On ne s'ennuie pas sur la Vuelta. Bien souvent, le troisième grand tour de la saison, au calendrier mais aussi hiérarchiquement, offre une course plus débridée que le cadenassé Tour de France. Ceux qui veulent sauver leur saison y rencontrent des coureurs pour qui la Vuelta était un vrai objectif dans un joli feu d'artifice d'ambitions. L'édition 2020 ne déroge pas à la règle mais si elle suit le chemin de ses devancières dans le spectacle, elle semble vouloir aller plus loin. Et le départ difficile au Pays Basque n'est pas la seule raison.

"Les courses, on les vit au jour le jour. On ne sait pas ce qu'il va se passer et c'est aussi pour ça qu'on voit une course agressive, débridée. Les leaders ne savent pas si ça va aller jusqu'au bout. On ne peut pas se permettre d'attendre la dernière semaine pour mettre les cartes sur la table". Ces mots sont de Kenny Elissonde, habitué du Tour d'Espagne (5e participation). Comme depuis la reprise, particulièrement évidemment depuis quelques semaines, le Covid-19 rôde autour du peloton. Sur le dernier Giro, Simon Yates, Michael Matthews ou Fernando Gaviria ont dû se retirer car touchés par la pandémie.

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27/10/2020 À 10:39
La Vuelta peut s'arrêter du jour au lendemain

"Les leaders jouent la victoire d'étape à cause de la situation sanitaire", pointait David Gaudu au matin de la cinquième étape. Les trois premières ont échoué dans l'escarcelle d'un prétendant au podium (Roglic, Soler et D. Martin) avant que Wellens et Izagirre puissent profiter d'une échappée pour s'imposer samedi et dimanche. "La Vuelta peut s'arrêter du jour au lendemain pour un coureur, une équipe ou tout le peloton. Les leaders veulent profiter de leur forme pour gagner une étape sur la dernière course de la saison", poursuit le grimpeur français.

Avec une deuxième vague qui gagne du terrain partout en Europe, le Tour d'Espagne est victime de son positionnement. Déjà pas gâté par la météo - les conditions étaient dantesques dimanche notamment -, les coureurs vivent en plus avec la crainte d'une course qui pourrait s'arrêter bien avant le 8 novembre, date prévue pour l'arrivée à Madrid. En ce sens rien d'étonnant à voir des scénarios plus ouverts et des leaders qui se font la guerre tous les jours.

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Ces derniers jours, l'Espagne a durci les mesures pour tenter de freiner la propagation du virus. Le gouvernement a ainsi décrété un couvre-feu de 23h à 6h du matin partout dans le pays. Les régions peuvent aller plus loin dans les mesures et pour l'instant elles décident de le faire plutôt… après le passage du peloton.

"Je suis optimiste sur le fait qu'aucune région n'interdira le passage de la Vuelta, assure Javier Guillén, le patron de la course, qui a déjà dû trouver un itinéraire bis après le refus de la France de voir le peloton arriver au Tourmalet dimanche. A ce moment précis, je ne vois aucune restriction qui pourrait affecter le passage de la Vuelta. Ceci dit, il faudra se tenir à jour des derniers événements".

Le règlement ne prévoit rien

Que se passerait-il si l'arrêt de la Vuelta était décrété, sans doute par le gouvernement espagnol ? Sportivement, difficile de le savoir car ni les règlements de l'UCI ni celui propre au Tour d'Espagne ne prévoient de dispositions en cas d'arrêt prématurée. Le leader du classement général serait-il déclaré vainqueur ? Faudrait-il que la course soit assez avancée pour qu'un vainqueur puisse être déclarée ? Nul ne le sait.

Le règlement du dernier Tour de France, stipulait que "le classement général individuel au temps [était établi] par l’addition des temps réalisés par chaque coureur dans les 21 étapes". Cette précision des 21 étapes n'apparaît pas dans le règlement de la Vuelta. Coïncidence ou principe de précaution ?

En février, Simon Yates avait été déclaré vainqueur après la cinquième des sept étapes prévues sur l'UAE Tour, première compétition sportive touchée par celui que l'on n'appelait pas encore Covid-19. Cinq étapes sur sept, soit 71%. Pour atteindre ce total, la Vuelta devra au moins aller jusqu'à la 13e étape (sur 18), soit le mardi 3 novembre, et visiter la province d'Alava, la Rioja, la Castille-et-Leon, la Cantabrie, les Asturies et enfin la Galice. Bref, il y a encore du chemin et d'ici-là les coureurs auront à cœur de continuer à nous enthousiasmer.

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