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Un podium et sept Français dans le top 30 : le chrono de Pau a souri aux Bleus comme rarement
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Publié 04/09/2019 à 09:09 GMT+2
TOUR D'ESPAGNE - Les Bleus ont signé un joli tir groupé lors du chrono de Pau, mardi, lors de la 10e étape. Une rareté. Avant la 3e place signée Rémi Cavagna, seul Sylvain Chavanel avait déjà décroché un podium sur le chrono d'une Vuelta depuis le début du siècle. De beaux motifs de satisfaction alors que le contre-la-montre reste le point faible du cyclisme français.
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Décidément, les chronos de Pau réussissent très bien aux Français. Le 19 juillet dernier, sur un parcours de 27km qui partait et arrivait dans la capitale du Béarn, Julian Alaphilippe s'était imposé, le maillot jaune sur le dos, et Thibaut Pinot avait pris une probante 7e place qui le replaçait dans la course au général. Le succès du Montluçonnais marquait l'histoire puisqu'aucun Français ne s'était imposé sur un chrono du Tour de France depuis Jean-François Bernard en 1987. Une vraie révolution… Dont se sont peut-être inspirés les Tricolores, mardi.
Un mois et 15 jours plus tard, Pau a de nouveau accueilli l'arrivée d'un chrono de grand tour, pour le compte de la Vuelta, avec un départ de Jurançon. Si les Bleus n'ont pas ramené la victoire cette fois-ci, ils ont réalisé un authentique exploit.... d'ordre collectif. En plaçant sept représentants dans le top 30, la France est la nation la plus représentée dans le haut du classement. Et de manière assez nette (quatre coureurs pour l'Espagne, trois pour la Colombie, deux pour la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, la Belgique et la Slovénie).
Du jamais vu sur la Vuelta au XXI
Sept Français dans le top 30 d'un chrono. C'est du jamais vu sur la Vuelta au XXIe siècle. Et en grand tour, seul le chrono de Grenoble, en 2011, sur le Tour de France, fait mieux (8 dans les 30). Mais sur la Grande Boucle, le contingent français est toujours bien représenté, ce qui n'est pas franchement le cas sur la Vuelta (17 engagés cette année). Le tir groupé réalisé mardi est donc tout à fait exceptionnel.
| Place (et temps concédé au vainqueur) | Nom | Equipe | Age |
| 3e (à 27'') | Rémi Cavagna | Deceuninck-Step Step | 24 |
| 6e (à 1'14'') | Pierre Latour | AG2R La Mondiale | 25 |
| 12e (à 1'36'') | Bruno Armirail | Groupama-FDJ | 25 |
| 16e (à 2'06'') | Benjamin Thomas | Groupama-FDJ | 23 |
| 25e (à 2'57'') | Romain Seigle | Groupama-FDJ | 24 |
| 26e (à 3'04'') | Dorian Godon | AG2R La Mondiale | 23 |
| 29e (à 3'09'') | Stéphane Rossetto | Cofidis | 32 |
Pour ce faire, elle n'a même pas eu besoin de s'appuyer sur les locomotives habituelles que sont Julian Alaphilippe, Thibaut Pinot et Alexis Gougeard, tous absents du Tour d'Espagne. Le constat est d'autant plus séduisant que la moyenne d'âge des sept hommes est à peine supérieure à 25 ans. Et quand on exclut le "doyen", Stéphane Rossetto, elle tombe à 24 ans. C'est particulièrement jeune. Trois d'entre eux disputaient leur premier chrono en grand tour (Bruno Armirail, Romain Seigle et Dorian Godon). L'un a été victime d'une chute qui lui a fait perdre "entre 30 et 40 secondes" (Godon), et un autre s'est déclaré "malade" (Rossetto).
Cavagna, onze ans après Chavanel
La 3e place de Rémi Cavagna est une vraie rareté. Depuis le début du siècle, seul Sylvain Chavanel avait déjà signé un podium sur un chrono de la Vuelta. Le Poitevin s'était classé 2e à Ciudad Real, en 2008, à 12 secondes de Levi Leipheimer. Sinon, rien. Nada. Au bilan des trois Grands Tours, seulement deux autres Français ont déjà été auteurs d'un podium en chrono depuis 19 ans (Moreau s'était imposé sur un prologue, et non sur un contre-la-montre lors du Tour 2001). Le premier l'a acquis sur tapis vert. Et sur un chrono en côte. Il s'agit de John Gadret, 3e à Plan de Corones, sur le Giro 2010 derrière Stefano Garzelli et Cadel Evans. L'autre est beaucoup plus récent. On parle bien sûr de Julian Alaphilippe. Et de sa victoire lors du Tour, le 19 juillet dernier.
Cela donne ainsi ce constat : la France, qui n'avait signé que deux podiums en chrono sur les Grands Tours, lors des deux dernières décennies, en a récolté deux nouveaux, coup sur coup, en l'espace d'un mois et demi. Et à chaque fois à Pau, grâce à des coureurs de Deceuninck-Quick Step. Ainsi, les deux derniers chronos en Grand Tour ont vu des Français s'installer sur le podium. Série en cours.
Bien sûr, on ne va pas vous vendre que la France est en train de redevenir une nation de premier plan en contre-la-montre. Elle en est encore bien loin. Le chrono n'est pas dans sa culture. Et si elle essaye d'y remédier, notamment en augmentant le nombre d'épreuves chronométrées chez les juniors (la catégorie des 17-18 ans), il reste encore beaucoup à faire. Peut-être faut-il simplement interpréter ce "sursaut" comme une conséquence logique de la hausse du niveau global du cyclisme français. Meilleur dans tous les domaines, année après année, il finit par le devenir, aussi, dans sa discipline la plus faible.
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