Peut-on vraiment dire d’un coureur qu’il fait honneur au maillot arc-en-ciel ? Les champions du monde qui se sont succédé depuis Alfredo Binda en 1927 n’ont pas manqué de souligner leur "fierté" de porter les couleurs irisées qui les distinguent du commun des cyclistes, et Julian Alaphilippe ne fait pas exception depuis son sacre à Imola il y a quelques mois.

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La tunique offre ainsi son éclat unique à son porteur, charge à lui d’être à la hauteur des légendes qui l’ont précédé. Il porte là les couleurs qui ont accompagné pendant trois ans les exploits d’Eddy Merckx, l’arc-en-ciel qui a forgé une bonne partie de la légende de Peter Sagan et Oscar Freire, un maillot pour lequel Bernard Hinault a réservé une de ses plus belles démonstrations, en 1980 autour de Sallanches, mais qui s’est refusé à des champions comme Gino Bartali !
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Vous ressentez la pression devant de tels aînés ? Alaphilippe, pas trop. Depuis qu’il est champion du monde, Julian a continué de faire du Alaf’. Il a vécu une fin de saison mouvementée, avec un sprint embarrassant à Liège, un succès sur la Flèche brabançonne et une méchante chute sur le Tour des Flandres qu’il avait embrasé de son panache irisé. Plus tranquille, son début de saison réussi montre qu’il est prêt à imposer son maillot arc-en-ciel au premier plan ce printemps.

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Cap sur l’Italie

Alaphilippe a changé de couleurs mais il reste une force hors-norme des pelotons. C’est une valeur sûre, qui honore les très nombreux rendez-vous qu’il se fixe, et un trublion qui, à l’image de ses rivaux Mathieu van der Poel et Wout Van Aert, parvient toujours à impressionner au moment où on pourrait imaginer qu’il touche ses limites.
Une reprise séduisante sur les pentes du Mont Ventoux à l'occasion du Tour de la Provence, un joli coup d’accélérateur pour montrer son aisance et lancer Davide Ballerini vers le succès sur les pavés de l’Omloop Het Nieuwsblad, et voilà le champion du monde prêt à attaquer les Strade Bianche, samedi, et à enchaîner avec le coeur de sa campagne de printemps, jusqu’à Liège-Bastogne-Liège.

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Son principal objectif ? “Toute la campagne des classiques est importante”, répond le glouton qui a amassé 27 victoires sur les trois dernières saisons. Alaphilippe retrouve ainsi le programme italien qui l’avait consacré numéro 1 mondial en 2019 : les Strade, où les tifosi l’avaient vu dominer Jakob Fuglsang dans les rues de Sienne, Tirreno-Adriatico, qu’il avait quitté avec deux victoires d’étapes, et Milan-Sanremo, qui reste le seul Monument à son palmarès.

Revanches belges

La Primavera sourit à nouveau aux puncheurs depuis une poignée d’années et qui mieux que Julian Alaphilippe pour s’y illustrer, sur les pentes du Poggio et dans la plongée sur la Via Roma ? Après les numéros signés en 2017, 2019 et 2020, c’est peu dire que de nombreux rivaux auront le regard braqué sur l’arc-en-ciel d’Alaphilippe pour l’édition 2021.
Ses références sur les bergs du Tour des Flandres sont bien plus maigres : une participation, un abandon. C’est peu, mais pour un coureur intenable comme Alaphilippe, c’est suffisant pour laisser une forte impression en imposant son poids-plume dans l’offensive décisive, seul face aux épouvantails Van der Poel et Van Aert. Alaphilippe a un compte à régler sur les routes du Ronde et, à quelques kilomètres de là, il a une autre revanche à prendre dans les rues de Liège après y avoir vécu sa première frustration en tant que champion du monde.
La Doyenne s’est rarement offerte au porteur du maillot irisé. Le dernier coureur à s’être imposé dans la cité ardente en tant que champion du monde en titre est Moreno Argentin, en 1987. Il suivait alors les traces d’Eddy Merckx, auteur du même exploit en 1972 et 1975. Alaphilippe s’offrirait une place d’honneur dans la longue histoire du maillot arc-en-ciel s’il venait à les imiter le mois prochain.

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