Comme toujours, ils étaient attendus. Comme souvent, tout tournait autour d'eux. Mais dimanche, à Roubaix, il n'y a pas eu de triomphe pour Wout van Aert et Mathieu van der Poel. Le premier a grimpé sur la deuxième marche du podium, le second a dû se contenter d'une place dans le Top 10 (9e). Mais pour les deux grandes stars des courses d'un jour, il serait exagéré de parler d'immense déception. Chacun a ses raisons de ne pas quitter le nord de la France trop abattu.
Pour le champion de Belgique, les regrets sont sans doute un peu plus vifs, mais avec un grand "mais". Van Aert, touché par le Covid-19 et absent ces deux dernières semaines, a affiché un sacré niveau pour un convalescent. Sa participation à la "Pascale" n'avait d'ailleurs été officialisée que trois jours avant la course. On ne savait donc pas trop à quoi s'attendre, mais l'homme fort de la Jumbo-Visma est apparu tel qu'en lui-même. Malheureusement pour lui, il est encore passé à côté d'un Monument. C'était dimanche son cinquième podium, pour "seulement" une victoire, sur Milan-Sanremo.
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Le regret Laporte

"On nourrit toujours des regrets dans une course, a-t-il concédé. J'aurais sans doute dû essayer de suivre Van Baarle qui était le plus fort aujourd'hui, mais je ne pouvais pas suivre tout le monde." Voilà peut-être le seul "Et si ?" de sa course. Alors que Mathieu van der Poel n'avait pas les moyens de gagner sur le strict plan physique, Van Aert, lui, a peut-être payé un manque de timing dans la séquence décisive de la course. Encore que : "Sans les crevaisons, les changements de vélo, j'aurais eu plus d'énergie dans le final. Mais quand je vois l'écart à l'arrivée, je pense que Van Baarle était le plus fort."

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Dans l'absolu, il n'avait ni le cœur ni la tête à faire la fine bouche après ce podium sur lequel il n'a pas envie de cracher. "J'ai manqué de chance mais chacun a son histoire dans Paris-Roubaix. Cette deuxième place est une satisfaction. Honnêtement, vu ma préparation et les circonstances que tout le monde connait, je suis surpris d'être sur le podium", assure-t-il.
Son plus grand regret, finalement, tient peut-être aux malheurs de... Christophe Laporte, encore plus mal loti que son leader et rapidement éliminé de la course à la victoire. "C'est dommage que Christophe n'ait pas été présent dans le final, lui aussi a eu sa part de malchance. Avec lui, on aurait pu peut-être changer la situation", estime WVA.
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Van Aert, cap sur Liège

S'il n'a pas pu gagner ce Paris-Roubaix, c'est aussi parce qu'il a failli tout perdre à plus de 200 kilomètres de l'arrivée lors de cette cassure qui a dynamité la course jusqu'à en faire l'édition la plus rapide de l'histoire. Ce fut son principal point commun avec Mathieu van der Poel, lui aussi piégé et, en réalité, le seul. Car la comparaison s'arrête là. Avec des circonstances un peu plus favorables, Van Aert aurait, peut-être, pu aller chercher la victoire.

Le coup de force : Van der Poel et Van Aert piégés avant même les premiers pavés

L'argument ne vaut pas pour le Néerlandais, qui n'a jamais réellement pesé sur la course et a manqué de jus. "Ça n'a pas arrêté de la journée, c'était difficile pour tout le monde. J'étais à l'arrière du peloton quand les Ineos ont attaqué. L'équipe a fait un super travail pour me replacer à l'avant. Je me suis battu, j'ai réagi à plusieurs attaques, l'équipe a mais je n'ai pas pu suivre jusqu'au bout", admet le vainqueur du Tour des Flandres. Cette victoire sur le Ronde atténue d'ailleurs sans doute grandement son appréciation de ce Paris-Roubaix (relativement) décevant.
Pour résumer, il était bien dimanche, mais pas en mode Superman comme peut l'être le Van der Poel des grands jours : "Je me sentais bien, mais je n'avais pas les jambes pour faire mieux, je l'avoue." Voir son compatriote Dylan van Baarle avec le fameux pavé dans la main sur le podium lui a aussi redonné le sourire. "Je suis heureux pour Dylan, que j'ai devancé sur le Tour des Flandres. Il le mérite."
Désormais, les trajectoires des deux grands "Van" du peloton vont provisoirement se séparer. Van der Poel va partir en stage en Espagne avant, peut-être, de s'aligner sur le Giro, même si rien n'est encore décidé. Van Aert, lui, n'en a pas fini avec les classiques. Et à défaut de victoire, ce Paris-Roubaix lui a redonné de l'appétit : "Les jambes tournent mieux que je ne le pensais, et j'ai hâte d'être à Liège la semaine prochaine."

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