La revanche de Zabel

Alessandro Petacchi rêvait de remporter sa première classique dimanche à l'occasion de Paris-Tours. Mais l'Italien, quasi invincible cette année au sprint, est tombé cette fois sur un Erik Zabel surmotivé. Neuf ans après, l'Allemand s'impose à nouveau sur

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Crédit: Eurosport

Zabel mate Petacchi
Les sprinters ont enfin pris leur revanche dimanche sur Paris-Tours. Après six années d'infortune, marquées par les succès des baroudeurs, de Jacky Durand à Jakob Piil en passant par Richard Virenque, les fous du guidon ont à nouveau marqué leur territoire sur une classique vraiment taillée sur mesure pour eux. A priori, Alessandro Petacchi, archi-dominateur cette année dans le domaine du sprint, semblait donc tout désigné pour s'imposer avenue de Grammont. Mais l'Italien, pourtant parfaitement emmené par ses équipiers jusqu'à 250 mètres de la ligne, s'est laissé surprendre.
Erik Zabel, si souvent martyrisé ces dernières mois par Petacchi, a surgi à 150 mètres du but, prenant irrésistiblement l'avantage. Pour une fois, Petacchi n'a pas su donner le coup de reins décisif. Il a également peut-être commis un petit pêché d'orgueil, en démarrant de trop loin. Le vent de face lui a été fatal. Fou de rage, le coureur de la Fassa Bortolo va certainement nourrir des regrets. Sur le podium, où Stuart O'Grady, troisième, avait également pris place, le grand Alessandro faisait en tout cas grise mine, au contraire de Zabel, rayonnant. L'Allemand, qui s'était révélé ici-même en signant son premier succès de référence en 1994, prouve qu'à 33 ans, il est tout sauf fini.
Bettini garde sa couronne
Il l'avait dit lui-même, ce Paris-Tours n'était pas pour lui. Il avait même confié, du bout des lèvres, qu'il pourrait se retirer bien avant l'arrivée, histoire de se préserver pour les Mondiaux, le grand objectif de sa fin de saison. Pourtant, Paolo Bettini a bien failli remporter sa quatrième classique de l'année, après Milan-San Remo, la Hew Cyclassics et la Clasica San Sebastian. Son attaque dans la petite côte de l'Epan, à huit kilomètres du but, a fait exploser le peloton.
Le Toscan remit ensuite une deuxième couche, mais il n'a pu résister au retour d'un peloton furieux sous la banderole des deux kilomètres. N'empêche, il a encore impressionné tout le monde. Surtout, il est désormais mathématiquement assuré de conserver sa couronne, puisque Peter Van Petegem n'a pris que la dixième place. Vainqueur de la Coupe du monde pour la deuxième année consécutive, incontestable numéro un mondial, Paolo Bettini vit une saison de rêve. Elle sera encore plus exceptionnelle si, dans une semaine, il revêt le maillot arc-en-ciel à Hamilton...
Durand, toujours vert
Paris-Tours, c'est un peu la course de Jacky Durand. Vainqueur en 1998, deuxième l'an passé, le Mayennais de Grenoble ne pouvait traverser cette journée sans se montrer. Alors, comme toujours, il a attaqué. Dès la sortie de Saint-Arnoult-en-Yvelines, l'ancien double champion de France a mis les voiles en compagnie de sept autres coureurs, dont Samuel Dumoulin et Tom Boonen. Et voilà le Jacky parti pour 243 kilomètres d'échappée, où il fut le plus actif, et même le plus frais sur la fin. Mais à 14 kilomètres de l'arrivée, il a dû rendre les armes.
Sans sprinter d'envergure en l'absence de Jean-Patrick Nazon, il devint alors évident qu'une victoire française n'était plus à l'ordre du jour. Reste que les satisfactions françaises n'ont pas manqué. Outre Durand et Dumoulin, il convient en effet de saluer la remarquable cinquième place de Franck Renier (Brioches La Boulangère) dans le sprint final. On aura noté également avec délectation les très bonnes jambes d'Andy Flickinger, dans la dernière bosse, où le géant de l'AG2R répliqua avec facilité à l'attaque de Bettini. Il faudra le surveiller de près dans une semaine.
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