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Quintana a attaqué et il a gagné !

Quintana a attaqué et il a gagné !

Le 25/08/2019 à 17:39Mis à jour Le 25/08/2019 à 18:31

TOUR D'ESPAGNE - Nairo Quintana a remporté la deuxième étape de la Vuleta, courue entre Benidrom et Calp (193 kilomètres). Le Colombien de la Movistar a attaqué à trois kilomètres de l'arrivée et il est allé au bout. Deuxième de l'étape, Nicolas Roche prend les commandes de la course pour deux secondes d'avance sur le vainqueur de l'étape du jour.

La vérité d'un jour n'est jamais celle du lendemain. Un dicton qui a pris tout son sens ce dimanche sur les routes du 74e Tour d'Espagne. Alors que les sprinteurs, ou au pire les puncheurs, étaient attendus à l'arrivée de cette deuxième étape à Calpe, ce sont finalement les favoris qui ont animé la course ! Et à ce jeu-là, aussi improbable que cela puisse paraître, c'est Nairo Quintana (Movistar) qui s'est imposé en solitaire après avoir lâché à trois kilomètres du terme Nicolas Roche (2e), nouveau leader, et Primoz Roglic (3e). Impressionnante hier sur le chrono par équipe, Astana a tout gâché aujourd'hui.

Décidément, la Vuelta est une course hors du commun. Si elle souffre souvent de la comparaison à avec le Tour ou le Giro à cause d’un plateau moins relevé, elle n’a strictement rien à envier à ses deux grandes sœurs en terme de spectacle. Au contraire, aujourd’hui, on a assisté à une véritable masterclass de vélo ! Alors que tout le monde s’attendait à la victoire d’un sprinteur costaud ou au pire d’un puncheur comme Thomas De Gendt ou Philippe Gilbert, les cadors en avaient décidé autrement. Après avoir repris le dernier fuyard du jour, Sander Armée (Lotto – Soudal), à 31km de l’arrivée, le peloton a rapidement explosé de toutes parts, notamment dans l’ultime difficulté du jour. L’Alto Puig Llorenca, une petite bosse de 3 kilomètres à 9,5% de moyenne avec ses terribles 500 derniers mètres à plus de 14%.

Primoz Roglic l’orgueilleux

Pierre Latour (AG2R la Mondiale), à plusieurs reprises, puis le champion du monde, Alejandro Valverde (Movistar), ont été les deux hommes les plus entreprenants dans les dernières pentes de la journée. Des accélérations qui ont écrémé le nouveau groupe de tête exclusivement composé de favoris pour la victoire finale. Exit Jakob Fuglsang (Astana) et Steven Kruijswijk (Jumbo-Visma), c’est donc son coéquipier et leader, Primoz Roglic, qui a semé la zizanie. Profitant d’un mauvais placement de Miguel Angel Lopez et des coureurs d’Astana, le Slovène a mis un sacré coup de pédale à 20 kilomètres du terme, sur le plat. Suffisant pour lâcher les vainqueurs d’hier et seuls Nairo Quintana (Movistar), Rigoberto Uran (EF Education First), Fabio Aru (UAE Emirates) et enfin Nicolas Roche (Sunweb) ont pu prendre sa roue.

Il était donc lancé pour 20 kilomètres à toute vitesse. Une sorte de chrono individuel, sauf qu’il n’était pas seul. Roglic et ses compagnons de tête ont parfaitement su s’entendre pour faire grimper l’avance qu’ils avaient sur le maillot rouge, en perdition et retrouvé seul après que ses coéquipiers eurent été piégés puis relégués dans un troisième groupe à plus d’1’30’’. 15 secondes, 25 secondes puis à l’arrivée, après avoir vu l’attaque à trois kilomètres de Nairo Quintana, Miguel Angel Lopez a concédé 37 secondes de débours sur son compatriote qui lui, tout feu tout flamme, en a profité pour signer sa 3e victoire en carrière sur la Vuelta.

Après avoir survolé ou presque le chrono par équipe de samedi, Astana s’est littéralement sabordé. Outre le fait que Lopez n’a pas flairé le bon coup au moment de l’attaque de Roglic, c’est collectivement, surtout, que la formation a montré ses limites ce dimanche. Fuglsang lâché très tôt et aucun autre coéquipier capable de prendre la roue du Slovène, voilà comment, en seulement deux étapes, le Tour d’Espagne nous a rappelé qu’un Grand Tour était plus imprévisible que n’importe quelle autre course.

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