Crosbie, héros malheureux

Echappé dès le premier kilomètre, Nicolas Crosbie a cru signer une victoire tonitruante mardi lors de la 2e étape de Paris-Nice. Nanti d'une avance plus que confortable, le Français de l'équipe Agritubel a malheureusement explosé dans le final.

Eurosport

Crédit: Eurosport

30 minutes. Nicolas Crosbie a compté près de 30 minutes d'avance sur le peloton mardi sur la route de Belleville. C'est plus qu'il n'en fallait pour signer la première victoire de sa carrière. Inlassable attaquant, le Niortais n'en était pas à son coup d'essai cette saison. Depuis le début de l'année, on l'avait vu à l'avant sur le Tour du Qatar ou le Tour Méditerranéen. Sans réussite. Cette fois, la chance était de son côté, le peloton ayant décidé de ne pas rouler.
Le peloton, c'est-à-dire les Quick Step de Tom Boonen. Le champion du monde avait prévenu: il n'avait pas l'intention d'user plus que de raison ses troupes pour une étrape au profil trop escarpé pour assurer une arrivée au sprint. "Aujourd'hui, on n'a pas reçu de soutien", a expliqué Boonen qui a fait part de sa surprise. "Les autres se sont comportés comme des fainéants! Nous, on fait 25.000 kilomètres en tête du peloton pendant l'année. Après tout, on n'a pas pour but ici de contrôler la course ", clame le maillot jaune.
Fatale fringale
Une aubaine pour Crosbie, qui tenait enfin la chance de sa vie. A une trentaine de kilomètres de la ligne d'arrivée, son avance tutoyait encore la barre des dix minutes. Si bien que Denis Leproux pouvait presque commencer à savourer sur notre antenne. "Nicolas est parti pratiquement dès le départ et le peloton n'a pas réagi. Maintenant, il faudrait fallu une grosse fringale pour ne pas aller au bout", soulignait le directeur sportif d'Agritubel, heureux pour son poulain. "Je suis content pour lui, ce n'est que justice. Il lui manquait toujours un petit quelque chose pour aller ", ajouta-t-il.
Agé de 26 ans, mais seulement dans sa deuxième saison professionnelle, Crosbie n'avait effectivement pas encore été récompensé de son audace. "C'est un garçon très complet, bon rouleur et pas mauvais grimpeur, poursuivait alors Leproux. Surtout, il a beaucoup de tempérament et il le montre aujourd'hui. Dans le cyclisme, vous pouvez attaquer neuf fois sans connaitre de réussite. Et la dixième, ça paie". Sauf que... Sauf que l'audace devient vite impuissante quand le corps ne suit plus.
Aussi rapidement qu'elle avait grimpé en début d'étape, l'avance de Nicolas Crosbie se mit à fondre comme neige au soleil. La fringale le tenait. En dix kilomètres, il perdit presque autant de minutes. "J'ai fait une fringale à 25 kilomètres de l'arrivée, explique le Français. J'ai mangé toute de suite mais il était trop tard. Je n'avais plus rien dans les jambes. C'est dommage, car j'y ai cru." S'il est bien monté sur le podium, ce n'est pas pour célébrer sa victoire ou le maillot jaune de leader, mais juste pour revêtir celui du meilleur grimpeur. Pas sûr que cela ait suffi à adoucir sa déception...
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