Primoz Roglic est-il adepte du second degré ? A première vue, difficile de se prononcer. Il n'est pas le plus bavard en interview et rien ne dit qu'il se défait de sa concentration pour rigoler dans le peloton. Mais quand il dit que "c'est quelque chose de nouveau" pour lui de gagner comme ce vendredi à Biot, le doute est permis. Non ce n'est pas nouveau, c'est même un peu sa marque de fabrique. Celle qui lui permet, entre autres qualités, d'être un monstre sur les courses par étapes depuis plusieurs années maintenant.
"C'est cool de gagner comme ça", a encore dit le maillot jaune de Paris. Ce "Comme ça" consiste à régler un groupe mélangeant sprinteurs-puncheurs (Laporte, Matthews) et leaders (Izagirre, Martin…) sur une arrivée difficile. Celle de la 6e étape était jugée en haut d'une petite bosse d'un peu plus d'un kilomètre à un peu moins de 6% de moyenne. Rien d'insurmontable, pas de quoi faire des écarts mais une opportunité en or pour un Roglic doté d'une pointe de vitesse rarement vue, à part chez un Alejandro Valverde, chez un leader du classement général. C'est cette qualité en plus qui lui permet d'amasser les succès depuis 2018.
Paris - Nice
Critiqué dans la victoire, moqué dans la défaite : Roglic, la défiance permanente
15/03/2021 À 22:58

Qui d'autre que lui ? Roglic a encore dominé son monde

Roglic, un sprinteur qui s'ignore ?

Huit en 2018, treize en 2019, douze en 2020, Roglic le glouton score là où il peut. Et s'il s'impose parfois en solitaire, la marge la plus conséquente qu'il a créée sur la concurrence depuis 2018 (hors chrono) est de 33 secondes sur une étape du Tour de Slovénie. Sur les 17 succès acquis depuis (sur des étapes ou des courses d'un jour), treize l'ont été avec moins de cinq secondes d'avance sur son dauphin. Pour la nouveauté, on repassera. Roglic est un sprinteur qui s'ignorerait presque et c'est ce qui les rend à la fois si intouchable et si agaçant pour certains.
Pour le spectacle, ce n'est pas vraiment ça et le voir perdre le Tour à la veille de l'arrivée en septembre dernier fut jubilatoire pour certains. Parce qu'à côté de lui, Pogacar passe pour un parangon du panache. "C'était une journée très difficile, du début jusqu'à la fin donc c'est pour ça que je me suis dit "pourquoi pas ?" pour la victoire finale. C'est fantastique de pouvoir le faire", remet encore le vainqueur du jour qui compte désormais 41 secondes d'avance sur Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe) et 50 sur Ion Izagirre (Astana - Premier Tech) au général. A la question de savoir sur lequel il allait se concentrer dans l'arrière-pays niçois ce weekend, Roglic a été fidèle à lui-même : "sur moi".

Primoz Roglic, vainqueur de la 6e étape de Paris-Nice

Crédit: Getty Images

Une 13e victoire en course à étapes l'attend

"Avec l'équipe, si on fait notre boulot, ça devrait bien se passer", poursuit-il dans la réponse convenue. Convenue mais si vraie. Qui peut dire qu'il sera meilleur que Roglic sur les pentes de La Colmiane samedi et sur une étape rabotée de ses principales difficultés dimanche ? Ce serait très présomptueux tant désarçonner le Slovène, même avec une Jumbo-Visma moins souveraine cette semaine est une tâche ardue. Dimanche soir, il pourrait bien remporter la 13e course à étapes de sa carrière avec une stratégie qui ne bouge pas. Il grignote là où il peut, gagne des chronos et contrôle en montagne même s'il y est bien souvent meilleur que les autres. Pourquoi changer une équipe qui gagne presque à chaque coup après tout ?
Paris - Nice
Roglic et ASO, une histoire d’amour qui finit toujours mal
14/03/2021 À 23:07
Paris - Nice
Un scénario dingue et le calvaire de Roglic : le résumé de l'ultime étape
14/03/2021 À 19:30