Une belle frayeur. Remco Evenepoel s’est fait peur ce jeudi en chutant à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée, dans un virage anodin, comme Julian Alaphilippe la veille. Mais à l’inverse du champion du monde, le Belge s’est relevé et a pu finir la 12e étape, cuissard déchiré, dans le même temps que ses principaux rivaux. Enric Mas a bien tenté de l’attaquer dans l’ascension finale de Peñas Blancas (19 km à 6,7%). Mais le maillot rouge n’a pas cillé et conserve ses 2'41'' d'avance sur Primoz Roglic et ses 3'03'' sur l’Espagnol. La victoire du jour est revenue à Richard Carapaz (INEOS Grenadiers), qui signe à 29 ans son tout premier succès sur la Vuelta. L’Equatorien s’est montré le plus fort au sein d’une échappée fleuve de 32 coureurs.
Hors du coup au général (24e jeudi matin), Carapaz ne pouvait sauver sa Vuelta qu’à l’aide d’une victoire d’étape. C’est chose faite. Le champion olympique a réussi à se glisser dans le bon coup qui s’est constitué après une quarantaine de kilomètres. Seul membre de sa formation, il a su se faire tout petit jusque dans le final. Elie Gesbert (Arkéa-Samsic) a été le premier à bouger dans l’ascension finale, attaquant une première fois à 5km du but puis la seconde une borne plus loin.
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Gesbert passe tout près, Kelderman se replace

Le Breton de 27 ans a eu le temps d’y croire, ses poursuivants tardant à revenir. Mais il a fini par être revu, à 2km du but, moment choisi par Carapaz pour placer son unique attaque, franche et décisive. Gesbert a ensuite lâché prise et s’est classé 6e à 56 secondes de l’ancien vainqueur du Giro.
Wilco Kelderman (Bora-Hansgrohe) a pris la 2e place (+9'') et signé son 136e top 10 au niveau World Tour sans aucune victoire à ce niveau-là, un record. Le Néerlandais, qui a fait rouler son équipier Matteo Fabbro durant toute la montée, peut se consoler avec un joli rapproché au général. Il grimpe de la 21e à la 6e place et se retrouve à 6'28'' d’Evenepoel et 1'35'' du top 5. Jan Polanc (UAE Emirates) fait l’autre bonne opération du jour et occupe désormais le 9e rang (+8'00'').

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Evenepoel, la chute sans frais

L’échappée du jour n’était donc pas bien dangereuse pour Evenepoel. Ses équipiers ont pu gentiment contrôler, Rémi Cavagna effectuant une bonne partie de la journée en tête de peloton. Mais tout a failli basculer dans une descente sans grand danger. Le maillot rouge a glissé dans un virage sur la gauche, réplique improbable de la scène catastrophique qui avait vu, la veille, son coéquipier Alaphilippe abandonner la Vuelta. Le Belge a pu reprendre la route, les mains égratignées (il ne portait pas de gants) et la cuisse droite ensanglantée.

Un maillot rouge à terre : Chute sans conséquence pour Evenepoel ?

Le pire était évité et la suite restait à craindre. Mais Evenepoel n’a ensuite montré aucun signe de faiblesse, alors que l’ascension finale se prêtait pourtant bien aux déconvenues. Jumbo-Visma et Movistar ont tour à tour mené le peloton pour tenter de mettre à mal le "Petit Cannibale". Mas a décoché une flèche à 6km de l’arrivée. Evenepoel a réagi au quart de tour et la partie ne s’est pas enflammée davantage. A deux bornes de l’arrivée, après une longue accélération de Carlos Rodriguez (INEOS), le leader de Quick Step a même pris les rênes et imprimé son tempo jusqu’à la ligne d’arrivée, franchie avec 7'39'' de retard sur le vainqueur du jour. Seuls Mas, Roglic et Juan Ayuso ont pu tenir sa roue. Même touché dans sa chair, Evenepoel reste inébranlable. Un rude enseignement de plus à tirer pour ses adversaires.
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