Finalement, il n'y aura que le Tour de France qui n'aura pas souri à la Groupama-FDJ cette saison. Marc Madiot doit le regretter, mais la démonstration d'Arnaud Démare sur le Giro et l'avènement de David Gaudu sur la Vuelta sont de nature à lui mettre du baume au coeur. Le grimpeur breton s'est hissé à la hauteur de son leader, Thibaut Pinot, en décrochant deux succès sur un même Tour d'Espagne. Rien que ça.

David Gaudu a remis ça : Sa victoire à la Covatilla

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07/11/2020 À 16:11

Lagos de Covadonga et Andorre pour le plus âgé en 2018, Lagos de Somiedo et La Covatilla pour le cadet, David Gaudu marche sur les pas de Pinot, qui était venu sur la Vuelta 2018 pour retrouver le sourire après une fin en eau de boudin sur le Giro quelques mois plus tôt. Le Breton aussi avait une revanche à prendre après un Tour gâché par la chute de Nice. Elle s'achève avec deux succès donc, mais aussi une 8e place finale, deux rang de moins que Pinot, 6e en 2018. "Deux victoires d'étapes et le top 10, la Vuelta est plus que réussie. On va pouvoir partir en vacances sereinement", sourit Gaudu.

Bruno Armirail, passeur décisif magnifique

Comme vers les lacs de Somiedo, la tactique Groupama-FDJ a ressemblé à du tableau noir avec Bruno Armirail en passeur décisif et David Gaudu à la conclusion. "'Ils ont vraiment assuré. C'était du beau vélo, savoure Philippe Mauduit, le directeur sportif. Ils ont attendu pour vraiment rouler, quand on a senti qu'il fallait enfoncer le clou pour garder la distance avec le peloton. Bruno a été exceptionnel. Il a passé des relais pendant 120 bornes, c'est magique et la conclusion de David est belle aussi."

Gaudu : "Un champion ? C'est encore trop tôt pour le dire"

Gaudu, pas ingrat pour un sou, a réservé sa première réponse à son ange gardien : "Il a été énorme, fait un travail indescriptible. Il est d'un des meilleurs équipiers au monde dans ce rôle-là, à savoir rouler, grimper et même descendre". Tout simplement, le meilleur selon Gaudu donc. Qu'en pense l'intéressé ? "J'ai tout donné pour lui, se borne-t-il à répéter. Se retrouver tous les deux devant, c'est super".

Et dans l'ascension vers La Covatilla, David Gaudu a joué sur du velours même s'il se refuse à le dire : "Maîtriser, c'est un grand mot dans un final comme ça avec des pentes très difficiles". Le Français n'a pas paniqué quand Izagirre, Mäder et Donovan ont pris 40 secondes d'avance. Il a attaqué quand il a voulu, lâché un à un ses adversaires et été assez lucide pour faire le bon choix en revenant sur la tête. "J'ai essayé de rentrer le plus vite que je pouvais pour essayer de les mettre dans le vent de face et qu'on soit à armes égales, qu'ils ne puissent pas récupérer", remet-il.

Mauduit : "Du beau vélo, comme on l'aime"

Un champion ? Trop tôt pour le dire

Dès l'arrivée en bus au départ, David Gaudu s'était visualisé dans cette situation, preuve de sa confiance actuelle. "J'ai repensé à Wellens qui a gagné deux étapes, à Ben King l'an dernier. Thibaut l'avait fait aussi la dernière fois qu'il est venu. Je me suis dit : 'pourquoi pas moi ?'", relate-t-il, assurant qu'il avait couru "à l'instinct".

Ce double succès le place inévitablement dans une autre dimension. Le génial équipier de Pinot sur le Tour 2019 n'est pas bien loin, mais il a le droit de nourrir de nouvelles ambitions. Il en a le devoir, même. "Si je suis un champion ? C'est encore un peu trop tôt pour le dire", calme-t-il. Trop tôt peut-être en effet pour le dire, pas forcément pour l'envisager.

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