Romain Bardet, nouveau manager sportif de Decathlon CMA CGM en 2027 : "Ce n'est pas seulement le projet Paul Seixas"
Eurosport sur GoogleA compter du 1er janvier 2027, Romain Bardet sera le manager sportif de Decathlon CMA CGM, annonce faite par la formation française ce jeudi. Notre consultant s'est confié à Eurosport sur l'origine du projet, les contours de ses missions mais aussi évidemment Paul Seixas qui, s'il est important, n'est pas le cœur d'un projet bien plus large que ça.
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Alors qu'il écume les routes de gravel du monde entier et qu'il officie aussi aux commentaires ou sur la moto d'Eurosport en tant que consultant, Romain Bardet entamera à compter de 2027 un nouveau chapitre de sa carrière professionnelle. A trois semaines du Tour de France, Decathlon CMA CGM a annoncé ce jeudi matin qu'il deviendrait son manager sportif dès la saison prochaine. Un rôle dans lequel il a une ambition : poursuivre le travail entamé depuis plusieurs années et faire encore grimper l'équipe dans la hiérarchie mondiale.
Romain, pouvez-vous nous détailler les contours de votre nouveau rôle chez Decathlon CMA CGM, celui de manager sportif ?
Romain Bardet : Je serai, sous Dominique Serieys, responsable de la division sport, les entraîneurs, les directeurs sportifs, la performance, la nutrition, la data… Mon rôle sera de faire travailler tous ces gens ensemble, ce qu'ils font déjà plutôt bien, et optimiser encore nos process. L'axe fondamental, ce sera d'optimiser toute la structure, de l'équipe junior, la "new gen" (les espoirs, ndlr), en passant par la World Tour, d'avoir une vision d'ensemble d'où on veut aller à court, moyen et long terme.
D'où est venue l'idée de cette reconversion ?
R.B. : J'ai toujours voulu jouer un rôle plus tard dans le vélo et bien sûr, je m'intéressais aux contours que ça pouvait prendre, trouver le bon projet et surtout un environnement qui puisse me permettre de mettre à profit toute la passion que j'ai pour ce sport. C'est surtout une vraie volonté de ma part de m'impliquer dans ce domaine-là, et surtout d'avoir une vision à moyen et long terme sur comment développer le cyclisme de haut niveau à travers certaines valeurs et une manière de faire.
A quand remontent les premières discussions ?
R.B. : Je suis en contact de longue date avec Dominique Serieys (le manager général de Decathlon CMA CGM). Il a fait un travail absolument remarquable. Il voulait aussi comprendre le mode de fonctionnement de l'équipe durant mes années là-bas. Ça remonte déjà à plusieurs années, on avait échangé ensemble sur ma vision de la structure et par rapport à ce qu'il avait mis en place. Les échanges remontent à plusieurs années.
Était-ce prévu dans votre tête d'accepter un travail comme celui-ci si proche de votre retraite sportive sur la route ?
R.B. : J'ai pris une année qui n'est pas off, mais en tout cas, oui, je crois que j'ai toujours eu besoin de faire des choses. J'ai beaucoup d'énergie. J'aime entreprendre des projets et surtout dans un domaine qui me passionne, avec ce regard périphérique sur toutes les composantes qui font la performance, avec encore une idée assez récente et, je pense, lucide des attentes des athlètes. Il n'y a pas un fossé générationnel non plus, et surtout j'arrive à un moment où on a un projet en plein développement, avec des sponsors très engagés, solides.
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Quand vous prendrez vos fonctions en janvier 2027, ça fera seulement un an et demi que vous aurez quitté le peloton…
R.B. : Je crois que c'est bien. Je n'ai jamais coupé avec le milieu, je n'en ai pas eu besoin parce que pour moi, le chapitre athlète est refermé. Je suis tout à fait en paix avec ça, soulagé, mais j'aime toujours autant ce sport-là, je vibre toujours autant devant les courses et j'ai envie d'y être intégré d'une manière où je peux aussi apporter de la valeur au-delà des performances sportives.
Vous allez retrouver des personnes avec qui vous avez travaillé, on pense à Jean-Baptiste Quiclet par exemple, le responsable de la performance. Est-ce une aide bienvenue ?
R.B. : Ça a bougé mais il y a quand même pas mal de monde que je connais, ce qui va forcément un peu aider au début. Mais c'est un nouveau rôle. Je suis dans un rôle d'observateur pour l'instant, pour apprendre à connaître les process en parallèle de mes projets personnels cette année et la transition sera pleinement réalisée à partir du 1er janvier 2027.
Avez-vous côtoyé l'équipe de près cette saison ?
R.B. : Ça se fait essentiellement à distance parce que je veux aussi travailler sur le long terme et je n'ai pas vocation à chambouler les plans qui ont été faits cette année. Je suis là pour justement capter le maximum d'informations pour réussir une bonne entrée en matière avec une meilleure connaissance de mon environnement à partir de l'année prochaine.
Comment jugez-vous l'évolution de Decathlon CMA CGM ?
R.B. : Dans les conditions initiales qui peuvent faire le succès d'une équipe, l'équipe coche vraiment toutes les cases. Il y a une harmonie, une partition à établir ensemble, à écrire ensemble, mais c'est très motivant et excitant pour moi. Je crois que l'équipe a créé un écosystème vraiment bien huilé et donc maintenant, il faut pérenniser les choses.
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Au bout de lui-même : les images d'un Seixas exténué à l'arrivée
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On parle beaucoup de Paul Seixas, nous les premiers, mais s'il prend beaucoup de lumière, il ne faut pas oublier que l'équipe avait grimpé dans la hiérarchie mondiale avant lui…
R.B. : Absolument ! Il y a toujours une part de déformation dans la manière dont on apprécie le travail fourni. Je trouve que l'équipe a parfaitement accompagné Paul dans son développement. Il est très précoce, c'est sûrement un talent comme on en n'a jamais eu ces 40-50 dernières années mais ça ne doit pas cacher les ambitions et surtout la volonté de travailler. C'est un projet collectif, ce n'est pas seulement le projet Paul Seixas, l'équipe a vocation à accompagner ses coureurs de la même façon qu'on le fait pour lui.
A propos de Paul, il reste la figure du projet. Est-ce excitant de travailler dans le futur avec un coureur comme lui ?
R.B. : Oui, bien sûr, bien sûr. Je crois que les journalistes en font déjà assez, il faut le préserver au maximum. Il fait beaucoup plus que tout ce qu'on attend de lui, et on doit aussi le préserver, avoir une certaine réserve par rapport à son évolution qui est très, très rapide, et s'assurer que Paul est aussi en accord avec la vitesse de tout ce qui arrive autour de lui. Pour l'instant, il s'en sort très, très bien, et notre rôle, c'est de le préserver.
Vous étiez encore dans le peloton il y a peu, aurez-vous l'oreille des coureurs sur l'approche mentale du peloton, des lectures de courses ?
R.B. : Non, ce ne sera pas mon rôle principal. Après, on travaille de façon très collégiale sur la manière d'envisager les choses pour que l'information circule au maximum entre toutes les parties prenantes du projet, du nutritionniste au staff technique, en passant par les responsables matériel et logistique. L'idée c'est vraiment de créer un écosystème où chacun a ses responsabilités, ses missions, pour qu'il y ait le plus de fluidité dans notre travail au quotidien.
Ce poste de manager sportif n'existait pas au sein de Decathlon CMA CGM. Ont-ils repéré un manque à ce niveau-là ?
R.B. : L'équipe se comporte déjà très bien, elle est 4e mondiale. L'ambition, c'est bien sûr de se stabiliser, voire forcément de grimper un peu dans la hiérarchie mais on ne peut pas dire que l'équipe fonctionne mal actuellement. C'est pour ça que par rapport à mon arrivée et à la manière dont je travaille aussi sur le temps moyen et le temps long, il y aura un calendrier différent. Il y a des équilibres qui sont en place, qui fonctionnent aussi très bien et je dois beaucoup apprendre de l'environnement actuel de l'équipe aussi.
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