Cette fois, c'est bien fini. Alejandro Valverde, leader de la Vuelta pendant la moitié de l'épreuve, va échouer au port, battu par un Alexandre Vinokourov proprement sidérant durant cette dernière semaine de course. Le Tour d'Espagne se refuse donc une fois de plus à l'enfant chéri du cyclisme ibérique. Troisième en 2003, quatrième en 2004, le coureur de Murcie se rapproche un peu plus du sommet cette année. Selon toute vraisemblance, il terminera deuxième dimanche à Madrid. Alejandro Valverde continue de tourner autour du pot, sans pouvoir l'attraper.

Au lendemain de la perte de son maillot or, pour neuf secondes, Valverde n'avait pourtant pas renoncé. La redoutable ascension de la Sierre Pandera, où il s'était imposé en 2003, pouvait lui permettre de renverser à son tour la vapeur. Même sans lâcher Vinokourov, le coup était jouable, par le jeu des bonifications. Alors le leader du Pro Tour a fait rouler son équipe comme jamais. Mais ce travail de sape l'a sans doute usé davantage lui-même que la concurrence. Il a suffi d'une attaque de Vinokourov, une seule, pour que l'illusion cesse. "De toute façon, il fallait bien tenter quelque chose ", plaide Eusebio Unzue, le directeur sportif de la Caisse d'Epargne. Vrai.

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L'hommage à Vinokourov

On pourra toujours gloser sur ces considérations tactiques. La réalité est beaucoup plus simple. Valverde est tombé sur plus fort que lui. Plus encore que la veille à Grenade, ce constat s'est imposé à tous comme une évidence. Beau joueur, il n'a eu aucun mal à l'admettre. "Vinokourov est le plus fort. Il l'a prouvé. Il n'y a rien à dire ni à faire, si ce n'est lui tirer notre chapeau" , juge l'Espagnol, qui a concédé 32 secondes de plus à la Pandera. Avec 53 secondes de handicap avant le dernier chrono, samedi, l'affaire est pliée.

Physiquement et mentalement, Valverde n'avait pas récupéré du coup de Trafalgar de la veille. Jeudi, il est monté au courage, mais sans avoir les moyens de ses intentions. On était bien loin des images de Calar Alto, qui ne datent pourtant que de 48 heures, où il affichait une telle sérénité. "La Vuelta a été très dure , justifie-t-il. Je ne pouvais pas faire plus aujourd'hui. J'ai donné tout ce que j'avais." Paradoxalement, il semblait presque apaisé, loin de son agacement de la veille. Comme s'il avait digéré sa défaite.

Après tout, à 26 ans, Valverde a encore le temps de remporter un grand Tour. En Espagne ou ailleurs. Il serait d'ailleurs injuste de dire n'a pas avancé depuis 2003, même s'il coince à nouveau en troisième semaine. Ses progrès contre la montre incitent à l'optimisme. "Je ne peux pas être déçu. La Vuelta n'est pas encore finie et jais continuer à me battre. Mais terminer deuxième, c'est bien. C'est une très belle année pour moi après mes deux victoires dans les classiques ardennaises au printemps. Maintenant, je dois penser à l'avenir." Il passera d'abord par Salzbourg et les Mondiaux, un autre monument du cyclisme sur lequel il bute, après ses deuxièmes places en 2003 et 2005.

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