On ne s’attendait pas à grand-chose et on aura eu un renversement de course aussi spectaculaire qu’improbable. Leader intouchable jusqu’ici, Primoz Roglic a vécu une journée en enfer, chutant à deux reprises dans des descentes pour finalement être distancé à 25km de l’arrivée et perdre un Paris-Nice qui ne semblait pas pouvoir lui échapper. A l’origine de ce "putsch", Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe) remporte donc la Course au Soleil et se succède à lui-même, malgré les attaques dans le final des Astana-Premier Tech, Aleksandr Vlasov et Ion Izagirre, qui complètent le podium final. Cette dernière étape a été remportée au sprint par Magnus Cort Nielsen (EF Education Nippo), devant Christophe Laporte (Cofidis) encore deuxième.

Laporte y croyait mais Cort Nielsen a parfaitement manoeuvré : l'arrivée de la 8e étape en vidéo

Paris - Nice
Critiqué dans la victoire, moqué dans la défaite : Roglic, la défiance permanente
15/03/2021 À 22:58
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Deux chutes, une même descente

Décidément, Primoz Roglic va finir par détester le maillot jaune. Après le Critérium du Dauphiné et le Tour de France l’an passé, le Slovène de la Jumbo-Visma a encore laissé filer la victoire finale le dernier jour. Pourtant, à l’aube de cette 8e et dernière étape raccourcie (92,7 km seulement) entre Le-Plan-du-Var et Levens et au parcours qui ne semblait pas si difficile, les 52'' d’avance qu’il possédait sur son dauphin Maximilian Schachmann paraissaient une marge conséquente. C’était compter sans la volonté des Bora-Hansgrohe de tout tenter pour renverser le leader. Quitte à exploiter la seule "faille" de Roglic : les descentes.
Tombé une première fois dans la descente entre Levens et la Riquette-sur-Var, qui avait déjà fait des dégâts sur la 1re étape du Tour de France 2020, Roglic a donné des idées à la formation allemande, qui a profité du deuxième passage pour faire la descente et tenter de pousser le Slovène à la faute. Et ça a payé. De nouveau tombé, le leader de la Jumbo-Visma n’a cette fois pas pu compter sur la mansuétude du peloton, qui l’avait attendu la première fois.
La course était lancée et le double vainqueur de la Vuelta a été obligée de se lancer dans une course contre-la-montre avec ses équipiers pour tenter d’opérer la jonction. Malgré Bennett, malgré Kruiswijk, il n’y est jamais parvenu, restant à quelques centaines de mètres un temps avant d’exploser. Courageux malgré tout, ne renonçant jamais, le Slovène a tout donné jusqu’au bout mais, à Levens, le débours est énorme (+ 3’08'') et l’éjecte même du top 10 (15e).

Le cuissard arraché et seul à la poursuite des favoris, Roglic n'a pas lâché

Schachamnn double la mise

Associés dans un premier temps pour repousser Roglic le plus loin possible, Bora-Hansgrohe et Astana-premier Tech se sont ensuite fait la guerre dans le final pour la victoire finale, Schachmann ne possédant que 19'' d’avance sur Vlasov et 23'' sur Izagirre. Tour à tour, le Russe et l’Espagnol ont tenté de se débarrasser de l’Allemand en multipliant les attaques dans les dix dernièrs kilomètres mais ce dernier n’a jamais craqué. Un an après, le Berlinois triomphe donc de nouveau sur la Course au Soleil et devient le premier coureur à remporter deux fois de suite Paris-Nice depuis Alexander Vinokourov (2002-2003) … patron d’Astana-Premier Tech.

Max Schachmann

Crédit: Getty Images

Grâce aux bonifications, Lucas Hamilton (BikeExchange) grille la politesse à Tiesj Benoot (Team DSM) pour la 4e place alors que Guillaume Martin prend lui la 6e place finale. Un bon résultat qui n’effacera pas la déception de la Cofidis sur cette étape.
On a longtemps pensé que l’échappée de huit coureurs - dont Warren Barguil (Arkéa-Samsic) - qui s’était formée à 46 kilomètres de l’arrivée irait au bout, surtout après le renfort de huit autres coureurs vingt kilomètres plus loin, dont deux Astana-Premier Tech et Michael Matthews (BikeExchange). Mais la chute de Roglic a complètement boulveersé le scénario et, à force d’embrayer, le peloton est finalement revenu pour se disputer la victoire sur le faux-plat de Levens.
Il n’était plus qu’une vingtaine alors et Christophe Laporte semblait en position idéale, surtout avec le travail abattu par Simon Geschke et Guillaume Martin. Mais le Seynois, encore 2e après Biot, a trop tardé à lancer son sprint et il n’a jamais pu remonter Magnus Cort Nielsen (EF Education Nippo), qui avait profité du dernier virage pour prendre la tête. Le Danois s’offre ainsi sa 2e victoire d’étape sur la Course au Soleil après celle acquise à Pélussin en 2019 et sauve du même coup le bilan de la formation américaine. En revanche, Roglic a beau en avoir gagné trois, pas sûr qu’il garde de bons souvenirs.
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