Paris-Roubaix | Fini de (cou)rir, Mathieu Van der Poel doit de nouveau gagner en champion

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Ne comptez pas sur Mathieu Van der Poel pour écorcher son image de champion en "jouant au plus malin" face à Tadej Pogacar. Cela ne semble pas plus envisageable pour lui que pour son père, Adrie. Mais c'est en maître des lieux que le Néerlandais est attendu dimanche lors de Paris-Roubaix. Sur un terrain qui lui sied tant, la noblesse de son attitude ne saurait compenser un échec dans le vélodrome.

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Avoir la prétention d'apprendre à Mathieu Van der Poel comment gagner une course de vélo relèverait de l'outrecuidance. D'où l'exercice périlleux que représente la critique de la stratégie adoptée par le triple vainqueur du Tour des Flandres (2020, 2022, 2024), dimanche dernier lors du Ronde, où Tadej Pogacar l'a distancé au même endroit qu'en 2023 et en 2025 pour s'envoler vers la victoire. "MVDP", géant flandrien patenté, n'a pas tenté de l'emporter en jouant la carte de l'outsider avare de relais, alors même qu'il avait réfuté l'idée d'un "big 4", préférant l'expression "big 1", faisant du tenant du titre l'unique favori de l'épreuve.
Van der Poel a couru en champion, selon sa vision de ce que cela implique. Un logiciel profondément ancré dans son esprit, presque éducatif, à en croire les propos tenus par son père, Adrie, qui a lui aussi appartenu à la caste des ténors de la petite reine. "Ce n'est pas une course de débutants. Ce sont deux très grands coureurs. S'ils commencent à faire ça, j'arrête de regarder le vélo, a déclaré le lauréat de l'Amstel Gold Race 1990, au sujet d'un possible refus de coopération entre le Néerlandais et le Slovène, via L'Equipe. Il faut rouler pour la victoire, ne pas jouer au plus malin. On ne fait pas ça entre grands champions."
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Il n'est pas non plus stupide
De son côté, l'octuple champion du monde de cyclo-cross a précisé n'avoir "pas roulé comme un fou", son coéquipier Florian Sénéchal abondant lundi dans Bistrot Vélo : "Mathieu a géré, il n'est pas non plus stupide, il sait qu'il doit en garder sous la pédale entre les bosses, sinon il aurait peut-être 'sauté' bien avant." L'analyse de la tactique du leader de la formation Alpecin - Premier Tech est dictée – si ce n'est légèrement biaisée – par l'ampleur de la domination de Pogacar, comme le suggère à demi-mot Thierry Gouvenou : "En tant que spectateur, j'avais envie qu'il (Van der Poel) en fasse moins pour préserver le suspense."
Le battu d'Audenarde a plutôt préservé son image de coureur entreprenant, voire posé les jalons d'un nouveau triomphe à Roubaix. "Cette fois, Mathieu Van der Poel sera peut-être un peu plus costaud que Tadej Pogacar… et Pogacar fera la même chose. Il va rouler pour gagner, et peut-être qu'il se fera lâcher", avait souligné Jacky Durand à l'issue du Ronde, sur le plateau des Rois de la Pédale. Gouvenou, directeur de course de Paris-Roubaix, l'a depuis relayé : "Pogacar sera obligé de lui passer les mêmes relais, sur un terrain beaucoup plus favorable à Van der Poel, pour qui ce sera une façon de l'user prématurément." Chacun son tour.
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Van der Poel : "Je n'ai pas non plus roulé comme un fou"

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Quadruplé en vue

Et quand les portes de l'Enfer du Nord s'ouvrent devant le peloton, c'est souvent au tour de Van der Poel d'arborer un sourire carnassier. L'esthète des pavés a gagné les trois dernières éditions de Paris-Roubaix en solitaire. Un succès dimanche dans le célèbre vélodrome ferait de lui le corecordman de victoires dans ce Monument, avec Roger De Vlaeminck et Tom Boonen, et l'unique membre de ce trio à avoir aligné ses quatre sacres. En revanche, un échec le rendrait "Fanny" sur le triptyque Sanremo-Flandres-Roubaix pour la première fois depuis 2021, ce qui pourrait suggérer qu'à 31 ans, le meilleur n'est plus à venir pour lui.
Son niveau physique très élevé viendrait relativiser l'inquiétude en cas de revers, sauf camouflet considérable. Mais "MVDP" demeure sous pression, après avoir cédé un premier bastion au chef de file de la formation émiratie, en se faisant déposer au pied du Poggio. Lors de la Primavera, déjà, il avait assumé son standing en faisant cause commune avec Tom Pidcock et Pogacar, alors qu'il dodelinait au sommet de la Cipressa, main endolorie et fierté chevillée au corps. Ce dimanche, allégé de la problématique du dénivelé, Mathieu Van der Poel devra non seulement courir, mais surtout gagner en champion. Il en va de sa réputation.
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Van der Poel ne lui a rien cédé, Pogacar a fini par s'égarer : le résumé

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