Des fondations à la finition, Démare et sa bande ont eu tout bon
Par Laurent Vergne
Publié 05/03/2018 à 00:00 GMT+1
PARIS-NICE – Arnaud Démare a signé une superbe victoire dimanche en ouverture de cette édition 2017. Loin d'un sprint classique, il a affiché de la caisse et du mental pour s'imposer à Meudon dans une arrivée sélective. La concrétisation, aussi, d'un travail préparatoire collectif impeccable.
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Crédit: Eurosport
Marc Madiot et ses hommes savent soigner leurs premières. Dimanche, pour la grande première de son équipe sous la bannière Groupama-FDJ, Arnaud Démare a offert à son manager historique une victoire magistrale lors de la première étape de Paris-Nice. "Ça me rappelle un peu en 1997, quand Christophe Mengin avait été sacré champion de France de cyclo juste après l'arrivée de notre partenaire, la Française des Jeux, à l'époque", a savouré Madiot sur le plateau des Rois de la pédale.
Ce feu d'artifice initial, il en rêvait en secret. "Il fallait qu'on essaie de marquer le coup, il y avait une grosse envie de bien faire. On avait changé la déco des voitures, il y a le nouveau maillot, c'était un vrai challenge interne", ajoute Marc Madiot, ce que confirme Arnaud Démare. "Même si on ne nous le disait pas, il y avait une petite pression interne", suggère le champion de France. Le défi a été relevé et bien relevé, sur le fond comme sur la forme. Car cette victoire, si elle n'a évidemment pas le prestige d'une Primavera, est peut-être une des plus belles du Picard.
A Meudon, il a gagné en costaud, plus qu'en sprinter. Une bonne bosse pour finir et ces 800 mètres de pavés qui font si mal aux pattes. "C'est ma première victoire en haut d'un talus comme ça", souligne le maillot bleu-blanc-rouge, heureux mais pas totalement surpris non plus de sa performance. "Samedi après-midi, raconte Madiot, il est venu reconnaitre l'arrivée et, dans un sourire, il m'a dit 'c'est pour un costaud'. Il avait confiance en ses possibilités. Après, il n'y a jamais rien d'acquis. Aujourd'hui (dimanche), la pièce a basculé dans le bon sens à la photo finish."
Car tout s'est joué à une poignée de millimètres entre lui et Gorka Izagirre. D'ailleurs, Démare était convaincu de ne pas avoir gagné. "J'étais persuadé d'avoir fait deuxième, rigole-t-il. J'ai jeté mon vélo un peu en désespoir. Quand on m'a tapé sur l'épaule pour me dire que j'avais gagné, j'ai demandé deux fois si c'était sûr." Pour sa grande première cette année, il a vraiment bien fait les choses : "Pour tout un tas de raisons, c'est une victoire qui fait vraiment, vraiment plaisir. Il y avait la première de Groupama, mes proches et mes amis qui étaient là, mon fan club qui s'est monté cet hiver, alors il y a beaucoup d'émotions."
Madiot : "Arnaud n'a pas pris un coup d'élastique de l'étape"
Le voir briller sur un tel terrain n'est pas inintéressant, aussi bien quant à ses aptitudes physiques que pour sa gestion tactique. "Sur une arrivée comme ça, il faut garder son sang-froid, juge-t-il. On voit la ligne d'arrivée de très loin, mais il reste 800 mètres à faire. Il ne faut surtout pas lancer de trop loin." Lui a su garder le bon timing. Ses jambes ont fait le reste, même si elles ont hurlé. "Quand je lance le sprint, dès que je me lève sur les pédales, j'ai les jambes éclatées, elles me brûlent, poursuit le maillot jaune. Quand je me remets dans la roue d'Izagirre, ça ne revient pas derrière alors je me dis, 'il faut essayer d'aller jusqu'au bout', mais ça se fait vraiment au mental."
Et s'il a eu un peu de réussite (à quelques millimètres près, donc), c'est aussi parce que toute l'équipe Groupama-FDJ a plutôt bien géré son affaire, comme a tenu à le souligner Marc Madiot. "On a une équipe solide, des gars d'expérience. Ils ont confiance en Nono. Les six qui étaient avec lui dimanche sont tous à féliciter parce qu'ils ont tous apporté leur pierre à l'édifice. Arnaud n'a pas pris un seul coup d'élastique de l'étape et ça joue aussi à la fin quand tout se décide à une affaire de millimètres." Fondations en commun, finition d'orfèvre, la troupe de Marc Madiot a eu tout bon dimanche.
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