Tour Auvergne-Rhône-Alpes – La revanche d'Isaac Del Toro, vainqueur de la 7e étape et lancé vers la victoire finale après les déboires de Paul Seixas

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Cette 7e étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes a le parfum d'une douce revanche pour Isaac Del Toro. Placardé ex-prodige après sa chute au Pays basque et les exploits répétés de Paul Seixas cette saison, le Mexicain a retrouvé le devant de la scène samedi. Un soulagement et une promesse pour l'avenir, à commencer par dimanche et cette victoire finale qui lui tend les bras.

Seixas en sang, Del Toro saignant : le résumé d'une étape en deux temps

Video credit: Eurosport

En grattant sous la surface d'une célébration tapageuse, on peut trouver un peu de tout. Celle d'Isaac Del Toro sur la 7e étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes appelle à une myriade d'émotions, autant de souvenirs, et encore plus de promesses pour l'avenir. Del Toro n'a pas fait coup double mais c'est tout comme, revenu à un gros souffle (3e, +49'') du casque tremblant de Luke Tuckwell (Red Bull-BORA-Hansgrohe). Beaucoup envient le talent, la classe et la "poker face" du Mexicain, mais peu pourraient vivre avec la pression qui enserre le prodige d'UAE Emirates – XRG.
Rapidement déclassé de la petite galaxie des futurs élus, la faute à l'émergence météorique de Paul Seixas, Del Toro doit également vivre avec l'écho persistant des rumeurs entourant une potentielle arrivée du Lyonnais chez lui, dans son cocon d'UAE, en 2028. Un coup dur au moral pour celui que Tadej Pogacar en personne pointait comme son digne héritier. Del Toro, lui, n'a jamais caché qu'il voulait enlacer ce destin, suivre – à son rythme – les pas de géant laissés sur le macadam par son glorieux équipier.

Attaquer oui, mais seulement pour gagner

La violente chute survenue au Tour du Pays basque a saupoudré ce tourbillon de doute d'un jet de frustration. Depuis sa convalescence, Del Toro a vu Seixas enquiller les succès, s'arroger l'attention médiatique, grimper quatre à quatre les hautes marches de la hiérarchie mondiale.  Ce Tour Auvergne-Rhône-Alpes est bien plus qu'une reprise, c'est la scène parfaite pour une revanche. Comme sur l'UAE Tour et Tirreno-Adriatico, Del Toro a montré que la fougue intempestive du Giro 2025 a laissé place à la maîtrise des sentiments, à la gestion calculée de son immense talent. Piquer, une, deux fois tout au plus, mais pour gagner, et rien d'autre.
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Del Toro en solitaire, Seixas sur les rotules : l'arrivée de la 7e étape

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"C'est dur pour moi de gérer ces longues ascensions mais je m'y fais de plus en plus. Je progresse course après course. La confiance n'est pas encore totale mais je voulais vraiment essayer de décrocher la victoire aujourd'hui", a expliqué Del Toro au micro de l'organisation. Avant de poursuivre face à la presse : "C'est un sentiment vraiment agréable de revenir au premier plan, et oui, c'est incroyable de gagner au Grand Colombier. J'ai juste essayé d'être intelligent, de ne pas gaspiller d'énergie et de placer mon attaque au bon moment. Parfois, on peut avoir des regrets, alors j'ai attendu jusqu'au dernier moment."

Ayuso : "J'ai jeté la victoire par la fenêtre"

Le soulagement d'avoir éclipsé le mauvais souvenir du printemps s'est mêlé à la fierté de répondre présent, surtout face à un autre "ex-prodige". Longtemps, Juan Ayuso (Lidl-Trek) a semblé tenir cette 7e étape dans le creux de ses mains. Le stakhanoviste de Javea a attaqué tôt (à 6,7 km de la ligne), très tôt. Sûr de ses jambes, l'Espagnol a sous-estimé l'usure d'affronter le nez dehors une pente aussi abrupte (10,2% de moyenne). Une erreur qui a plombé son moral, preuve qu'au-delà du résultat, un autre enjeu, plus grand, les dévore.
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Ayuso s'échappe, Seixas perd le contact

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"Je suis juste déçu parce que j'ai vraisemblablement attaqué de trop loin, et trop tôt, a réagi avec amertume Ayuso après l'arrivée. J'ai ruiné mes chances de victoire et mes équipiers la méritaient donc je suis vraiment déçu. J'ai décidé d'attaquer si tôt parce que je suis stupide (sourire). On était sur la partie la plus dure et j'ai pensé qu'en restant dans la roue, je n'avais pas plus d'avantage. Il faut croire que j'ai juste jeté la victoire par la fenêtre."

L'urgence Seixas et la contre-réforme

Là est la (petite) différence avec Del Toro, qui s'est senti obligé de progresser, de se polir au plus vite. Engagé dans une rivalité qu'on annonce féroce dans les prochaines années avec Paul Seixas, le Mexicain a eu des mots sincères pour le Lyonnais après l'arrivée. Del Toro sait que le miroir déformant de sa victoire implique le gadin et la longue course-poursuite de Seixas.
"Le peloton prend beaucoup trop de risques dans chaque descente. C'est insensé", s'est ému Del Toro devant les micros. Le gamin a grandi, mûri, mais reste empreint d'un éclat de malice. "J'ai encore faim, ça me pousse à rester concentré et motivé pour les prochaines courses. Ça a toujours été l'objectif de gagner le général", conclut Del Toro dans un grand sourire provocateur, lui qui semble filer vers la victoire finale dimanche. Face à la nouvelle icône, la contre-réforme est bien lancée.
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Au bout de lui-même : les images d'un Seixas exténué à l'arrivée

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