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De Paris - Nice au Tour, les nouveaux rêves français

De Paris - Nice au Tour, les nouveaux rêves français

Le 06/03/2020 à 17:02Mis à jour Le 07/03/2020 à 10:48

PARIS-NICE - Julian Alaphilippe, Thibaut Pinot et de nombreux autres talents se pressent au départ de la course au soleil. Ils sont ambitieux, pour ce mois de mars, et pour le reste de la saison.

Ils sont de retour. Et très attendus. Huit mois après avoir fait rêver la France du Tour, Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) et Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) se retrouvent ce week-end dans les Yvelines pour le départ de Paris-Nice, qui s’annonce comme le grand rendez-vous cycliste du mois de mars.

Ils sont de retour et ils ne sont pas seuls : le contingent français sur Paris-Nice est extrêmement riche, entre grimpeurs (Bardet, Martin, Barguil…), puncheurs (Cosnefroy, Calmejane…) et sprinteurs résistants (Bouhanni, Coquard, Hofstetter, Sarreau…). Il ne manque guère qu’Arnaud Démare et David Gaudu (coincés aux Émirats arabes unis), leur partenaire de la Groupama-FDJ Valentin Madouas ou encore les rouleurs du "Wolfpack" Rémi Cavagna et Florian Sénéchal… Mais Paris-Nice offre une grande concentration de talents français et interroge sur leurs ambitions pour 2020.

Loulou et Pinot relancent la machine

Après une année 2019 flamboyante, les états de forme sont divers en ce début de saison. Alaphilippe ne s’en est pas caché après des sorties mitigées le week-end dernier dans la Drôme et en Ardèche : il est frustré, fatigué. Tout simplement pas au niveau espéré. On ne s’inquiète pas (encore).

Loulou a été malade pour ses premiers tours de roues en Argentine, il se disait encore "un peu pris" avant sa reprise française et il a réajusté son calendrier et ses ambitions pour le printemps 2020. Paris-Nice doit surtout lui permettre d’avancer dans sa préparation pour avril (Tour des Flandres et ardennaises) et de se faire plaisir devant le public français. Un peu comme on l’attend sur le prochain Tour, avant de viser l’Olympe.

Julian Alaphilippe

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Pinot est lui aussi apparu moins saignant pour sa reprise sur le Tour de la Provence (7e) et le Tour des Alpes Maritimes et du Var (6e). C’est logique, après sa très longue coupure suite au dernier Tour. L’an dernier, il était bien affûté en février, un peu moins dans le coup en mars, estimant notamment avoir subi un contrecoup après son premier stage en altitude. À bientôt 30 ans, il ajuste et on l’attend surtout sur le rendez-vous de juillet, dont il a fini par prendre la mesure.

Répétitions juilletistes

Ce Paris-Nice va lui permettre de reconnaître quelques-unes des routes empruntées par le Tour de France l’été prochain, et notamment l’ascension du col de la Colmiane. Et il n’a pas oublié ses tourments sur la route d’Albi l’été dernier : "C'est une des caractéristiques de Paris-Nice et c'est aussi pour ça que j'ai décidé de m'aligner cette année. Le vent, les bordures sont des pièges qui arrivent fréquemment en course, et pour mieux les appréhender, il n'y a pas de secret, il faut les affronter !"

Avant que les inquiétudes autour du coronavirus ne viennent tout chambouler, la course au soleil pouvait déjà faire valoir un sacré plateau de coureurs de tours. Pour l’organisateur ASO, il n’y a pas de mystère : c’est la pertinence sportive de leur épreuve qui attire les Bernal (finalement absent avec toute l’équipe Ineos), Roglic (idem pour lui suite au désistement de Jumbo-Visma), Porte, Nibali, Quintana, etc, et qui permet aux Français de se tester en vue de juillet.

Pour Guillaume Martin, accompagné notamment d’Anthony Perez et Nicolas Edet, ce premier Paris-Nice est une étape essentielle alors que l’équipe Cofidis lui fixe l’ambition, à terme, de monter sur le podium du Tour. Romain Bardet sera finalement au rendez-vous de la course au soleil, pour préparer le printemps et le Giro, mais c’est bien Pierre Latour qui vient travailler ses galons de leader en vue de juillet. Warren Barguil et Nairo Quintana vont pouvoir éprouver leur entente en course sur un rendez-vous que les deux abordent dans une belle forme.

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" On dit toujours que Paris-Nice est un petit Tour de France"

Alors, maintenant que les Français ont repris leur place dans l’élite du peloton, y a-t-il un successeur à Laurent Jalabert, vainqueur de Paris-Nice en 1997 ? "On fait ce qu’il faut pour leur proposer un parcours idéal, bien évidemment", explique le directeur de la course, François Lemarchand. "C’est sûr qu’en face il y a beaucoup de monde, il y a beaucoup de bons coureurs, mais on y croit."

Le directeur de Paris-Nice a vu Sky/Ineos mener Bradley Wiggins, Geraint Thomas et Egan Bernal vers un succès niçois avant de triompher en juillet. "On dit toujours que Paris-Nice est un petit Tour de France", relève-t-il à l’attention de ceux qui souhaitent succéder à Bernard Hinault, vainqueur en juillet 1985. "C’est une vision qui nous va bien. Oui, Paris-Nice c’est le passage pratiquement obligé pour la Grande Boucle."

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