Vuelta 2015 - Et maintenant, Aru attaque le plus dur : la confirmation

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TOUR D'ESPAGNE - En ramenant le maillot rouge à Madrid, Fabio Aru (Astana) entre à 25 ans dans la catégorie des vainqueurs de Grands Tours. Mais historiquement, cela ne signifie pas pour autant que l'Italien en gagnera d'autres, loin de là. Même si sa précocité le rapproche d'immenses champions.

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La Vuelta ne s'offre pas aux hommes du Tour et Aru en a profité

On n'a cessé d'en parler depuis la confirmation de la présence sur les routes espagnoles des quatre premiers du général du Tour de France. Et leurs mésaventures successives (exclusion pour Nibali, chutes pour Froome et Valverde, fièvre pour Quintana) n'ont fait que confirmer l'impression qu'un acteur de la Grande Boucle ne peut pas remporter la Vuelta. Pire, un seul coureur est parvenu à ramener le maillot rouge après avoir terminé le Tour de France et c'est Roberto Heras (34e en 2003 et 45e en 2005).
Mais c'est le seul. Pour les autres vainqueurs, depuis 2001 inclus, on comptabilise 5 coureurs n'ayant pas fait le Tour, 4 privés ou exclus du Tour pour des raisons extra-sportives (suspension ou exclusion) et 4 qui n'ont pas fini leur Tour de France (abandon ou non-partant). La fraîcheur leur a souvent permis de faire la différence en dernière semaine, comme cela a été le cas cette année pour Fabio Aru (Astana), absent en juillet. L'Italien aura attendu l'avant-dernière étape pour reprendre définitivement le maillot rouge de leader.

Remporter la Vuelta ne fait pas de lui le favori du Tour…

Ce succès sur les routes du Tour d'Espagne est évidemment le premier sur un Grand Tour pour Fabio Aru. Avant cela, l'Italien avait déjà décroché deux podiums sur le Tour d'Italie (3e en 2014 et 2e en 2015) et une 5e place sur le Tour d'Espagne l'an passé. Mais le Tour de France, en revanche, reste une inconnue totale pour l'Italien. En trois années professionnelles, le Sarde ne s'est jamais rendu sur les routes de la Grande Boucle, même si cela a bien failli être le cas en 2015. Désormais, il pourra s'y rendre avec des ambitions légitimes, même si remporter la Vuelta n'a que rarement porté chance dans la quête du Tour de France.
Ces quinze dernières années, seuls Alberto Contador et Vincenzo Nibali sont parvenus à ramener le maillot jaune à Paris après avoir remporté le Tour d'Espagne. Alors oui, d'autres y ont plus ou moins brillé, à l'image de Denis Menchov, 3e du Tour 2008, ou d'Alejandro Valverde, 3e du Tour 2015. Mais cela a été rare. Les autres (Casero, Aitor Gonzalez, Heras, Vinokourov, Cobo et Horner) ne sont jamais parvenus à accrocher un top 10 sur la Grande Boucle depuis leur victoire sur les routes espagnoles. C'est le Kazakh, avec sa 11e place en 2010, qui y a le mieux réussi. Loin, bien loin de gagner la course la plus prestigieuse du monde.

… mais cela pourrait l'assurer de courir le Tour 2016 en qualité de leader

Impossible bien sûr de savoir de quelles courses le programme de Fabio Aru sera fait l'année prochaine. Mais il paraît logique d'imaginer l'Italien sur les routes de France en juillet. Surtout si le Sarde a enfin envie de découvrir le Tour de France, l'année de son 26e anniversaire. Mais alors qu'il y a trois mois, son statut d'éventuel équipier de Nibali aurait paru évident, tout a changé. Depuis, le Requin de Messine a perdu beaucoup de crédit auprès de Vinokourov pendant le Tour (le Kazakh a même déclaré "ne plus vouloir de lui") et son éviction de la Vuelta pour un geste aussi stupide qu'anti-sportif n'a pas joué en sa faveur.
Nul doute que l'ancien 3e du Tour 2003 a également vu d'un bon œil la performance d'Astana sans le vainqueur du Tour 2014 et le comportement de champion de Fabio Aru. Mais qu'en sera-t-il si Nibali reste ? Alignera-t-on les deux hommes sur le Tour ? Seront-ils sur un pied d'égalité ? Beaucoup de questions restent en suspens, mais le Sarde a certainement marqué des points dans cette optique. Il est désormais peu probable de le voir travailler pour Nibali l'année prochaine. Du moins, pas sur des courses qu'il a dans le viseur.

Confirmer un succès sur la Vuelta est souvent difficile

Gagner une course aussi importante que le Tour d'Espagne change évidemment le statut d'un coureur. Ce succès fait définitivement d'Aru un potentiel vainqueur pour le Tour de France. Mais, avant de penser à dominer Froome, Contador et autre Quintana sur la Grande Boucle, l'Italien devra chercher à confirmer. Tout au long de la saison. Sur les courses par étapes mais aussi sur les courses d'un jour. Il en est capable, comme l'ont prouvé sa 9e place au Tour de Lombardie 2014 et sa 6e place du Tour de Catalogne 2015.
Mais le Sarde devra éviter de céder à la pression que sa victoire sur la Vuelta va immanquablement engendrer. Ses prédécesseurs l'ont rarement réussi, notamment sur les Grands Tours. Si on excepte les cas de Valverde et Vinokourov, suspendus l'année suivant leur succès sur la Vuelta, on remarque que beaucoup ont eu du mal à enchaîner, à l'instar de Casero (seulement 6e de la Vuelta 2002), mais surtout d'Aitor Gonzalez (19e du Giro 2003 comme seul résultat notable), de Cobo (30e du Tour et 67e de la Vuelta en 2012) et d'Horner (17e du Tour 2014 et c'est tout). En fait, comme souvent, on retrouve un trio qui a su confirmer : Contador (vainqueur du Tour et du classement UCI en 2009), Menchov (3e du Tour et 5e du Giro en 2008) et Nibali (2e du Giro, 7e de la Vuelta, 8e sur Liège-Bastogne-Liège en 2011).
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