Lenny Martinez, vainqueur de la 5e étape de Paris-Nice : Ce n'est que le début
Déjà vainqueur de six courses dans ses deux premières années professionnelles chez Groupama-FDJ, Lenny Martinez (Bahrain-Victorious) a ouvert son compteur en World Tour et dans sa nouvelle formation à l'occasion de la 5e étape de Paris-Nice ce jeudi, face aux meilleurs qui plus est. Une nouvelle étape dans l'ascension d'un grimpeur au talent qui crève les yeux.
Au bon endroit au bon moment : la victoire en roublard de Martinez sur la 5e étape
Video credit: Eurosport
Loin des yeux, loin du coeur ? Le temps dira si son départ, a minima surprenant, de la Groupama-FDJ abîmera ou non sa relation avec les amoureux du cyclisme, même s'il y a de grandes chances pour que le grand public s'en moque, mais Lenny Martinez (Bahrain-Victorious) est appelé à être le grand grimpeur français de demain. Il l'avait déjà montré en de nombreuses occasions dans son équipe formatrice, sa victoire sur la 5e étape de Paris-Nice au sommet de la Côte de Notre-Dame-de-Sciez ne gâche rien des promesses qu'il sème. Bien au contraire.
Lenny Martinez, c'est avant tout l'histoire d'une ambition. Celle qui l'a mené à prendre la difficile décision d'abandonner Marc Madiot et la Groupama-FDJ pour s'envoler, à 21 ans, pour une équipe méconnue vu de France et critiquée comme d'autres pour la provenance de ses fonds et à cause d'affaires qui ont abîmé son image. Celle aussi de devenir un grand coureur avec dans un coin, pour l'instant bien reculé de sa tête, le Tour de France évidemment. Martinez n'a pas peur de griller les étapes et dans son départ à l'étranger, il ne fallait pas seulement voir un joli coup financier.
Propulsé leader, Martinez ne s'est pas raté
Chez Bahrain, Martinez s'est déjà frotté à deux hommes bien en place, Pello Bilbao (deux fois 5e du Giro, 6e du Tour 2023) et Santiago Buitrago (10e du Tour 2023) qui lui ont bien fait comprendre qu'il arrivait dans leur équipe et qu'il lui faudrait un temps, et pas mal de résultats, pour qu'elle devienne la sienne. On doute que la seule victoire du jour sur Paris-Nice suffise mais la chute du Colombien mercredi a bien aidé le Français à voler de ses propres ailes ce jeudi alors qu'il aurait sans doute dû jouer à l'équipier. Le destin, parfois…
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Martinez : "Avec 3 coureurs dans le final, je me suis dit que je ne pouvais pas merder maintenant"
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"L'équipe m'a responsabilisé en tant que leader après la chute de Santiago mercredi, renseignait Martinez après sa victoire. J'avais à cœur de bien faire, de ne pas me louper." Le Varois ne s'est pas raté, bien calé qu'il était dans la roue de Matteo Jorgenson (Visma | Lease a Bike) qui lui rend une grosse vingtaine de centimètres et qui constituait donc l'abri parfait avant son accélération décisive.
"Dans la dernière bosse, je savais que je voulais lancer aux 150 mètres, expliquait encore le Français de 21 ans, rarement pris en défaut quand il sent l'odeur d'un succès. J'ai vu qu'on était trois, je me suis dit : 'je ne peux pas merder maintenant. Il faut que j'y aille à fond'. Quand j'ai accéléré, je me suis retourné et j'ai vu qu'il y avait une grosse différence. Je n'y ai pas tellement cru. Je me suis dit que c'était incroyable."
Ambitieux dès cet été sur le Tour de France ?
Si Martinez a eu du mal à croire à sa victoire du jour, c'est qu'elle a été acquise à la pédale face aux meilleurs coureurs de ce Paris-Nice. Matteo Jorgenson évidemment, le vainqueur sortant, mais aussi Joao Almeida (UAE Emirates-XRG) par exemple. Des coureurs renommés que l'on attend dans un avenir proche sur des podiums de grands tours et même mieux pour le Portugais déjà 4e d'une Vuelta (2022) et d'un Tour de France (2024) mais aussi 3e d'un Giro (2023).
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Lèvre en sang et moral en berne pour Vingegaard : "On est pessimiste sur son état de santé"
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C'est là qu'on espère voir Lenny Martinez tôt ou tard. Probablement pas cette saison, peut-être pas la suivante non plus, mais le fils de Miguel, champion olympique de VTT à Sydney en 2000, a un talent évident. Sa performance du jour, si elle ne dit rien de sa capacité à succéder à Romain Bardet, dernier Français sur le podium d'une course de trois semaines (Tour 2017) eu égard à la longueur toute relative de l'ascension finale, prouve en revanche qu'il a la tête et les jambes bien faites, condition sine qua non pour viser haut.
Consciente dès le mois de juin qu'elle allait perdre son joyau en fin de saison dernière, la Groupama-FDJ avait décidé de l'envoyer au feu, sur le Tour de France, espérant sans doute un gros coup. L'affaire avait viré au fiasco, Martinez n'étant pas préparé pour un tel événement, et il y a fort à parier que le grimpeur revienne dans une tout autre forme en juillet prochain. Il faudra encore être patient mais on ne tombera pas de l'armoire si la pépite de Bahrain-Victorious y réussit déjà de belles performances. Un Top 10 au général semble un objectif très ambitieux mais la victoire d'étape, Martinez l'a dans les jambes. Déjà.
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Étape 5Saint-Just-en-Chevalet → La Côte-Saint-André / 203.3 km
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L. MartinezTerminé
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