"Je déteste les pavés ! comme tout le monde, je préfère rouler sur le bitume. Mais, quand je me sens plus rapide que les autres, ça devient amusant. " Heureusement qu'il n'aime pas ça... Dylan van Baarle a signé un exploit monumental dimanche. Un triomphe individuel pour parachever une oeuvre collective. "C'est incroyable, je ne peux pas le croire", s’est extasié le Néerlandais au sortir de son numéro solitaire. Parti seul à 18km de l’arrivée, il a déjoué bon nombre de pronostics pour s’offrir le plus grand succès de sa carrière en remportant Paris-Roubaix, dimanche, avec la meilleure vitesse moyenne de l’histoire (45.7km/h).

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"C'est un Monument, je voulais en remporter un. Là, j'ai fait deuxième au Tour des Flandres et remporté Paris-Roubaix…", est resté bouche bée le vainqueur du jour. Après avoir levé les bras sur A Travers la Flandre l’année dernière, Dylan van Baarle a monté le curseur d'un cran pour cette saison de classiques. Il y a deux semaines déjà, le coureur d’Ineos-Grenadiers avait réglé Valentin Madouas et Tadej Pogacar au sprint sur le Ronde, cédant la victoire à un très fort Mathieu van der Poel pour quelques roues seulement.
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Mais cette fois-ci, le Néerlandais a laissé son compatriote sur le carreau. Et d’ailleurs la totalité de ses concurrents, avant même le Carrefour de l’arbre à 15km de l’arrivée. "Quand je suis rentré dans le Vélodrome, j’ai regardé derrière, j'ai vu que j’étais complètement seul. Quand la voiture est arrivée, on m’a dit : 'Tu as gagné'. Et là j’ai commencé à y croire", a réalisé après coup le septième vainqueur "Oranje" de l’histoire.
Au moment de la bordure, j’ai compris qu’on avait une bonne chance de gagner
Pour façonner ce succès en solitaire, Dylan van Baarle a néanmoins pu compter sur un très gros travail de ses coéquipiers. Dès les 40 premiers kilomètres de l'Enfer du Nord, une bordure a scindé le peloton en deux groupes distincts et créé un écart conséquent très rapidement. Dans le deuxième groupe se trouvaient alors quasiment tous les favoris. C’est alors qu'Ineos-Grenadiers a lancé son coup de force, transformé en coup de génie.
Voyant les Van Aert, Van der Poel et compagnie piégés à l’arrière, la formation britannique a ordonné à tous ses coureurs d’imposer un train d’enfer afin de distancer le groupe de chasse au maximum. Résultat, les favoris ont pioché pendant plus de 100km pour revenir sur le premier peloton. Un effort que nombre d’entre eux ont certainement payé sur la fin, tandis que des équipiers de luxe tels que Michal Kwiatkowski travaillaient pour van Baarle, bien au chaud dans le peloton.
"Ce n'était pas prévu du tout, a assuré le Néerlandais. On était très concentré, on s'est dit qu’on voulait être à l’avant. Au moment de la bordure, j’ai compris qu’on avait une bonne chance de gagner, car on perdait moins d’énergie que le groupe qui était en chasse."

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Le gros travail d'Ineos

Par la suite, un petit groupe de favoris, dont faisait partie Van Baarle, a écrémé au fil des pavés ses adversaires. C’est alors que les Ineos-Grenadiers ont parfaitement placé Ben Turner aux côtés de leur leader. "Ben a travaillé pour moi et m'a donné confiance. Je ne peux pas remercier assez l’équipe", a confié, ému, le coureur de 29 ans, qui a même connu une crevaison pendant la course.
"On a eu des moments compliqués, a-t-il tenu à rappeler, mais on a travaillé dur pour cela. Aujourd’hui, tout s'est aligné dans la bonne direction." Une direction que Dylan van Baarle va continuer d’emprunter au sein d’une formation qui a déjà glané l’Amstel Gold Race et donc Paris-Roubaix cette saison. De quoi aborder de la meilleure des manières les échéances à venir, avec la Flèche Wallonne et le prochain Monument Liège-Bastogne-Liège.

Dylan van Baarle

Crédit: Getty Images

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