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Cancellara : "Un grand jour"

Cancellara : "Un grand jour"
Par Eurosport

Le 11/04/2010 à 20:06Mis à jour

Fabian Cancellara, vainqueur dimanche pour la deuxième fois de Paris-Roubaix, a insisté sur le coup psychologique porté à ses adversaires quand le Suisse a attaqué à 49 kilomètres de l'arrivée, laissant sur place tous ses concurrents dont le Belge Tom Boonen.

FABIAN CANCELLARA, racontez-nous votre attaque...

F.C. : J'avais vu avant que (Tom) Boonen avait beaucoup attaqué. J'étais entré dans son jeu, mais la voiture (de mon directeur sportif) me disait "Tranquille, ne travaille pas trop". Au moment de mon attaque, je fais une accélération différente des autres. J'ai ces mètres (d'avance) tout de suite. La voiture a dit: "Maintenant fais le maximum, on verra ce qui se passe après le pavé de Mons-en-Pévèle". Je ne sais pas ce que les coureurs ont pensé à ce moment. Je suis resté sur ma ligne de faire le maximum. J'ai été vraiment surpris d'être tout seul.

Cela vous a vraiment surpris que personne ne puisse vous rejoindre ?

F.C. : Avec ma forme et avec la semaine que je viens de passer, la manière dont j'ai gagné, je savais qu'en ayant ces dix mètres d'avance, ils auraient peur et que ça ferait la différence. Ce travail psychologique a fait la différence. Après Mons-en-Pévèle, j'ai demandé combien de coureurs se trouvaient derrière. Mais ils n'ont pas couru contre moi, ils étaient fatigués. Il y avait Boonen, Flecha, Hushovd et d'autres. Je pense qu'ils ont tout de suite compris qu'ils couraient pour la deuxième place et j'ai pu faire ma course en tête.

Pourquoi avez-vous changé de vélo ?

F.C. : Après la trouée d'Arenberg, j'ai vu que la jante de ma roue arrière était cassée. Mais je me suis dit qu'on ne la changerait pas tout de suite mais plus tard, au bon moment. Les deux vélos était exactement les mêmes. J'ai couru avec des roues en carbone. Je sais qu'à Paris-Roubaix les roues decarbone n'ont jamais fait gagner. C'est un risque. Mais pour gagner, il faut prendre des risques.

Pensez-vous que Boonen a trop attaqué, au mauvais moment ?

F.C. : Tout le monde parlait de Cancellara-Boonen, Boonen-Cancellara... Bien sûr on s'est observé. Au fil de la course, je n'avais plus d'équipiers, il y avait d'autres coureurs, il y avait du mouvement. Il (Boonen) essayait de faire des écarts. Je faisais les efforts mais la voiture me disait: "Ne cours pas sa course, fais ta course". Je voyais qu'il était nerveux, qu'il voulait faire une première sélection pour arriver avec moi au Vélodrome. Il y a eu ce mouvement devant, un vent de travers, j'ai accéléré, passé Mons-en-Pévèle puis j'ai eu le vent arrière. Ca été un moment important parce que je voulais aussi réduire le groupe.

A quoi avez-vous pensé pendant tous ces kilomètres seul ?

F.C. : Je me disais que je devais faire ma course. La voiture aussi me disait "regarde pas derrière regarde devant". Beaucoup de choses peuvent se passer jusqu'à la fin. On pense à faire l'histoire, aux anciens coureurs qui ont fait cette course. Arriver seul encore à Roubaix, c'était la motivation, ça m'a donné la force. C'est la tête qui commande.

Vous avez gagné le Tour des Flandres, puis Paris-Roubaix. Maintenant quel est votre programme ?

F.C : Je vais fêter ça avec ma famille et l'équipe qui a fait un grand, grand travail et m'a donné une grande confiance. Je sais que l'Amstel est sur la liste mais je ne vais pas y penser maintenant, sinon je serais fou ! On m'a posé les questions pour Liège, le Tour de Lombardie... Je ne veux pas y penser. Pour l'instant, je veux profiter.

Est-ce important de rentrer dans l'histoire du cyclisme ?

F.C : Ce qui reste dans le sport, ce sont les grandes choses. La semaine dernière, j'avais réalisé mon objectif de l'année. Cette semaine ma tension était plus basse. J'ai dit au soigneur que je n'avais pas la même force que la semaine dernière mais la situation était différente. Je me suis préparé à 200% pour le Tour des Flandres. J'ai roulé avec le coeur. C'est un grand jour.

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