Tant d'attentes, de critiques, de doutes, de douleurs… Tout ça et bien plus encore a traversé l'esprit de Remco Evenepoel sitôt la ligne d'arrivée de la 20e étape franchie. Une journée qu'il devait passer en enfer car Enric Mas et la Movistar le lui avaient promis et que l'enchaînement de cols devait le mettre en difficulté. Il n'en a rien été et ce sont bien des larmes de joie qui ont mouillé ce visage juvénile qu'il faut apprendre à connaître tant cette Vuelta qu'il a dominée, et qu'il va remporter dimanche, a semé des promesses. Mais tout ceci, il sera toujours temps d'y penser plus tard. Ne doit rester que le bonheur d'un superbe triomphe.
Avant la joie vient toujours la crainte, le doute. Remco Evenepoel n'y a pas échappé, seul dans sa chambre d'hôtel à ruminer le probable scénario de cette 20e étape. Transparent comme toujours et libéré par la tâche accomplie, le Belge l'a confié : "J'étais très stressé ce matin, peut-être que je ne l'ai pas montré mais je n'ai pas très bien dormi. Vous savez ce qui vous attend et ce fut une étape super difficile." Si Enric Mas n'a en effet pas eu les jambes pour lui faire mal, la Movistar avait tout fait pour dans un début d'étape mené grand train. Les jalons de la révolution étaient posés, ne manquait que l'assaut final.
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Mas et Movistar ont essayé, Evenepoel a résisté : le résumé de la 20e étape

Mas s'est soumis à sa supériorité

Celui-ci a été tué dans l'œuf par un Evenepoel encore une fois trop solide. De son côté, Mas n'en pouvait plus. "Les jambes ont parlé aujourd'hui, jubile-t-il. Je ne pensais même pas à l'étape, je voulais juste gagner le général. Il fallait que je suive, que je contrôle, croire en ma force." L'échange de regards qui a suivi l'attaque de l'Espagnol et le retour du Belge a eu des atours d'acte de soumission. Le gamin avait sans doute compris qu'il allait remporter le premier grand tour de sa déjà brillante carrière. "J'ai essayé de me faire plaisir, mais lors de l'avant-dernière montée, il n'y en avait pas beaucoup. Mas a tout essayé pour me lâcher, mais j'étais le seul à pouvoir le suivre", confie-t-il encore à Sporza.

Evenepoel : "J'ai montré que je pouvais répondre aux critiques avec mes jambes"

"Ma mission est accomplie. Je ne sais pas ce qu'il se passe dans ma tête et dans mon corps en ce moment mais c'est incroyable." Ce qu'Evenepoel découvre là ressemble furieusement à l'aboutissement de quelque chose. Cette Vuelta n'est pas la première grande course qu'il remporte, y compris en 2022 (Liège-Bastogne-Liège), mais trois semaines de labeur donnent à votre sueur et à votre bonheur un goût particulier. Dans le cas du Belge, il y a même autre chose.
Toutes les critiques que j'ai reçues, les mauvais commentaires…
"Toutes les critiques que j'ai reçues, les mauvais commentaires surtout l'année dernière… se souvient-il. Je crois que j'ai enfin montré que je pouvais répondre à tout le monde. Vous savez j'ai tellement travaillé pour venir ici dans la meilleure forme possible. Et maintenant, remporter cette Vuelta, c'est incroyable. Mon premier grand tour terminé, je vais le gagner…". Tout dans ces phrases renvoient à son Tour d'Italie 2021. Celui qu'il avait abordé sans préparation, ou presque, neuf mois après une terrible chute au Tour de Lombardie qui avait bien failli le laisser pour mort. Celui lors duquel il avait déçu ceux qui pensaient qu'un gamin d'à peine 21 ans pouvait revenir à la compétition sur un grand tour et le remporter.
Lui n'a pas douté, ou du moins il ne le dit pas. Il s'est fixé des objectifs clairs pour l'année 2022 : Liège-Bastogne-Liège et la Vuelta. Deux sur deux, cent pour cent, dans le mile, coup parfait. Avec un Monument à son actif et un grand tour cette saison, ce bambin de 22 ans a franchement une belle candidature à proposer pour être l'homme de la saison cycliste. Mais comme il n'est pas encore temps de se projeter sur demain, il n'est pas l'heure non plus de se retourner sur hier. Dimanche, Remco Evenepoel va remporter le Tour d'Espagne 2022. Suffit-il à son bonheur ? "Oui, c'est le plus beau jour de ma vie".
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