Getty Images

Tour d'Espagne - Valverde, si proche, finalement si loin

Valverde, si proche, finalement si loin

Le 15/09/2018 à 21:11Mis à jour Le 15/09/2018 à 21:21

TOUR D'ESPAGNE – Cette fin de Vuelta aura été terrible avec Alejandro Valverde. Déjà en difficulté vendredi, l'Espagnol de la Movistar a complètement craqué samedi dans la montée de la Gallina. A la veille de l'arrivée, le voilà expulsé du podium après avoir si longtemps cru au maillot rouge.

Eurosport Player: Regardez toutes les étapes du tour d'Espagne en LIVE

Voir sur Eurosport

On savait que les derniers jours du Tour d'Espagne seraient très difficiles, avec les deux premières véritables étapes de montagne de l'épreuve, en Andorre. Et, si elles ont considérablement bouleversé le classement général, elles auront surtout fait une victime majeure : Alejandro Valverde. Encore 2e du général vendredi matin à 28'' de Simon Yates, l'Espagnol finira sans doute cette Vuelta à la 5e place, à 4'28'' du Britannique après cette journée noire. "Je ne sais pas si c'était un mauvais jour ou si je suis vide, avouait-il d'ailleurs à l'arrivée. Mais, quand tu n'es pas bien, tu ne peux pas t'attendre à ce que tes adversaires n'en profitent pas". Une explosion certes brutale mais loin d'être imprévue.

Lui-même s'y attendait un peu

Si le voir partout aux avant-postes et ses podiums sur les trois Grands Tours pourraient nous induire en erreur, il ne faut pas oublier que Valverde n'est pas un véritable grimpeur. Il ne l'a jamais été, ne le sera jamais et cette Vuelta a encore été là pour le rappeler. Oui, l'Espagnol était encore le dauphin de Simon Yates il y a à peine 48 heures. Mais il a surtout bénéficié d'un parcours longtemps favorable aux puncheurs-grimpeurs (Caminito, Alfacar, Camperona, Las Praers) et de conditions favorables (vent de face à la Covatilla, une montée de Covadonga qu'il connait par cœur) pour se retrouver dans une position inattendue. "Je n'espérais pas arriver avec un niveau aussi bon et autant de fraîcheur à ce stade de la Vuelta, déclarait-il jeudi soir. Je savais que j'allais bien commencer mais je ne pensais pas finir comme ça". Le manque de jus l'aura finalement rattrapé au pire moment.

Simon Yates (Michelton-Scott), Alejandro Valverde (Movistar) Enric Mas (Quick-Step Floors) lors de la 17e étape du Tour d'Espagne 2018

Simon Yates (Michelton-Scott), Alejandro Valverde (Movistar) Enric Mas (Quick-Step Floors) lors de la 17e étape du Tour d'Espagne 2018Getty Images

Lorsqu'il y a eu de la grande bagarre en haute montagne, vendredi et samedi, Valverde a de suite montré ses limites. Celles d'un coureur, un champion certes, de 38 ans qui n'avait plus lutté pour la gagne sur un Grand Tour depuis le Giro 2016. Deux longues années marquées par une grave blessure l'an dernier sur la 1re étape du Tour de France qui a un temps laissé craindre une fin de carrière. Sans cesse en course pour la victoire finale, sur toutes les courses auxquelles il participe, le Murcien finit souvent par en payer le prix en troisième semaine de Grand Tour, et encore plus sur la Vuelta. Un chiffre l'illustre bien. Sur ses 11 succès sur le Tour d'Espagne, il n'en a gagné aucune en dernière semaine.

Movistar ne l'a pas aidé, Quintana si

Mais, les limites, la Movistar les connait bien. Ce n'est pas pour rien que le leader annoncé au départ était Nairo Quintana. La formation espagnole savait que Valverde pouvait être un leader de secours mais que la haute montagne a de bonnes chances de lui être fatales. Surtout en lui ayant demandé, avec succès, de jouer les étapes en début d'épreuve. Pourtant, lorsque Quintana a définitivement coulé au Balcon de Bizkaia (17e étape), ils ont logiquement promu l'Espagnol. Avant de participer activement à sa chute.

Nairo Quintana (Movistar) travaillant pour Alejandro Valverde, lors de la 19e étape du Tour d'Espagne 2018

Nairo Quintana (Movistar) travaillant pour Alejandro Valverde, lors de la 19e étape du Tour d'Espagne 2018Getty Images

Il ne s'agit pas ici de tomber sur Quintana, parfaitement loyal dans son rôle d'équipier. Mais la volonté de la Movistar de durcir la première partie de la Rabassa vendredi au lieu d'imprimer un faux train était incompréhensible et a mis très tôt le Murcien en difficulté. Et samedi l'Espagnol n'a eu besoin de personne pour craquer et sortir du podium pour la deuxième fois simplement depuis la 7e étape. Au pire moment. A 38 ans, il finira dimanche 5e de la Vuelta, avec deux étapes et le maillot vert du sprint, égalant le record de Kelly et Jalabert (4). Mais, après être passé si près d'une deuxième victoire au général, ces consolations ont un goût amer.

0
0