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Si Roglic a fait le plus dur, une bataille à trois se dessine pour le podium

Si Roglic a fait le plus dur, une bataille à trois se dessine pour le podium

Le 10/09/2019 à 11:48Mis à jour Le 10/09/2019 à 12:00

TOUR D'ESPAGNE - Si avec 2'48'' d'avance sur Alejandro Valverde, Primoz Roglic semble avoir fait le plus dur, derrière lui la bataille pour le podium va concerner trois coureurs : Alejandro Valverde donc mais aussi Tadej Pogacar et Miguel Angel Lopez.

Alejandro Valverde

  • Sa situation

2e du classement général à 2'48'' de Roglic

  • Pourquoi il peut le faire

Qui de mieux placé qu'Alejandro Valverde pour figurer sur le podium dimanche à Madrid ? Personne. C'est bête et mathématique. Avec 54 secondes d'avance sur Tadej Pogacar et 1'11'' sur Miguel Angel Lopez, le champion du monde a les cartes en main.

Depuis le départ de Torrevieja, Valverde n'a jamais été pris en défaut ou presque. Tadej Pogacar lui a repris du temps deux fois, à Los Machucos et Cortals d'Encamp (1'15'' au total), alors que Miguel Angel Lopez ne l'a fait qu'à une seule reprise, à Javalambre (12 secondes). Surtout, Valverde possède une expérience et une connaissance de la Vuelta sans commune mesure avec ses adversaires (13 participations, 12 fois à Madrid, une seule hors du top 10). Il y a peu de chances qu'il se fasse piéger dans une étape de transition ou qu'il soit victime d'un scénario inattendu.

  • Pourquoi on a le droit de douter

Parce qu'Alejandro Valverde a 39 ans, qu'il n'a plus terminé sur le podium d'un Grand Tour depuis 2016 et parce qu'il a précisément craqué dans la même situation en 2018. Deuxième avant la 20e étape en Andorre, il avait lâché trois minutes pour finir finalement 5e. Pour trouver la trace d'un Valverde volant en 3e semaine d'un Grand Tour, il faut remonter à 2016 (Tour et Giro), même si on notera sa belle 2e place à Val-Thorens, à la veille de l'arrivée à Paris, en juillet dernier. Ce lundi, sur les pentes régulières de La Cubilla, il a montré des vrais signes de faiblesse quand Lopez a attaqué. Heureusement pour lui que Marc Soler était là, même s'il lui était parfois compliqué de tenir la roue de son coéquipier.

Alejandro Valverde

Alejandro ValverdeEurosport

Tadej Pogacar

  • Sa situation

3e à 54 secondes de Valverde

  • Pourquoi il peut le faire

Car il nous surprend tous les jours ! D'abord discret, Tadej Pogacar a attendu l'enchaînement montagne en Andorre et contre-la-montre pour affirmer ses ambitions. Sa double victoire d'étapes, une première sur un Grand Tour à son âge (20 ans) depuis Moreno Argentin (Giro 1981) a prouvé sa force en montagne. Depuis Cortals d'Encamp, il a toujours fini parmi les meilleurs en montagne et parfois mieux, comme à Los Machucos.

Lundi vers La Cubilla, il n'a pas tremblé pour répondre à l'attaque de Miguel Angel Lopez. Avec seulement deux étapes de montagne restantes, Pogacar a quasiment fait le plus dur. Sur la forme du moment, on aurait même tendance à dire qu'il est le plus fort du trio.

  • Pourquoi on a le droit de douter

Tadej Pogacar n'a que 20 ans. Son extrême précocité l'inscrit dans la nouvelle vague du cyclisme avec les Egan Bernal et Remco Evenepoel. Mais il ne faut pas oublier qu'il découvre les Grands Tours à l'occasion de cette Vuelta 2019. Jusqu'ici, il n'avait jamais disputé de courses de plus d'une semaine chez les pros (Tour de Slovénie et de Californie). Rien à voir avec le niveau d'un Grand Tour. L'interrogation réside donc dans la capacité du plus jeune coureur de la Vuelta à récupérer encore et encore d'autant plus que son équipe est plutôt faible. Pogacar devra donc se débrouiller comme un grand pour conserver son podium.

Tadej Pogacar

Tadej PogacarGetty Images

Miguel Angel Lopez

  • Sa situation

4e à 1'11'' de Valverde et à 17 secondes de Pogacar

  • Pourquoi il peut le faire

Parce que comme Valverde, il l'a déjà fait. En 2018, il avait terminé aux troisièmes places du Giro et de la Vuelta. La troisième semaine ne lui fait pas peur. En effet, il a construit ses deux podiums dans le dernier tiers de la course l'année dernière (il était 5e du Giro et 4e de la Vuelta à une semaine de la fin).

Ce lundi à La Cubilla, "Superman" a d'ailleurs montré qu'il avait retrouvé une partie de ses pouvoirs. C'est lui qui a demandé à ses hommes de rouler pour faire craquer Nairo Quintana. Et c'est encore lui qui a attaqué pour faire céder Valverde. Surtout la Vuelta en a terminé avec les terribles pourcentages, là où il souffre la comparaison avec ses deux ultimes adversaires. L'étape de jeudi, et son enchaînement de quatre cols, va lui aller comme un gant.

  • Pourquoi on a le droit de douter

Ce n'est pas parce que Lopez a été bon sur La Cubilla qu'il a retrouvé ses meilleures jambes. Il était mieux, indéniablement mais pas encore aérien. Problème, il doit reprendre beaucoup de temps à Valverde et un peu moins à Pogacar, s'il veut espérer monter sur son troisième podium en Grand Tour.

Taxé d'attentiste à de nombreuses reprises, Lopez n'a pas le choix, il doit se lancer à l'offensive s'il veut monter d'une ou deux places, quitte à tout perdre. Alors que Roglic file vers le sacre, sauf catastrophe ou défaillance majeure, Valverde va défendre sa position et a l'avantage de pouvoir glaner une belle bonification dans un groupe réduit dans cette dernière semaine. La tâche de Lopez s'annonce compliquée.

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