La Vuelta – Joao Almeida (UAE Emirates) : "A ce niveau, seul Tadej Pogacar peut suivre Remco Evenepoel (Quick-Step)"

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VUELTA 2022 – L’onde de choc provoquée par Remco Evenepoel n’est pas passée inaperçue. Après consultation de son capteur de puissance, Joao Almeida (UAE Emirates) pense même que seul son équipier Tadej Pogacar aurait pu suivre le maillot rouge ce week-end. Preuve de l’impact du prodige belge sur le peloton après son coup de force. Juan Ayuso, lui, veut surtout apprendre, sans se fixer d’objectifs.

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Le choc a laissé sa place à la résignation, sentiment infusé dans l’air ibère, au puissant parfum d’acceptation de la supériorité de Remco Evenepoel (Quick-Step Alpha Vinyl) sur cette 77e édition. Interrogé sur le Belge lors du point presse en ce jour de repos, Joao Almeida (7e, + 4’32’’) a partagé sa stupéfaction devant les prouesses de son jeune rival. Assis à ses côtés, Juan Ayuso (5e, + 2’36’’) n’a pas déjugé son aîné, avouant même disputer une course différente que celle du maillot rouge, seul dans son monde.
La lumière absente, les mines déjà marquées par les efforts, le duo Almeida-Ayuso a répondu avec facilité aux questions de la presse, en n’éludant aucun sujet, même celui concernant le statut de leader. "Malgré ce qui peut se dire sur Twitter ou autre, nous sommes des équipiers, et nous avons chacun nos opportunités, a rappelé Almeida. Quoi que je puisse apprendre à Juan (Ayuso), je vais le faire, même si je suis aussi encore un jeune coureur."
Même son de cloche à sa droite : "Nous avons passé les deux derniers mois ensemble, en stage, confiait le benjamin de la Vuelta. Le vélo est juste une composante de la vie et ce n’est pas la fin du monde si tu as un mauvais jour sur le vélo." Une philosophie sans attache ni remords, à l’image du garçon, la bouille boutonneuse mais l’esprit plein de maturité.
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"Je n’ai pas pensé à un objectif en particulier avant le départ, a-t-il ajouté. Je voulais d’abord voir comment la forme répondait, histoire d’éviter d’être déçu. Mais j’ai forcément envie de gagner et avec la forme que j’ai, je vais tenter quelque chose. Je verrai au jour le jour. Être sur le podium de la Vuelta serait réaliser un rêve de gosse, qui était impensable il y a cinq ans. Il me reste encore beaucoup de Vuelta à disputer, et même si je ne finis pas sur le podium, ce ne sera pas la fin du monde.".
Au sommet de ce podium trône un certain Remco Evenepoel, véritable machine à ses débuts, dont la progression a été stoppée net par une chute spectaculaire sur le Tour de Lombardie 2020. Le Belge s’est réfugié dans le travail pour remodeler un physique encore un poil joufflu pour s’étalonner face aux meilleurs escaladeurs de la planète. Le pari est réussi, les rivaux ne peuvent que s’incliner. "En ce moment, oui je crois qu’Evenepoel est imbattable, avouait Almeida. Selon mes données, seul un Pogacar pourrait le suivre. C’est ce que j’ai ressenti ces derniers jours. C’est juste incroyable mais il reste encore deux semaines et on ne sait pas comment il sera. Aujourd’hui, il est très bien, et on peut en effet dire qu’il est quasi imbattable."
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Même s’il ne faut jamais crier victoire trop tôt, surtout avant un menu copieux servi sur les flancs andalous, Juan Ayuso ne pouvait que confirmer l’impression de son coéquipier portugais : "Pour le moment, il dispute une course différente. Mais à voir ce qu’il se passera à l’avenir." L’avenir, il ne reste plus que ça à Almeida, à la poursuite d’une forme qui ne cesse de décliner depuis un Giro quitté pour cause de Covid. Malgré ça, le rouleur se veut optimiste : "J’ai fait un bon Tour de Burgos, mais je savais que le niveau serait bien plus bas que celui de la Vuelta. Je ne me faisais pas d’illusions sur mon niveau, qui est loin de celui d’un Remco Evenepoel. Mais la course est encore longue." Elle risque de l’être à l’excès si le maillot rouge assomme la course dès mardi à Alicante.
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