Paris – Roubaix 2026 : Tadej Pogacar, coup d’arrêt et quête des cinq Monuments reportée : "Mes jambes étaient comme des spaghettis"

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Pour la quête des cinq Monuments la même année, c’est raté. Tadej Pogacar devra reporter, une année de plus, sa quête d’éternité. Alors même qu’il a brisé la malédiction de la Primavera en 2026, le Slovène s’est encore heurté aux pièges de Paris – Roubaix dont il finit deuxième pour la seconde fois en autant de participations. Un coup d’arrêt dans sa gloutonnerie. Avant de retrouver l’appétit ?

Les misères de Van der Poel et Pogacar, Van Aert au firmament : résumé d'un Roubaix déroutant

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Sa quête, unique, reste inachevée. Tadej Pogacar y était presque, pourtant. Engloutir d’une traite les cinq Monuments. Ne lui résistait que l'appendice, immense et corsé qu'est cet Enfer du Nord. Le prodige de Klanec, maillot irisé sur le dos et sa milice émiratie en mode commando, se croyait au dernier carrefour de son destin cousu d’un fil doré et incassable. La claque reçue par Wout van Aert au sprint sur le vélodrome de Roubaix ravive sa flamme de compétiteur autant qu’elle consume une part d’éternité que "Pogi" voyait déjà sienne.

Pas du très grand "Pogi" : "Je n'avais plus les jambes pour distancer Van Aert"

Deuxième de Paris – Roubaix, pour la seconde fois après l’an dernier, le boss d’UAE-XRG tient sous la molaire un cartilage qui résiste. Le sort, lui, ne lui laisse aucun répit. Comme sur la Primavera, me direz-vous. Certes, mais les jambes n’étaient pas aussi bonnes, à en croire le déroulé et le placide bilan de l’intéressé. "La chance n’était pas vraiment de mon côté mais beaucoup d’autres coureurs ont eu aussi des problèmes aujourd’hui, relativisait le Slovène à notre micro. J’ai eu trois crevaisons, trois changements de vélo, rien d’idéal mais j’avais une équipe très forte autour de moi qui a réussi à me ramener avant Arenberg. Mais j’étais déjà assez entamé. Et quand j’étais avec Wout (Van Aert) je n’avais plus tellement de jambes pour le distancer."
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Van Aert résiste à Pogacar à la sortie de Mons-en-Pévèle

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Pas du (très) grand "Pogi", donc ? Probablement, mais un cru de haut vol quand même. Entre la double poursuite après ses crevaisons et les coups de boutoir lancés sur le carrelage bombé, le double champion du monde a épuisé toutes ses cartouches. En miroir de son numéro à San Remo, un irréductible a tout de même réussi à suivre.

Mauvais sort, collectif désœuvré et réputation subie

Preuve que l’implacable issue dessinée en amont n’est pas si nette. "J’ai essayé de le décrocher (Van Aert) mais il a été assez fort et j’ai vu que ce n’était pas possible pour moi de le lâcher, concède un Pogacar marqué mais lucide. Quand j’ai voulu le contre-attaquer, il a réussi à me suivre. Il était très fort. Et après, c’était à 99% impossible au sprint. Au moment de lancer, je sentais que mes jambes étaient comme des spaghettis."
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Au sprint, Pogacar n'y croyait pas : "C'était impossible à 99%"

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Même au milieu du chaos éprouvé ce dimanche, il convient de pointer quelques failles inhérentes à ce collectif UAE trop souvent bouchoyé à l’approche de la grande lessiveuse. Lieutenant de choix de sa majesté, Florian Vermeersch n’a pas existé, perdu sur la sente cahoteuse. Pogacar paye aussi sa réputation et le luxe offert au Cannibale de cabotiner, l’air indolent et la joue aussi glabre que privée de sueur. Sûrement, Wout van Aert y a pensé, aux flots de critiques déversés sur Mathieu van der Poel après le Ronde.

C'était le tour de Van Aert : "Il a l'étoffe d'un héros pour beaucoup de jeunes"

Le champion batave, accusé de faire la course, sans feindre, sans tricher, même un peu. Le Belge, lui, n’a pas d’armoire aussi lourde que son rival de toujours. Alors, quand la lucarne s’illumine, le frelon fonce dard dard. Un relais équivoque, une prise de trajectoire osée pour un écart provoqué : Van Aert a usé de toutes les cordes pour contenir le démon slovène. Ce dernier ne pouvait lui en vouloir, tant le récit de son bourreau vous soutire une larme à l’œil.
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Problème mécanique pour Pogacar, qui repart avec un vélo de l'assistance neutre

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"Je suis heureux pour Wout, reconnaît Pogacar, beau joueur. Il mérite vraiment cette victoire, il n’abandonne jamais et a l’étoffe d’un héros pour beaucoup de jeunes. Je pouvais sentir qu’il était fort, que je n’allais pas le décrocher." Alors qu’il confiait ne pas envisager un retour sur Milan-Sanremo, le "perdant magnifique" de Paris – Roubaix ne compte pas y rendre le tablier de sitôt. "Oui je serai de retour, peut-être pas dès l’an prochain mais j’ai encore quelques années de carrière et je vais retenter ma chance", confirme Pogacar face à la presse. Ce coup d’arrêt dans sa gloutonnerie aura au moins l’effet d’un coup de fouet au milieu de son banquet. Avant de retrouver son appétit d’ogre.
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"Aujourd'hui, le perdant magnifique, c'est Pogacar"

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