un jour. Mais que ce soit dans les grandes classiques ou sur les Mondiaux, il lui a toujours manqué un petit quelque chose pour aller au bout. Et si c'était pour dimanche? Au sein de l'équipe de Russie, très solide sur le papier, il jouit en tout cas d'un statut de leader indiscutable. Même s'il n'a pas gagné d'étape sur la Vuelta, il a mis à profit cette course pour monter en puissance. Il sera là à Geelong, sans aucun doute. On le voit bien marquer Philippe Gilbert à la culotte avant de tenter sa chance dans le dernier tour.

. CADEL EVANS (Australie - 33 ans)

Tout le monde le sait mais il est bon de le rappeler : L'Australien de 33 ans est le tenant du titre. Ah oui, il dispute aussi les Mondiaux à domicile. Deux excellentes raisons pour faire de Cadel Evans un favori à sa propre succession. Le capitaine "aussie" nourrit donc de réelles ambitions mais cherche tout de même quelques repères : "J’essaye d’aider mes coéquipiers à rester calmes. C’est la première fois que nous courrons des Mondiaux à domicile, nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. Nous avons plusieurs gars qui sont capables d’être là dans le final. Ils sont un peu nerveux mais c’est bon signe, ils ont envie de bien réussir ".

. MARK CAVENDISH (Grande-Bretagne – 25 ans)

Il y a quelques mois, quand le milieu a commencé à s'intéresser à ce Mondial 2010, Mark Cavendish était devenu presque malgré lui le favori naturel de l'épreuve. Tout le monde pensait alors que le tracé australien serait suffisamment abordable pour favoriser les sprinters. On l'a vu, l'opinion globale du peloton a considérablement évolué et Cavendish lui-même, après reconnaissance du parcours, a estimé qu'il devait revoir ses ambitions à la baisse. Problème pour lui, il n'a pas six ou huit équipiers, comme certains. Il devra se débrouiller seul. Le train de la Columbia ne sera pas là dimanche. Pour gagner, il aura besoin de circonstances favorables, à commencer par une course d'observation. Si certaines équipes décident de dynamiter la course, Cav' aura du mal à être là dans le final.

 

 

 

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