Les jours se suivent, le terrain change mais Primoz Roglic est toujours aussi souverain. Jamais mis en danger par ses adversaires, le Slovène de la Jumbo-Visma a une nouvelle fois écœuré la concurrence en remportant la 7e étape de Paris-Nice, au sommet de la Colmiane. Parti à 200m de l'arrivée, Roglic a repris à 30m de la ligne Gino Mäder (Bahrain-Victorious), dernier membre de l’échappée matinale. Un 3e succès cette semaine qui lui permet de conforter encore un peu son maillot jaune de leader, avec 52’’ d’avance sur son dauphin Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe).

Sélection par l’arrière puis gros sprint

Paris - Nice
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15/03/2021 À 22:58
Avec la modification du parcours de dimanche et une étape beaucoup plus « light » que prévu autour de Levens, on savait qu’une grande partie du classement général allait se jouer dans cette 7e étape, avec une arrivée au sommet du col de la Colmiane. Mais, de lutte il n’y a jamais eu. Malgré les intentions affichées par la Cofidis de Guillaume Martin, les Astana-Premier Tech d’Aleksandr Vlasov et les BikeExchange de Lucas Hamilton, la Jumbo-Visma a joué sur du velours tout au long des 119,5 kilomètres entre Le Broc et la Colmiane. Profitant du travail des autres formations pour contrôler l’écart avec l’échappée de treize coureurs qui s’était formé dans la première ascension du jour, Primoz Roglic a pu garder George Bennett et Steven Kruijswijk au frais en attendant les derniers kilomètres. Et, quand les deux hommes ont mis en route, la sélection s’est opérée parmi les favoris.

Martin : "Roglic était trop fort... moi, pas assez"

La première surprise est venue du clan français avec un David Gaudu (Groupama-FDJ) distancé à plus de 5 kilomètres de l’arrivée et finalement bien loin de ses espoirs de podium (22e du général). Mais il a globalement fallu attendre les deux derniers kilomètres pour voir les meilleurs s’expliquer, à la suite de la première accélération de Vlasov (Astana-premier Tech), à 1,5km de l’arrivée.
Mais le Russe n’a pas provoqué la moindre sélection, au contraire du contre de Primoz Roglic, dont la double accélération a notamment fait céder Matteo Jorgenson (Movistar), 5e au maton de cette 7e étape et désormais repoussé au 10e rang. Seul Schachamnn a pu s’accrocher à la roue du Slovène mais les deux hommes n’ont pas réussi à creuser l’écart sur leurs adversaires, Vlasov et Benoot (Team DSM) en tête, et tout s’est finalement joué au sprint, dans les 250 dernières mètres.

Mäder dégoûté

Intouchable à Biot dans ce style, Roglic a une nouvelle fois fait parler sa pointe de vitesse pour déposer ses adversaires, écœuré et aller chercher sa 3e victoire de la semaine. C’est la première fois qu’un coureur impose une telle domination sur la "Course au Soleil" depuis Tom Boonen en 2006. Mais pas sûr que la Bahrain-Victorious et Gino Mäder le félicitent.

Gino Mäder (Bahrain-Victorious) y a cru mais Roglic l'a privé de la victoire

Crédit: Getty Images

Parti au sein de l’échappée matinale en compagnie de douze autres coureurs dont le maillot vert Sam Bennett, le jeune grimpeur suisse pensait pourtant avoir fait le plus en se débarrassant un par un de tous ses compagnons de fugue avant de résister de manière admirable. Alors que l’échappée avait abordé la Colmiane avec seulement 1’10 d’avance sur le peloton, Mäder comptait encore 20’’ d’avance sous la flamme rouge, malgré le tempo des Jumbo-Visma et les différentes attaques. Mais le Suisse n’a rien pu faire dans les derniers mètres face à l’accélération foudroyante de Roglic, qui a dégoûté un Mäder qui ne comprenait pas l’attitude du Slovène.
Mais le Slovène ne veut décidément rien laisser à personne. C’est sa manière de courir et on ne peut pas dire que ça ne lui réussit pas. Le double tenant du titre de la Vuelta est désormais un leader plus que serein de ce Paris-Nice, avec 52’’ d’avance sur Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe) et 1’11’’ sur Aleksander Vlasov, symbole d’une formation Astana-Premier Tech décevante alors qu’elle comptait trois hommes dans le top 10e ce matin. Meilleur Français, Guillaume Martin (Cofidis) occupe désormais la 7e place (+ 2’’06) du général et, sauf chute, on voit mal ce qui pourrait changer ça tant la dernière étape vers Levens semble peu propice à du mouvement. Et ce n’est pas pour déplaire à Roglic et à la Jumbo-Visma.
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