Ineos-Grenadiers peut s’en vouloir. La formation de Richard Carapaz a longtemps roulé durant la 16e étape, ce vendredi, contribuant à condamner les chances de victoire de l’échappée, au sein de laquelle Rémi Cavagna a été le dernier à capituler. Et qui en a profité ? Primoz Roglic, leader de la course. Le Slovène de la Jumbo-Visma a glané 6 secondes par rapport à son dauphin équatorien en prenant la 2e place de l’étape. Magnus Cort Nielsen (EF Pro Cycling) a quant à lui décroché le bouquet du jour à Ciudad Rodrigo.

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Primoz Roglic compte ainsi 45 secondes de marge sur Richard Carapaz et 53 secondes sur Hugh Carthy - coéquipier de Cort Nielsen -, à la veille de l’explication finale à l’Alto de la Covatilla. Le tenant du titre est parvenu à augmenter sa marge sur ses rivaux en sautant Rui Costa (UAE Emirates, 3e de l’étape) sur la ligne, à l’issue d’un sprint lancé de loin par Alejandro Valverde (5e juste devant Carapaz), dont l’équipe Movistar a été la plus entreprenante dans le final.

La formation espagnole a pris la chasse à son compte, derrière Robert Stannard (Mitchelton-Sott) et Rémi Cavagna (Deceuninck-Quick Step), quand ceux-ci ont basculé au sommet du dernier col du jour, à 35 bornes de l’arrivée, avec 25 secondes d’avance sur un peloton amaigri. Mais si la Movistar a succombé à la tentation d’offrir à Valverde l’opportunité de décrocher un premier succès cette saison, c’est parce qu'Ineos-Grenadiers avait ramené l’échappée à portée de fusil du groupe maillot rouge.

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Et Ineos a pris les choses en main…

En effet, à 71 kilomètres du but, l’échappée nourrissait de grands espoirs de succès. Elle comptait cinq et non plus six coureurs, mais surtout 4'40" de marge sur un peloton au sein duquel les équipes de sprinteurs ne pouvaient pas rouler à fond, au risque de larguer leurs bolides. C’est alors que la formation de Carapaz a pris les choses en main, par l’intermédiaire de Chris Froome, au pinacle de la première ascension répertoriée du jour, puis par le biais d’Andrey Amador dans la descente.

On pouvait alors penser qu'Ineos-Grenadiers testait Roglic and co. mais s’assurait surtout de ne pas subir une cassure. Sauf que Dylan van Baarle a poursuivi l’entreprise d’écrémage dans la plaine puis dans la principale ascension du jour, sur ce parcours de 162 kilomètres seulement relativement sélectif. Difficile d’imaginer un candidat au sacre craquer, au train, dans ce contexte. En revanche, pour l’échappée, cela n’a pas été sans effet, puisque l’avance des fuyards a donc fondu.

Richard Carapaz of Ecuador and Team INEOS - Grenadiers Green Points Jersey / Primoz Roglic of Slovenia and Team Jumbo - Visma Red Leader Jersey / during the 75th Tour of Spain 2020, Stage 16 a 162km stage from Salamanca to Ciudad Rodrigo / la vuelta

Crédit: Getty Images

Cavagna n’a pas refait le coup de Tolède

Deux hommes ont alors fait preuve d’une grande pugnacité : Stannard et Cavagna. Nettement plus forts que Angel Madrazo - dernier représentant d’un trio de Burgos-BH - et Kobe Goossens (Lotto-Soudal), ils ont longtemps résisté, avec une dizaine de secondes d’avance sur le peloton. Puis le champion de France du chrono a déposé son jeune compagnon d’escapade australien (22 ans), à 17 kilomètres d’un improbable succès.

Rémi Cavagna a alors lâché les chevaux, dans un solo ressemblant à celui qui lui avait permis de remporter la 19e étape du Tour d’Espagne l’an passé, à Tolède. Mais cette fois, il a fini par céder, la Mitchelton-Scott d’un Stannard rentré dans le rang se mettant à collaborer avec la Movistar, pour Dion Smith (4e). Le "TGV de Clermont" a été repris sous la banderole des deux bornes. Lui aussi, peut remercier Ineos-Grenadiers. Mais ironiquement, au contraire de Roglic.

Rémi Cavagna (Deceuninck-Quick Step) / Tour d'Espagne 2020

Crédit: Getty Images

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