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Chavanel:"J'ai souffert"
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Publié 13/03/2005 à 20:00 GMT+1
Au cours de ce Paris-Nice, Sylvain Chavanel fut notre chroniqueur. Il revient sur une semaine de course, première épreuve Pro Tour de la saison. La victoire de Julich, le plateau relevé, les défaillances des Français. Pour lui, Paris-Nice version Pro Tour
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Les péripéties de Paris-Nice
Il est écrit que Paris-Nice est une course de légende. Et la 63e édition n'a pas dérogé à la règle, à bien des points. Parce que, pour la première fois de son histoire, un Américain a inscrit son nom au palmarès : Bobby Julich, le leader du Team CSC. Parce que, pour la première fois de son existence, le Paris-Nice n'avait jamais rencontré de telles conditions météorologiques, obligeant les organisateurs à modifier, à trois reprises, le parcours des étapes. Et, enfin, l'épreuve a marqué, officiellement, le lancement de la saison Pro Tour. Cette réforme du cyclisme professionnelle, qui, pour l'instant, ne parvient pas à réconcilier les dirigeants de l'UCI et ceux des trois grands Tours.
Qu'importe, le Paris-Nice s'est couru. Il y a eu un vainqueur et de nombreux rebondissements. A l'arrivée, à Nice, l'Américain Bobby Julich a reçu, dimanche, le premier maillot de leader du Pro Tour. Au classement par équipes, la CSC est en tête... Bref, quoiqu'on en dise, la réforme est engagée.
"On a assisté à un beau Paris-Nice, a convenu Christian Prudhomme, le directeur de l'épreuve. Pourtant, la météo ne nous a pas aidé. Il est trop tôt pour savoir s'il faut envisager, à l'avenir, des transferts pour éviter les mauvaises conditions climatiques."
Reste que, sur le plan sportif, le patron de la Course au soleil se félicite "d'y avoir vu une grande équipe CSC et un grand Julich." Avant de préciser que "la pépite Valverde n'a pas hésité à les attaquer. On en reparlera sûrement. Quant à Lance Armstrong, il n'est pas mort, il sera là en juillet, en meilleure forme. Enfin, côté Français, il y a du retard, du travail en perspective. Ils ne sont pas au niveau. Mais, il ne faut pas perdre espoir."
"C'était un petit Tour de France"
Bref, un bilan complet du patron Prudhomme. Mais qu'en pense, notre chroniqueur, Sylvain Chavanel?
"C'est dommage que des étapes ont été raccourcies car cela a, forcément, faussé la course, avoue-t-il. Mais ce sont les aléas, il faut savoir s'y adapter. Pour le reste, ce n'est pas étonnant de voir les CSC devant. Ils sont toujours forts en début de saison. Pour ma part, je suis déçu de terminer loin au général, à cause de cette gastroentérite."
Chavanel fut, en effet, en délicatesse les trois derniers jours de course. De quoi être vexé. Car le Français fut souvent aux avants postes, au tout début de ce Paris-Nice. Cinquième et premier Tricolore, lors du prologue à Issy-les-Moulineaux, à l'attaque dans le final de la 1re, 2e et 3e étape. Du coup, on aurait pu espérer mieux que sa 35e place, à 6 min 43, du vainqueur, Bobby Julich.
"Mais quand vous n'êtes pas à 100% de vos moyens, vous ne pouvez pas lutter, explique le français, leader de la Cofidis. Je ferais mieux la prochaine fois. Cela va me motiver."
Avant d'avouer que "nous, les Français, on est quand même à la peine. Personne est devant mais il faut voir le niveau de la course. Je n'ai jamais vu ça. Vous courez avec les meilleurs, ça roule très vite. C'est dur de faire sa place. Ce Paris-Nice, c'était, tout simplement, un petit Tour de France. Au moins, avec ce nouveau règlement du Pro Tour, on est sûrs de pouvoir progresser, à force de se frotter avec les plus grands."
Si Chavanel termine loin de ses espérances, le premier Français au général n'est autre que le champion de France, Thomas Voeckler (Bouygues Telecom) 18e, à 3 min 16. Une prestation correcte, même si on ne l'a guère vu animer la course. Autre satisfaction éventuelle, le maillot de meilleur grimpeur a été remporté par David Moncoutié (Cofidis). Une maigre consolation peut être, en attendant mieux... En fait, il n'aura manqué qu'une petite victoire d'étape française.
"Le Pro Tour, ça change le niveau"
Mais le nouveau règlement du Pro Tour est ainsi fait que, désormais, sur les 27 épreuves du calendrier, les 20 meilleures équipes y sont engagées. Bref, le vélo, de plus en plus pro ?
"On peut le voir comme cela, reconnaît Chavanel. Ce qui m'a frappé, lors de ce Paris-Nice, c'est qu'on se croyait sur le Tour de France. A chaque étape, tous les coureurs étaient déjà sur la ligne au moins un quart d'heure avant le départ. Et ça part, tout de suite, à fond. Le Pro Tour, ça change tout. Le niveau est tellement élevé que c'est, quasi impossible, de partir seul faire un numéro. Il y aura toujours une équipe pour rouler."
Et on a pu le constater sur ce Paris-Nice, avec une nette domination des formations CSC (avec l'Allemand Jens Voigt et l'Américain Julich), Rabobank (avec les Néerlandais Dekker, Evans, Posthuma), Liberty-Seguros (avec l'Allemand Jaksche et l'Espagnol Contador), ou encore Quick Step (avec le Belge Tom Boonen)....
"Nous, les Cofidis, comme les autres formations françaises, on se retrouve en milieu de tableau, explique Sylvain Chavanel. Franchement, ça va être difficile de marquer des points pour le Pro Tour. Le niveau est dur mais c'est bien pour le vélo. C'est bien pour nous, Français, car on va être obligés de se lâcher, de progresser. Il va falloir se battre."
"Deux jours sans vélo pour souffler"
Cela a le mérite d'être franc. Les Français n'auront pas la tâche facile, cette saison. Mais, du moment que la motivation existe, il ya de fortes chances que le cyclisme tricolore fasse parler de lui, bientôt. Et pourquoi pas, dès le week-end prochain, sur les routes du Milan-Sanremo.
"Je n'y serai pas, conclut notre chroniqueur. Déjà, je vais me soigner, c'est à dire, deux jours sans vélo pour souffler. Car, honnêtement, je suis vidé, je n'ai plus de force. En plus, j'ai eu le moral un peu touché à cause de cette gastroentérite. C'est frustrant de pas pouvoir se battre avec les meilleurs. Je vais récupérer. Après, je me préparerais pour les courses Cholet-Pays de Loire (20 mars) et le Critérium International (26-27 mars). Et on essaiera de bien y figurer."
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