Venue sans trop d'espoirs sur la Vuelta, la Discovery Channel en est repartie le moral gonflé à bloc. Chasse gardée jusqu'à l'an dernier, le Tour de France 2006 avait tourné le dos aux hommes de Johan Bruyneel orphelins de leur leader charismatique Lance Armstrong. Peu importe. A une nouvelle ère s'est adjoint une nouvelle course de référence. Sur le Tour d'Espagne, la formation américaine a trouvé des raisons de rêver à un avenir meilleur après le fiasco de l'été.

Sans ses ténors George Hincapie, Yaroslav Popovych, Paolo Savoldelli ou encore Jose Azevedo, la Discovery a néanmoins joué les premiers rôles. Et ce, dès la première étape avec une 4e place dans le contre-la-montre par équipes. Présente dans toutes les échappées, elle a vu ses protégés attaquer à tour de rôle. Une attitude récompensée de la première place finale du classement par équipes. Mais, surtout, la Discovery termine au complet et avec quatre coureurs parmi les 12 premiers.

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10/08/2007 À 13:00

Du bleu partout

Pourtant, cela aurait pu tourner rapidement à la déconvenue. Après avoir refusé d'attribuer le leadership sur le Tour de France avec pour conséquence une certaine désorganisation, l'équipe avait cette fois été taillée pour mettre Tom Danielson sur orbite. Mais l'Américain a calé dans les premières étapes. "J'étais venu ici pour faire un podium, mais j'ai rapidement pris l'eau en début de Vuelta, explique l'intéressé. La victoire d'étape à Grenade (17e étape) a donc eu une saveur toute particulière après le raté du début." Elle a surtout signé son retour au premier plan, ponctué d'une 6e place au général, un rang de mieux qu'en 2005.

A la réussite de Danielson, se sont ajoutés la victoire d'étape à Burgos et le maillot orange de meilleur grimpeur pour Egoi Martinez. "Ce fut une Vuelta très spéciale pour moi, analyse le Basque. J'ai gagné une étape, le classement de la montagne et je termine 12e au général en faisant partie de la meilleure équipe. Que rêver de mieux!" Comme l'ancien coureur d'Euskaltel, ses équipiers Discovery étaient venus avant tout pour bien figurer. "Je n'espérais rien de particulier dans cette Vuelta par rapport à ce que j'ai obtenu (11e place), explique Stijn Devolder. J'étais venu faire de mon mieux pour soutenir Danielson."

La révélation Brajkovic

De l'équipe Discovery sur la Vuelta, on retiendra surtout l'éclosion au plus haut niveau de Janez Brajkovic. A 22 ans, il a joué une semaine dans la cour des grands, se permettant même de déposer Alejandro Valverde dans la Covatilla avant d'endosser le maillot or deux jours durant. "Je suis content de ma course. La première semaine fut incroyable, la deuxième ne s'est pas trop mal passée, mais la dernière a été difficile pour moi, estime le Slovène, finalement 30e au général. Tout cela a été très bon pour ma confiance."

Bon rouleur et bon en montagne, l'ancien champion du monde Espoirs du chrono a payé sur la fin son manque d'expérience, mais laissé entrevoir de très bonnes dispositions pour bien figurer dans un grand tour. "J'ai encore besoin de quelques années pour m'améliorer. Je reviendrai l'an prochain, encore plus fort. Et je viserai une place parmi les tout meilleurs, lâche Brajkovic. A présent, j'ai un objectif et je ferai tout ce que je peux pour l'atteindre."

A présent, son équipe Discovery sait surtout qu'elle peut compter sur de solides bases pour bâtir enfin l'après-Lance Armstrong. Avec des leaders de substitution, Beltran et Danielson, qui ont parfaitement tenu leur rôle en plaines comme en montagnes, un coureur d'avenir, Brajkovic, et d'autres talents en devenir, l'équipe américaine est plus que jamais sur de bons rails.

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