Classiques - Cyclisme français : Pour l'instant, il y a Alaphilippe... et les autres

PARIS-ROUBAIX - Il n'y a pas que Julian Alaphilippe dans le cyclisme français. L'Enfer du Nord, probablement le seul Monument qu'il ne sera jamais en mesure d'apprivoiser, et ses blessures basques permettent de se pencher sur les autres talents du peloton français.

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Crédit: Eurosport

Un coureur d’exception vous manque, mais tout n’est pas forcément dépeuplé. Après des années à faire valoir sa densité au second rang, le cyclisme français brille aujourd’hui par la grandeur de ses talents, preuves en sont ses trois récents vainqueurs de Monuments (Démare, Pinot et Alaphilippe). Tant mieux : le seul Julian Alaphilippe, aussi brillant et dominateur puisse-t-il être, a lui aussi besoin de passer le relai de temps à autre pour animer les esprits tricolores et imposer le cyclisme français dans les classements internationaux. Sa chute et son abandon sur le Tour du Pays-Basque l’ont rappelé cruellement.
Cette saison, il y a clairement Alaf et les autres. Le vainqueur de Milan-Sanremo, numéro 1 mondial auréolé de succès sur toutes les courses auxquelles il a participé (2 classiques, 6 victoires d’étapes), est un prince de la Petite Reine dont la souveraineté dépasse les frontières. De l’Amérique latine à l’Italie, tout le monde s’est enthousiasmé pour le puncheur français, ses facéties, ses célébrations exubérantes et surtout ses performances étincelantes.
"Loulou", c’est le paquet complet, la voiture de luxe à laquelle on a pris le soin d'ajouter toutes les plus belles options. Demander aux autres Français de s’aligner sur ces standards relèverait d’une incompréhension totale du sport, et de ce qu’Alaphilippe réalise aujourd’hui - il n’y a qu’un numéro 1 mondial, et il est seulement le quatrième français à occuper ce rang, le premier depuis bientôt 20 ans, après Charly Mottet, Laurent Fignon et Laurent Jalabert.

Après Sanremo, le creux

Ne jugeons pas le reste du peloton français à l’aune des performances d’une star mondiale. Mais relevons tout de même que les autres leaders n’ont pas pris la relève comme attendu dans la séquence post-Sanremo, aussi bien en Catalogne que dans les classiques.
Sur les rendez-vous World Tour, c’est même franchement raté. Romain Bardet et Thibaut Pinot n’étaient pas au niveau attendu sur le Tour de Catalogne, et une méchante chute est venue définitivement assombrir le bilan pour l’Auvergnat. Plus au nord, Nacer Bouhanni et Justin Jules ont accroché le top 5 à La Panne, Anthony Turgis a séduit à travers la Flandre (2e), mais le Ronde s’est comme attendu montré trop exigeant pour les Flandriens de France.
Le plus attendu d’entre eux, Arnaud Démare, court toujours après ses meilleures jambes depuis sa grippe du Tour d’Algarve, fin février. Le Tour des Flandres lui a permis de se mêler (brièvement) à la bagarre (28e à l’arrivée). Le Picard espère avoir rattrapé son retard en vue de l’Enfer du Nord. Les pavés menant à Roubaix lui correspondent mieux que les monts flandriens, mais il ne s’y est véritablement illustré qu’une fois (6e en 2017).

Ça ira mieux dans les Ardennes

Dimanche, je miserais plutôt sur une jolie partition de Florian Sénéchal (Deceuninck-Quick Step) ou sur les Total Direct Énergie et leur nouveau maillot pour donner des teintes bleu-blanc-rouge à une course très ouverte. On pourrait citer une quinzaine de prétendants à la victoire sans évoquer un Français*. Mais les hommes de Jean-René Bernaudeau comptent de solides bouffeurs de pavés enclins à bousculer les scénarios pré-dessinés, qui plus est sans leur leader Niki Terpstra, qui plus est sur une course qui, chaque année sans exception, devient rapidement un véritable chantier.
La suite des classiques s’annonce plus favorable aux Français et à leurs talents de puncheurs. Après avoir vu Marc Sarreau faire parler sa pointe de vitesse, on suivra par exemple les progressions de Guillaume Martin, récent vainqueur sur l’Etna à l’occasion du Giro di Sicilia, ou Valentin Madouas, régulier dans la performance cette saison et encore en vue cette semaine au Pays basque.
Loin de Roubaix, Romain Bardet signe sa reprise dimanche sur Paris-Camembert. Ses podiums à Liège et aux Mondiaux l’an dernier montrent qu’Alaphilippe n’est pas le seul à pouvoir jouer la gagne sur les classiques à forts dénivelés (il reste à voir si Pinot élargira un jour son champ des classiques au-delà des rendez-vous italiens de fin de saison qui, il est vrai, lui vont bien mieux que la Doyenne, la Flèche ou l’Amstel). Enfin, "Loulou" va soigner ses "cabossures" et bientôt revenir. Et tout ira bien.
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