Y a-t-il une malédiction qui pèse sur les maillots or de la Vuelta? Depuis quatre ans, il ne fait vraiment pas occuper trop longtemps la tête du Tour d'Espagne. En 2003, Isidro Nozal avait porté la tunique dorée pendant plus de deux semaines, avant de s'écrouler la veille de l'arrivée, dans le dernier chrono. Roberto Heras en avait profité pour s'imposer à Madrid. Deux ans plus tard, l'Espagnol avait récidivé, en montagne cette fois, pour déloger de la première place Denis Menchov, pourtant solidement installé depuis dix jours*.

Mercredi, Alejandro Valverde les a rejoints au cimetière des éléphants. Lui aussi semblait maitriser son sujet. Lui aussi semblait avoir fait le plus dur. Lui aussi a chuté, presque au moment où on le croyait intouchable. Dire que le leader de l'équipe caisse d'Epargne s'est effondré serait injuste. Il s'est plutôt retrouvé pris au piège, tendu par la formation Astana et Alexandre Vinokourov. Lui qui louait la veille le formidable travail de son équipe s'est retrouvé isolé au pire moment. Et contrairement à Vinokourov, il n'a pu trouver des alliés de circonstance.

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"Lui rendre la monnaie de sa pièce"

A quatre jours du terme de l'épreuve, Valverde n'est donc plus au pouvoir. Il s'attendait à subir les assauts répétés de Vinokourov, qu'il n'a cessé de désigner comme son principal adversaire, même lorsque le Kazakh naviguait à la cinquième place du général. Il ne s'était pas trompé. "Je m'attendais à quelque chose comme ça depuis plusieurs jours. J'étais prévenu que Vinokourov était fort. Aujourd'hui il l'a montré", a confié le Murcien mercredi, prenant énormément sur lui pour venir répondre aux journalistes, longtemps, bien longtemps après l'arrivée.

Qu'a-t-il manqué à Valverde pour rejoindre Vinokourov, dans l'ascension du dernier col, puis dans la descente vers Grenade? Presque rien. "Dans la descente, Vinokourov était à ma portée mais il m'a échappé, regrette-t-il. Franchement, je ne m'attendais pas à perdre la première place de cette manière. C'est la course." Lui qui se sentait si fort 24 heures plus tôt sous le déluge de Calar Alto, a semblé un peu court sous le soleil andalou. "Ce n'était pas mon meilleur jour. Je ne me sentais pas si mal, mais il m'a manqué un peu de forces. J'ai donné le maximum, je ne pouvais pas faire plus. "

Pour autant, s'il a perdu le leadership, Valverde n'a pas encore perdu la Vuelta. Après tout, il ne compte que neuf secondes de retard sur Vinokourov. Tout se jouera donc lors du chrono, samedi, mais aussi jeudi lors de la terrible ascension de la Sierra Pandera. Un bon souvenir pour le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, qui s'y était imposé en 2003. "La course n'est pas terminée, prévient-il. Maintenant tout change pour mon équipe. Il ne va plus falloir gérer mais attaquer. Je veux la monnaie de sa pièce à Vinokourov." Reste à savoir s'il aura digérer sa déception, forcément immense.

* Denis Menchov a ensuite été déclaré vainqueur suite au controle positif de Roberto Heras.

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