Paris-Roubaix | Tadej Pogacar face à l'ultime rempart

Eurosport sur Google

Dimanche soir, Tadej Pogacar sera peut-être champion du monde en titre et vainqueur sortant du Tour de France et des cinq Monuments. Paris-Roubaix est l'ultime course qui lui manque, pour afficher cette statistique ahurissante. Mais le défi est de taille, tant les pavés regorgent de dangers et un parcours plat sied à Mathieu Van der Poel. Triompher sur le vélodrome est le défi suprême pour "Pogi".

Pogacar - Van der Poel, duel inévitable… ou pas : "Ça va surtout dépendre de la météo"

Video credit: Eurosport

Pour beaucoup, gagner un Monument est un aboutissement. Pour l'élite, le but est d'en remporter plusieurs. Pour la crème de la crème, il est question de tous les accrocher à son palmarès, comme Eddy Merckx, Rik Van Looy et Roger de Vlaeminck y sont parvenus. Tadej Pogacar peut faire encore plus fort. Il est à une victoire de régner sur les cinq simultanément. Liège-Bastogne-Liège 2025, Tour de Lombardie 2025, Milan-Sanremo 2026 et Tour des Flandres 2026 ont été cochés, dans cet ordre, par le Slovène, qui peut accomplir l'exploit d'une vie… en moins d'un an.
Lauréat du Tour de France, des Mondiaux et des championnats d'Europe dans ce même laps de temps, Pogacar doit pour cela triompher lors de Paris-Roubaix, ce dimanche. Le cas échéant, il lui restera certes la Vuelta à conquérir, l'Olympe à gravir, voire un maillot arc-en-ciel à briguer en contre-la-montre. De quoi agrémenter la suite de sa carrière de quêtes qu'il serait excessif de qualifier de subsidiaires. Mais s'il détrônait Mathieu Van der Poel sur le vélodrome roubaisien, "Pogi" ferait sauter l'ultime digue préservant le peloton d'une domination sans nom.
Le despote slovène ne s'y trompe pas. Avant le début de la saison, déjà, il avait témoigné de sa préférence pour un premier succès sur les pavés du Nord, par rapport à un éventuel cinquième sacre juilletiste, sommé de trancher alors que la réalité lui permettra peut-être de cumuler : "Je choisirais Roubaix. J'ai déjà gagné le Tour de France quatre fois. Je pense que passer de zéro à un représente une plus grande différence que de passer de quatre à cinq." Depuis, son sacre à Sanremo a accentué le sentiment qu'une immense partie de sa saison se joue dimanche.
picture

Pogacar, de la chute au sprint pour la légende : ses 32 derniers kilomètres de titan

Video credit: Eurosport

Sanremo et Roubaix, deux embuches différentes

En 2025, son coup d'essai avait eu de l'allure. Dauphin d'un Van der Poel comme à son habitude sensationnel sur ce parcours, Pogacar avait terminé près d'une minute devant des habitués de l'exercice, Mads Pedersen (3e) en tête. Le Danois avait certes crevé lors d'une accélération de ce bizuth pas comme les autres, mais c'est le jeu à Roubaix, comme le champion du monde avait pu le constater en perdant la course sur un virage mal négocié. De ces incidents à tout-va, que "MVDP" parvient souvent à éviter, un seul homme émerge en héros du jour, pour l'éternité.
D'où une équation particulière. La réussite de l'entreprise de Pogacar dépendra peut-être du vent, des crevaisons, des chutes, de l'aspect sec ou gras de tel secteur pavé. Autant d'éléments qui peuvent permettre à un nombre plus ou moins grands de coureurs d'avoir voix au chapitre dans le final à Roubaix. En cela, la mission d'UAE n'est pas aussi limpide que dans la majorité des courses, où élaborer un plan enfantin suffit souvent à mettre "Pogi" en position de l'emporter, se sachant irrésistible dans la Redoute, vers Liège, ou dans le Vieux Quaremont, vers Audenarde.
La Primavera, l'autre caillou dans la chaussure de Tadej Pogacar, qui y traînait depuis plus longtemps (cinq participations infructueuses avant 2026), présentait au moins l'avantage de sanctuariser deux côtes pour se débarrasser des "grosses cuisses" : la Cipressa et le Poggio. Sans pente abrupte, le prodige de Komenda savait le défi colossal – et il l'a relevé de manière épique, avec une chute en prélude – mais le chemin vers la victoire relativement clair. Dans l'Enfer du Nord, l'opacité ne demande qu'à régner, et le scénario idéal est plus complexe à édicter.
picture

"UAE n'en a rien à secouer de la tactique"

Video credit: Eurosport

Paris-Roubaix veut se refuser à lui

Comment Pogacar peut-il larguer Van der Poel sur du plat ? Peut-il raisonnablement miser sur son sprint face au Néerlandais, à Pedersen (qu'il a déjà vaincu dans ce domaine pour une médaille planétaire), voire à Jasper Philipsen ? Thierry Gouvenou l'avoue, en tant que directeur de course de Paris-Roubaix, il se plaît à espérer le problème irrésolu… au moins une année de plus : "Tant qu'il n'aura pas gagné cette course, sa carrière ne sera pas finie. En tant qu'organisateur, j'ai envie que cela tarde un petit peu. J'aime(rais) bien le voir, tous les ans, au départ de Paris-Roubaix."
Septième du Monument français en 2002, le responsable sportif chez ASO développe dans Bistrot Vélo : "Cela fait grandir l'épreuve, lorsqu'un champion comme lui y participe… surtout lorsqu'il n'est pas sûr de gagner. Maintenant, je pense que c'est la seule course de l'année où l'on va être dans ce cas." Milan-Sanremo ne peut plus en dire autant, et Pogacar n'a pas pris de pincettes au moment d'exprimer sa satisfaction de ne plus avoir à s'y aligner. Cela a dû (re)donner de l'espoir à de nombreux prétendants. Dimanche soir, dans quel camp se situera le soulagement ?
picture

La chute de Pogacar... qui n'a jamais revu Van der Poel

Video credit: Eurosport


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité