Vuelta 2021- Jumbo et Ineos à la peine, Movistar qui brille : Et si les grosses équipes n’étaient pas celles attendues ?

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VUELTA – Au terme de la 3e étape et de la première arrivée au sommet à Picon Blanco, difficile encore d’établir une hiérarchie entre les favoris, même si l’une des cartes d’INEOS semble déjà ne plus en faire partie. En revanche, deux équipes ont fortement impressionné dans le premier col de ce Tour d’Espagne, la Movistar et la Bahrain-Victorious. Alors que la Jumbo-Visma a elle inquiété.

Enric Mas en el final de la 3ª etapa de la Vuelta a España 2021

Crédit: Getty Images

Le Tour d’Espagne a l’habitude de sortir des sentiers battus, que ce soit en termes de parcours - avec des arrivées inédites et parfois (souvent) improbables - mais aussi de scénarios (la dernière semaine en 2019) mais, en règle générale, les patrons de la Vuelta sont toujours les mêmes équipes. Véritables armadas sur le papier, Jumbo-Visma et INEOS Grenadiers semblaient un ton au-dessus des autres avant le départ. Roglic pouvait compter sur un collectif impressionnant avec Kuss, Kruijswijk, Gesink, Oomen ou encore Bouwman et Hofstede alors que la formation britannique avait quatre leaders potentiels avec Bernal, Yates, Carapaz voire Sivakov. Mais cette impression a sérieusement pris du plomb dans l’aile vers Picon Blanco.

On y voit plus clair chez INEOS

A commencer par les INEOS Grenadiers, dont la hiérarchie semble de plus en plus claire. Des quatre possibles leaders, ils ne sont que deux à avoir fini avec les favoris ce lundi puisque Adam Yates et Egan Bernal ont suivi l’allure sans souci. En revanche, ça fait grise mine derrière. On a très vite perdu Pidcock, Narvaez et Van Baarle et on s’est retrouvé entre leaders, sans soutien. Et ça a fini par coûter cher à Richard Carapaz. Distancé une première fois, le champion olympique a recollé avant de céder sur l’accélération des Movistar dans le final pour concéder une minute aux favoris. C’est beaucoup. Beaucoup moins toutefois que Pavel Sivakov, complètement à la rue dans l’ascension finale (4'38'' perdues sur Roglic). Et, pourtant, le Franco-Russe a presque fini avec les meilleurs équipiers du porteur du maillot rouge. Alors qu’elle nous avait habitué depuis deux ans désormais à imposer sa loi en montagne, et particulièrement sur la Vuelta dont elle est double tenante du titre avec Roglic, la Jumbo-Visma n’a jamais semblé dans le ton ce lundi.
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Carapaz et Bardet n'ont pas dompté le Picon Blanco, Taaramaë oui : Le résumé de la 3e étape

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Avec le maillot de leader sur les épaules de son leader slovène, elle a "assumé" la course en tête de peloton toute la journée, certes, mais sans s’épuiser puisque c’est le seul Robert Gesink qui a toujours roulé, sans chercher à revenir. "C’était évident de voir que nous ne nous préoccupions pas de perdre le maillot, avouait Roglic après l’arrivée. On a un peu roulé, les gars ont fait un beau travail mais Rein (Taaramae) était le plus fort. C’est bien pour nous de le perdre." Ce qui l’était moins, c’est que Roglic se soit très vite retrouvé tout seul, sans équipier dès la mi-pente après les défaillances des grimpeurs de la Jumbo-Visma, Kuss en tête. Lui qui est capable de faire exploser les meilleurs dans un bon jour n’était pas un de ceux-là. Il n’y a pas lieu de s’affoler, Roglic n’a pas perdu de temps et la vérité d’un jour n’est pas forcément celle des suivants. Mais l’équipe qui fait peur, aujourd’hui, n’est ni Jumbo-Visma, ni INEOS Grenadiers : c’est la Movistar.

Valverde, lieutenant de luxe d’exception

Venue sur la Vuelta avec sa plus forte armada possible à l’exception de Soler, la formation espagnole aura elle parfaitement réussi sa journée. INEOS a perdu deux de ses quatre leaders ? Movistar peut encore compter sur ses trois leaders, tous dans le top 7 du général. Jumbo-Visma a semblé incapable de soutenir Roglic ? Valverde s’est sacrifié à merveille pour tout faire exploser et lancer Mas dans le dernier kilomètre, après que Verona ait protégé ses leaders toute l’ascension. Souvent critiqué pour ses stratégies audacieuses mais parfois critiquables, la Movistar a cette fois couru à la perfection et semble avoir retrouvé une cohésion et une forme qui lui manquait cette saison.
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Durand : "Les Movistar ont couru à la perfection"

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Cette Movistar-là, juste, conquérante et surtout impressionnante à l’image d’un Valverde qui "caressait les pédales" pour reprendre les dires de notre consultant Jacky Durand et qui aura fait exploser Bardet, Vlasov ou Carthy à lui seul, c’est la Movistar qu’on attend depuis la Vuelta 2019, le dernier podium en Grand Tour de la formation espagnole. C’est la Movistar qui peut espérer gagner ce Tour d’Espagne, grâce à sa force collective. Là encore, ce n’était qu’une seule étape et cette domination demandera confirmation mais la plus belle impression, c’est bien elle qui l’a faite dans Picon Blanco.
Bahrain-Victorious aussi aura montré sa force collective en imprimant le tempo tout au long de l’ascension, jusqu’à l’accélération de Valverde avec les différents relais de Mäder, Poels, Caruso avant que Padun ne finisse le travail. Mais, justement, contrairement à la Movistar, la formation de Mikel Landa a été incapable finalement de durcir l’allure, de faire mal aux principaux favoris à l’exception de Carapaz. Mais elle a montré qu’elle n'hésitera pas à prendre la course à son compte, dans la continuité de ses performances depuis quatre mois. Il faudra voir ce qu’il se passera lorsque la vraie montagne arrivera dans ce Tour d’Espagne, si Jumbo-Visma et INEOS Grenadiers continuent de décevoir sur le plan collectif, mais la vérité de Picon Blanco n’était pas celle à laquelle on s’attendait. Et c’est déjà une première surprise.
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Le bonheur en solitaire : l'arrivée qui a sacré Taaramäe au sommet du Picon Blanco

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