Getty Images

Yates plus fort que les rouleurs, Kwiatkowski plus que jamais leader

Yates plus fort que les rouleurs, Kwiatkowski plus que jamais leader

Le 14/03/2019 à 16:36Mis à jour Le 14/03/2019 à 17:19

PARIS-NICE - Simon Yates (Mitchelton-Scott) a sorti le grand jeu. Le Britannique a remporté jeudi la 5e étape de la Course au Soleil, un contre-la-montre de 25,5km autour de Barbentane. Au général, Michal Kwiatkowski (Sky), 3e du jour à 11", conforte son maillot jaune de leader. Il devance désormais son coéquipier Egan Bernal de 19". Romain Bardet (AG2R-La Mondiale) est 10e à 1'25".

Et la Sky a assommé la concurrence. Comme prévu, Michal Kwiatkowski a profité du chrono tracé autour de Barbentane ce jeudi pour conforter son maillot jaune. Si la victoire d'étape est revenue à Simon Yates (Michelton-Scott), le Polonais a pris la 3e place et repousse son nouveau dauphin, son équipier Egan Bernal, à 19'' et Luis Leon Sanchez (Astana) à 28''. Tous les autres favoris sont à plus d'une minute. Auteur d'un chrono moyen, Romain Bardet (AG2R-La Mondiale) est désormais 10e, à 1'25''.

Globalement plats, les 25,5 kilomètres de ce contre-la-montre tracés autour de Barbentane, dans les Bouches-du-Rhône, étaient clairement favorables aux rouleurs et aux coureurs puissants. Mais il valait mieux avoir les jambes. Reposé mercredi après avoir perdu toute ambition au général lors des bordures, Simon Yates a surpris son monde en réussissant très tôt le meilleur temps. Et a encore surpris lorsque cela s'est transformé en deuxième victoire de la saison pour le Britannique, certes bien aidé par un vent de face qui s'est levé après son passage.

Car la fatigue accumulée les derniers jours pour rester au contact dans les bordures s'est fait ressentir ce jeudi. Très attendus en raison de leurs qualités dans l'exercice solitaire, Bob Jungels (Deceuninck-Quick Step, 11e à 39''), Wilco Keldermann (Sunweb, 16e à 49'') et surtout Ilnur Zakarin (katusha-Alpecin, 51e à 1'43'') ont déçus, même si le Luxembourgeois et le Néerlandais restent en embuscade au classement général (5e et 4e à 1'01''). Des ratés dont la Sky se devait de profiter. Elle ne s'est pas loupée.

Des Colombiens à la fête

Leader depuis la veille, Michal Kwiatkowski a un temps craint pour son maillot jaune. Parti prudemment, le Polonais comptait 6'' de retard sur Bernal et 1'' de retard sur Luis Leon Sanchez à l'intermédiaire, au sommet de la côte de l'Abbaye de Saint-Michel de Frigolet. Mais le vainqueur de Tirreno 2018 avait parfaitement géré son affaire. Plus à son aise sur la deuxième partie du chrono exposée au vent de face, il est allé chercher la 3e place de l'étape (+11''). De quoi reprendre du temps à tous ses adversaires. Même à son équipier Egan Bernal. Une nouvelle fois bluffant même si l'on savait qu'il savait rouler, le Colombien a pris la 6e place de ce chrono (+15'') et s'est replacé derrière Kwiatko au général (+19''), juste devant Luis Leon Sanchez (Astana, +28''), bien moins solide dans l'exercice qu'il pouvait l'être par le passé.

Et, si Bernal a encore été très fort, ce n'est pas le seul Colombien à avoir surpris dans ce chrono. Champion national de la discipline, Daniel Martinez s'est offert la 5e place (+15'') d'une étape qui aura largement souri à sa formation. Si elle n'a personne pour jouer le général depuis l'abandon d'Uran, l'EF Education-First a tout de même placé quatre hommes dans le top 10 avec Van Garderen (4e), Craddock (7e) et Scullt (8e). Mais, derrière la Sky, le grand vainqueur de ce chrono se nomme Nairo Quintana. Souvent décevant dans l'exercice, le grimpeur de la Movistar a sorti l'une de ses meilleures performances pour rivaliser avec Keldermann (17e,+ 53'') et se replacer au général (6e,+ 1'05'').

AG2R à la peine

Un constat loin d'être valable pour la formation AG2R La Mondiale. Alors qu'elle comptait trois hommes dans le top 10 au départ de l'étape, tous ont vécu une journée moyenne, au mieux. A commencer par le leader, Romain Bardet. S'il n'a perdu que 1'15'' sur Yates et donc 1'04'' sur Kwiatkowski, le Français a tout de même lâché 22'' sur Quintana. Forcément une mauvaise opération, même s'il se veut toujours confiant pour un renversement d'ici dimanche. La déception est encore plus grande pour Tony Gallopin. Meilleur rouleur que son coéquipier, le vainqueur de la Clasica 2013 a perdu 1'32'' et sans doute toute chance de briller au général. Finalement, la bonne nouvelle pour la formation française, c'est que la montagne arrive bientôt. Et l'heure des grandes manœuvres aussi.

0
0