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La Vuelta, vraie ambition ou simple répétition pour les Mondiaux ?
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Publié 23/08/2018 à 16:11 GMT+2
TOUR D’ESPAGNE - Souvent considérée à juste titre comme la meilleure préparation pour les Mondiaux, la Vuelta s’y perd parfois dans son plateau, garni de noms ronflants ne visant pas l'épreuve. Et c’est encore plus vrai cette année, où les leaders rêvent du maillot arc-en-ciel. Quitte à se servir de la course comme d’un entraînement.
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Grand tour pour puncheurs, petit dernier, tour des revanchards… La Vuelta est surnommée de bien des manières par les spectateurs, qui voient souvent en ce troisième grand tour de la saison le moins mythique et le moins intéressant. Du moins est-ce le cas depuis une vingtaine d’années. Son replacement en 1995 au mois d’août-septembre a changé beaucoup de choses pour l’épreuve espagnole, qui a progressivement retrouvé une start-list digne de son statut dans le calendrier.
Pourtant, à bien y regarder, le Tour d’Espagne souffre toujours d’un relatif désintérêt (par rapport au Giro et au Tour) des cadors du peloton. Parce que c’est déjà le troisième de l'année. Parce qu’il n’est pas aussi (haut) montagneux que ses compères. Parce qu’il sert surtout à sauver sa saison. Mais cela vient surtout de son nouveau positionnement, avec une dernière étape à quelques jours des championnats du monde. Et 2018 n’échappe pas à la règle, avec des leaders bien souvent au départ avec le Mondial en ligne de mire.
Innsbruck, chance unique pour les leaders
"J’irai à la Vuelta en pensant surtout au Mondial". Cette phrase, sortie de la bouche d’un adepte du Tour d’Espagne comme Alejandro Valverde (recordman de podiums sur l’épreuve), témoigne bien du caractère si particulier de cette année. Généralement réservé aux classicmen, aux puncheurs voire même aux sprinteurs, le Mondial 2018 sera cette fois la chasse-gardée des grimpeurs. A Innsbruck, les principaux candidats à la victoire pourraient bien être ceux que l’on a l’habitude de voir truster les podiums des grands tours.
Sans doute le plus dur depuis 1995 et le Mondial de Diutama, le circuit autrichien fait rêver les meilleurs grimpeurs, conscient d’avoir ici la chance de leur vie de se parer du maillot arc-en-ciel. On pense ici aux Valverde, Nibali mais aussi Porte, Quintana et même Pinot qui "ne veut pas arriver cramé à Madrid". Comme si ne pas rêver du Mondial était impossible. Les leaders au départ de Malaga samedi sortent pour la plupart d’une saison décevante ou tronquée par les blessures. Revanchards, tous ne rêvent que de briller en cette fin de saison. Mais entre Vuelta et Mondial, leurs cœurs balancent. Pourtant, ils seront bien au départ du Tour d’Espagne. Mais pas forcément pour y jouer la gagne.
Une préparation idéale, vraiment ?
Car, depuis des décennies, la certitude que le Tour d’Espagne était la meilleure manière d’aborder les Mondiaux est ancrée dans les moeurs. Une certitude tirée des dix champions du monde consécutifs (de 2003 à 2012 inclus) à être passés par les routes espagnoles. Pourtant, cette vérité – logique sur le fond tant la Vuelta aide à acquérir du foncier – est loin d’être absolue. Sur les cinq derniers Mondiaux, le vainqueur n’a qu’une seule fois pris part auparavant au troisième grand tour de la saison. Il s’agissait de Peter Sagan, avant son premier sacre à Richemond en 2015.
Car venir sur la Vuelta avec l’ambition de gagner le Mondial nécessite une vraie maitrise de soi. Il faut avoir le mental et l’assurance pour y prendre le départ sans aucune ambition à terme (général ou maillot distinctif), voire s’obliger à abandonner en cours d’épreuve, sans quoi le coureur prend le risque d’aborder les championnats du monde dans le rouge. Après tout, à l’exception d’Alejandro Valverde (2012, 2013, 2014) et de Joaquim Rodriguez (2013), aucun coureur n’est monté sur le podium des Mondiaux en ayant fini la Vuelta depuis 2010.
Incertitude, mot-clé pour les favoris
Alors les leaders qui en ont l’intention ont-ils raison de faire la Vuelta en dedans, pour se préserver pour le Mondial ? Sur le papier, l’idée est séduisante et censée. Mais elle occulte la part importante et souvent même prépondérante d’incertitudes qui entourent une course d’un jour comme les championnats du monde. Si l’extrême difficulté du circuit d’Innsbruck fera avant tout le part belle aux hommes forts et moins à la stratégie, cela reste un vrai risque de jouer sa saison sur le Mondial.
Finalement, on remarque assez nettement une scission entre les leaders présents au départ. Ceux qui reviennent de blessure et les autres. A l’image de Nibali ou Porte, les premiers ne croient pas en leurs possibilités de lutter face aux seconds. "Je suis dans une forme digne de janvier, affirmait même l’Italien, deuxième l’an passé. Une Vuelta réussie pour moi serait de gagner plusieurs étapes en dernière semaine, d’en être un protagoniste". Cela les incite d’autant plus à voir le Tour d’Espagne comme une mise en route progressive en vue du Mondial, sans pour autant écarter toute ambition cachée. Après tout, Richie Porte résume parfaitement la situation : "On verra au jour le jour". A raison ? La suite nous le dira.
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