Paris-Roubaix - Quick-Step n'est plus la meilleure équipe sur les pavées, Lefevere sonne la révolte

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PARIS-ROUBAIX - Aborder la Reine des Classiques sans qu'un favori ne se dégage chez Quick-Step est peu banal. La sinistrose qui entoure l'équipe depuis le début de la campagne de classiques et ses résultats n'incitent pas à l'optimisme. Lefevere, Asgreen et Lampaert veulent tout de même croire que le pire est derrière eux et que quelque chose de grand est possible sur Paris-Roubaix.

Les Quick-Step avaient connu un Tour des Flandres désastreux début avril

Crédit: Imago

Où est passée l'hégémonique Quick-Step ? L'avènement d'une nouvelle génération de Flandriens, emmenée évidemment par Mathieu van der Poel et Wout van Aert, a ringardisé une formation qui a souvent eu la mainmise sur les courses pavées. Dans ce domaine, 2022 est cauchemardesque puisque non seulement les hommes de Patrick Lefevere ne gagnent pas mais pire, ils ne pèsent pas. La 23e place de Kasper Asgreen sur le Tour des Flandres, la pire depuis la création de la structure en 2003, a fini de valider les craintes. L'équipe belge n'est plus la meilleure dans le domaine et avant Paris-Roubaix, son boss a sonné la révolte générale.
Assister à une conférence de presse de la Quick-Step Alpha Vinyl peut parfois ressembler à voir un one-man show à la sauce Lefevere. A vrai dire, vu les résultats de son équipe sur les classiques (un seul succès à Kuurne-Bruxelles-Kuurne pour Jakobsen), on imaginait un manager très offensif, soit pour défendre ses ouailles, soit pour les tancer. Ce ne fut pas le cas mais le manitou belge a tout de même tenu à répondre à la majorité des questions. Son premier message fut on ne peut plus clair : "Nous avons sept coureurs qui n'ont, pour la première fois depuis longtemps, plus d'excuses. Ils ne sont pas blessés ou malades."

"Mode attaque"

La réponse peut sonner comme un avertissement mais Lefevere a précisé sa pensée : "Nous sommes dans les cordes, pas complètement KO mais pas loin. Je ne peux pas vous dire que je suis content de la situation mais je ne peux reprocher à personne les blessures ou les maladies". En somme, il s'agissait de faire entendre à son auditoire qu'il comprenait pourquoi son équipe n'avait pas été à la hauteur des attentes. Reste désormais à mettre tout ça derrière elle pour prendre une revanche éclatante sur Paris-Roubaix ce dimanche.
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Kasper Asgreen sur Gand-Wevelgem

Crédit: Getty Images

C'est Yves Lampaert, du haut de ses sept participations à l'Enfer du Nord et de sa 3e place en 2019 (5e en 2021) qu'est venu le credo : "Les 7 coureurs sont en bonne forme. Nous pouvons faire une belle course, nous espérons être présent dans le final avec le plus de coureurs possibles pour avoir des cartes en main. Allons y en mode attaque, pas en mode défense". Même message pour Lefevere.
"Nous n'avons pas l'habitude d'être défensifs, nous sommes une équipe agressive. Si nous pouvons être à 100%, nous n'avons pas à paniquer, à être nerveux. Toutes ces années, nous étions assez forts pour avoir trois ou quatre coureurs dans le final, j'espère que l'on pourra le faire cette année. Je me fous de savoir qui est le leader tant qu'il a un maillot bleu."
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Küng, Van der Poel, Ganna : les favoris d'un Roubaix "très, très ouvert"

Video credit: Eurosport

Asgreen, leader mais…

Du bleu, on en voit surtout du côté d'Alpecin-Fénix et de Mathieu van der Poel ces dernières semaines alors que Wout Van Aert, Christophe Laporte et les autres mettent le jaune et le noir à l'honneur. Quel est le secret de la réussite des concurrentes ? Lefevere a une petite idée : "Peut-être ont-ils appris beaucoup de nous, sourit-il. C'est peut-être une coïncidence ou de la malchance mais je ne veux pas me plaindre des mêmes problèmes. C'est à nos coureurs d'inverser la tendance."
Comment la Quick-Step, qui a longtemps travaillé pour le seul Tom Boonen et qui a ensuite fait de son collectif sa force, va se comporter ce dimanche ? "Je ne pense pas révéler un secret en disant que (Kasper) Asgreen est à un très haut niveau, a poursuivi le manager général. A mes yeux, il était l'un des coureurs les plus forts sur l'Amstel mais il a été très généreux. Il doit plus profiter du travail des autres." Le Danois, vainqueur du Tour des Flandres 2021 mais jamais en réussite à Roubaix, sera donc la carte maîtresse de son équipe.

Sénéchal et la malchance

"Je suis au départ donc j'ai une chance de gagner, a souri Asgreen. Je pense que ma forme a été bonne ces dernières semaines. Les courses n'ont pas répondu à mes attentes mais j'ai la forme dont j'ai besoin pour gagner." Du côté de Lampaert, Stybar et même Sénéchal, qui espère en avoir fini avec la malchance pour exceller sur la course de ses rêves, on souhaite sans doute jouer sa carte. Après tout, face à van der Poel, le salut de Quick-Step passera sans doute par le nombre ou par l'anticipation.
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C'était pire que l'Enfer et c'était grand : le résumé d'un Paris-Roubaix épique

Video credit: Eurosport

"Comme je l'ai déjà dit une centaine de fois déjà, je ne parle pas de bons ou de mauvais résultats avant Liège", a prévenu Patrick Lefevere pour conclure. Si Julian Alaphilippe ou Remco Evenepoel pourront donc encore sauver le printemps de la Quick-Step la semaine prochaine sur les Ardennaises, la bande de sept qui se frotte ce dimanche à l'Enfer du Nord a bien intérêt à relever la tête et à faire briller le maillot bleu et blanc.
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