Tout juste sortie d'un Tour de France raté pour ses immenses standards, Ineos annonçait, le 25 septembre dernier, quatre recrues pour 2021. Et la formation britannique a frappé fort. Richie Porte, 3e de la Grande Boucle, Daniel Martinez, vainqueur du Critérium du Dauphiné 2020, Laurens De Plus, équipier plein d'avenir et un petit dernier : Tom Pidcock, 21 ans. Le grand public ne le connaît pas encore mais il a déjà commencé à faire parler de lui. Pas plus tard que dimanche dernier par exemple, en damant le pion à Mathieu van der Poel dans sa discipline du cyclo-cross. Le tout avant le grand saut en World Tour le 1er mars prochain.
Cette sixième manche du Superprestige à Gavere (Belgique), Tom Pidcock s'en souviendra. Rares seront ceux qui éviteront d'évoquer ce succès au moment de retracer son parcours. Dans la boue flamande, le Britannique y a signé son premier succès chez les "grands". Et en dominant Mathieu van der Poel donc. Le genre de victoire qui vous propulse dans la lumière. "Je me souviendrai toujours d’avoir mis mon nom sur la liste des coureurs qui ont pu battre Van der Poel", sourit d'ailleurs Pidcock auprès de Sporza. En tant qu’enfant, vous rêvez de gagner de grandes courses contre les plus grands coureurs du monde, et j’ai maintenant réussi."

Tom Pidcock (Trinity Racing). Superprestige Gavere 2020

Crédit: Getty Images

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Comme Van der Poel et Van Aert sur route ?

Gagner de grandes courses, cela semble être la destinée de Tom Pidcock, dernier nom d'une génération de jeunes talents appelés à souffler la hiérarchie établie sur route. Car si Pidcock brille actuellement dans les sous-bois, son avenir s'inscrit inévitablement sur la route. Comme van der Poel et Wout Van Aert avant lui. Dans un premier temps, Ineos, qui a accepté de l'accueillir seulement au 1er mars, va le soutenir dans sa polyvalence mais tôt ou tard, ce sont des succès sur route que la structure britannique lui demandera.
Mais avant cela, Pidcock a des ambitions monstres. "Je veux devenir champion du monde dans les trois disciplines (VTT, cross et route)", pose-t-il. Et comme si ce n'était déjà pas assez difficile, le Britannique espère le faire… sur la même année ! C'est dire l'ambition du garçon de Leeds. A son jeune âge (21 ans), la liste de ses accomplissements est déjà exceptionnelle et dit beaucoup de sa polyvalence : le Baby Giro (réservé au moins de 23 ans) en 2020 avec 3 étapes (sur 8), Paris-Roubaix espoirs (2019) et juniors (2017), les Mondiaux juniors (2017), les Mondiaux espoirs en cross-country (2019) et enfin la médaille d'argent aux Mondiaux élite en février dernier derrière Van der Poel.
Son entraîneur, Kurt Bogaerts, est évidemment conscient d'avoir une pépite entre les mains. "C’est le plus grand talent avec lequel j’aie travaillé. [...] Ce que je veux vraiment réaliser maintenant, c’est qu’il puisse se développer pleinement en tant qu’athlète." Dans cette déclaration à Sporza, Bogaerts fait comprendre qu'il faudra être patient avec Pidcock. Retarder son éclosion pour faire durer ses plus belles années semble être la direction prise.
Il y a toujours eu une voix dans ma tête qui voudrait que je gagne le Tour de France
"Il est évident que Tom est l'un des jeunes coureurs les plus excitants du monde, juge de son côté Dave Brailsford, son futur patron chez Ineos. Il brille au plus haut niveau dans plusieurs disciplines. Il va être un être Ineos Grenadier et c'est rafraîchissant pour l'équipe d'avoir un talent comme celui-là à développer". Avec Pidcock, Ineos poursuit sa cure de jeunesse. En 2021, la formation britannique comptera dans ses rangs 13 coureurs de 25 ou moins et non des moindres (Bernal, Geoghegan Hart, Ganna, Sivakov, Sosa et donc Pidcock).
Vers où le développer ? Cette question, Brailsford se la pose et se l'est sans doute déjà posée avant de le recruter. Format de poche s'il en est (1,57 m), Pidcock a le gabarit d'un puncheur, façon Julian Alaphilippe. Peut-il faire plus ? Les carrières de Mathieu van der Poel, et surtout de Wout Van Aert, font penser que venir du cyclo-cross peut être gage d'une polyvalence extrême sur route. "Il y a toujours eu une voix dans ma tête qui voudrait que je gagne le Tour de France", glisse Pidcock. Bientôt, elle ne sera sans doute plus seule.
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