Vuelta - Alexandre Geniez remporte la 12e étape, Jesus Herrada prend le maillot rouge

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VUELTA - Troisième victoire française dans ce Tour d'Espagne jeudi à Manon après 181 kilomètres accidentés. Seul Tricolore présent dans l'échappée du jour, Alexandre Geniez (AG2R-La Mondiale) a réglé au sprint le groupe de fuyards en devançant le Néerlandais Van Baarle (Sky). Alors que le peloton des favoris a lézardé, l'Espagnol Jesus Herrada (Cofidis) s'est emparé du maillot rouge de leader.

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Crédit: Eurosport

Quel coursier cet Alexandre Geniez ! Non-retenu pour le Tour de France (car jugé hors de forme après sa 11e place sur le Giro), transparent depuis le départ de cette Vuelta, le grimpeur d'AG2R La Mondiale est sorti de sa boîte pour remporter à Mañón la 12e étape du Tour d'Espagne, marquée également par la prise de pouvoir de Jesus Herrada (Cofidis), lui aussi présent dans l'échappée du jour. Vainqueur sur le fil devant Dylan Van Baarle (Sky), le Ruthénois de 30 ans signe sa 3e victoire en Grand Tour, la 3e sur la Vuelta, après ses succès à Peyragudes (2013) et à Dumbria (2016). C'est déjà la 3e victoire française sur ce Tour d'Espagne, après les triomphes de Nacer Bouhanni (6e étape) et Tony Gallopin (7e étape). Les Bleus poursuivent leur festival.
Ce n'est pas la petite chute quelques mètres après l'arrivée, provoquée par un membre de l'organisation qui n'avait rien à faire là sur la chaussée, qui gâchera le bonheur de Geniez, vainqueur de sa 4e course de l'année après trois premiers bouquets en février. Le Français n'était peut-être par le plus fort. Mais assurément le plus malin au sein d'un groupe de 18 coureurs sorti dès les premiers kilomètres. C'était une course de marquage. Il en a tiré profit merveilleusement. Peu à son aise lorsque la route se dressait, Geniez a eu le mérite de suivre l'offensive de Victor Campenaerts (Lotto-Soudal), à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée, réduisant alors l'échappée à huit unités.
Dans un bon raidard, à six kilomètres du but, il n'avait pas les cannes pour suivre Davide Formolo (Bora-Hansgrohe), Dylan Teuns (BMC) et Campenaerts. Mais revenu dans la descente avec Van Baarle, il a ensuite réglé ce dernier au sprint en lançant assez loin de l'arrivée. De trop loin pensait-il. Mais le Néerlandais, un peu enfermé sur la chaussée étroite, n'a jamais pu le remonter.

Herrada, rouge de bonheur pour sa première Vuelta

L'autre grand gagnant du jour est Jesus Herrada. Le maillot rouge a décidément la bougeotte sur cette 73e Vuelta. Voilà déjà un 5e leader différent depuis le départ de Malaga. Le premier avec la nationalité espagnole. Après Rohan Dennis, Michal Kwiatkowski, Rudy Molard et Simon Yates, c'est au tour de Herrada d'enfiler la tunique "roja". Classé 16e de l'étape à 2'32'' de Geniez, il a profité de l'échappée pour reprendre neuf minutes au peloton et posséder ce jeudi soir 3'22'' d'avance sur Yates, retombé à la 2e place du général après trois jours de règne. Une immense surprise pour celui qui a quitté la Movistar l'hiver dernier pour la formation nordiste. Paradoxalement, cette Vuelta est la première de sa carrière. À 28 ans, il n'avait au compteur "que" quatre Tour de France et un Giro.

Mitchelton-Scott piégé

Contrairement à la veille, l'échappée n'a pas mis deux heures à se dessiner sur les routes de Galice, au bord de l'Océan Atlantique. C'est dans la première des deux ascensions du jour, l'Alto de Cadeira (3e catégorie), après une dizaine de kilomètres, qu'elle s'est extirpée du peloton. Elle s'est vu accorder un joli bon de sortie. Et ce malgré la présence de Herrada, alors 22e du général à 5'45''.
La plupart des équipes de sprinteurs étant représentés à l'avant, personne n'a voulu rouler à l'arrière. Piégée, l'équipe Mitchelton-Scott de Yates s'est retrouvée seule pour assurer la défense de son maillot rouge. Une poursuite inefficace puisque l'écart n'a cessé de gonfler jusqu'à ce que l'équipe Movistar (l'ancienne équipe de Herrada par ailleurs) vienne donner un coup de main à 45 kilomètres de l'arrivée. L'écart était alors supérieur à onze minutes. Il n'a pas évolué jusqu'à l'arrivée (11'39'').
Devant, l'entente est restée parfaite jusqu'à ce que l'on commence à jouer la victoire à partir de l'Alto de San Pedro (3e catégorie), à 55 kilomètres de l'arrivée. Mais malgré les diverses tentatives de Formolo, Nibali, Brambilla ou De Gendt, l'échappée est restée compacte jusqu'à 23 kilomètres de l'arrivée. Juqu'au premier écrémage effectué par Campenaerts. Qui a permis le triomphe de Geniez.
Malgré un matelas de 3'22'' d'avance sur Yates, la défense du maillot rouge s'annonce bien compliquée pour Herrada. La montagne est au programme des trois prochains jours. Vendredi, le peloton arrive au sommet de la Camperona. L'Espagnol tiendra-t-il bon sur ses pentes à 19 % ?L'Espagnol déjà classé (deux fois) 9e d'un Tour de Romandie. Mais il ne compte aucune référence en Grand Tour. Cela pourrait vite changer.
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