Un maillot rouge pour commencer. Et c’est tout ? Quoi qu’il advienne par la suite, cette 77e Vuelta restera un bon souvenir pour au moins un Français, Rudy Molard. Le puncheur de la Groupama-FDJ a porté le maillot rouge le temps d’une journée, lors de la 6e étape. Un bonheur court mais un bonheur quand même. Ce n’est pas tous les jours qu’on est leader d’un grand tour. Mais pour le reste, ce Tour d’Espagne est parti sur des bases bien timides. Une victoire tricolore se fait toujours attendre après 12 étapes. Pis, les Bleus n’ont ramené qu’un seul podium, l'œuvre de Rémi Cavagna sur le chrono d’Alicante (3e).
On peut nuancer ce tableau en précisant qu’il y a eu sept top 5, ce qui indique une présence aux avant-postes assez récurrente. Mais dans le détail, à aucun moment la victoire n’a semblé proche. Quand Thibaut Pinot s’est retrouvé dans la bonne échappée, lors de la 8e étape, il a rapidement été distancé par Jay Vine, injouable ce jour-là. Le seul moment où l’on y a cru, c’est peut-être ce jeudi, lorsqu’Elie Gesbert a pris quelques mètres d’avance dans Penas Blancas, avant d’être croqué par Richard Carapaz à 2 kilomètres de l’arrivée. Cela fait peu comme “moments forts” après 12 jours de course.
Les dix top 10 Français depuis le départ de la 77e Vuelta
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  • 3e étape - Breda : Coquard 4e
  • 4e étape - Laguardia : Pacher 4e, Sivakov 5e
  • 5e étape - Bilbao : Molard 5e
  • 6e étape - Pico Jano : Sivakov 6e
  • 8e étape - Collau Fancuaya : Pinot 4e
  • 9e étape - Les Praeres Naeva : Guglielmi 7e
  • 10e étape - Alicante (chrono) : Cavagna 3e, Sivakov 5e
  • 12e étape - Penas Blancas : Gesbert 6e

Orphelins de Sivakov et Alaphilippe

Et l'optimisme n'est pas de rigueur puisque le clan tricolore a perdu mercredi ses deux flèches les plus aiguisées. Seule véritable chance pour le classement général, Pavel Sivakov a été éjecté de la Vuelta suite à un test positif au Covid-19 - un coup de massue d’autant plus soudain que le coureur d’INEOS avait signé la veille le meilleur chrono de sa carrière. Et quelques heures plus tard, Julian Alaphilippe a abandonné sur chute, tombant tout seul dans un virage qui n’avait l’air de rien. Le champion du monde évoluait certes dans un rôle d’équipier auprès de Remco Evenepoel. Mais sa forme semblait grandissante et son leader lui aurait peut-être laissé sa chance, un jour ou l’autre, en guise de remerciement pour le travail effectué. Ces deux-là, Sivakov et Alaf’, semblaient les plus à même de débloquer le compteur bleu. Alors, qui pour endosser le costume du sauveur ?

Une énième chute : Le moment où Alaphilippe a dit adieu à la Vuelta

Avant les neuf dernières étapes, il reste 17 Français dans le peloton. Chez AG2R Citroën, ce n’est pas la grande forme. Clément Champoussin, vainqueur l’an dernier de la 20e étape - sa seule victoire à ce jour - était présent dans l’échappée jeudi mais il a rapidement explosé dans l’ascension finale. Nans Peters a l’étoffe du héros. Mais l’Isérois semble loin de tenir la forme qui lui avait permis de s’imposer sur le Giro et le Tour. Au sein de Cofidis, Bryan Coquard s’est classé 4e à Breda mais n’a ensuite jamais été dans le coup sur les rares sprints massifs disputés - il devrait en rester 2 ou 3. Surtout, "le Coq" n’a encore jamais levé les bras au niveau World Tour. Difficile de l'imaginer le faire d’ici Madrid.

Bryan Coquard attend son heure sur la Vuelta 2022

Crédit: Getty Images

Treize grands tours consécutifs avec (au moins) une victoire française

Du côté d’Arkéa-Samsic, Elie Gesbert semble la meilleure carte et n’est d’ailleurs pas passé loin d’un gros coup jeudi. Dédié à contrôler les échappés, Rémi Cavagna avait fait un numéro en 2019 vers Tolède pour s’imposer en solitaire. Mais il ne devrait pas avoir de bon de sortie cette fois, son rôle chez Quick Step étant de contrôler les échappés. Julien Bernard et Kenny Elissonde ont eux aussi beaucoup travaillé pour les autres chez Trek-Segafredo. Et à la pédale, s'ils parviennent à prendre une échappée, pas sûr qu’ils aient la force pour s’imposer. Enfin, il reste les quatre coureurs de Groupama-FDJ, Bruno Armirail, Quentin Pacher, Rudy Molard et Thibaut Pinot. Ils ont tour à tour montré de belles choses depuis le départ. Mais pas suffisamment pour pouvoir lever les bras au milieu des costauds. Leur salut passera par une échappée. Encore faut-il pouvoir les intégrer, chose manquée ce jeudi alors que le groupe était composé de 32 unités.
Mais ne désespérons pas tout de suite. L’an passé, il avait fallu attendre la 13e étape pour voir la première victoire française, remportée par Florian Sénéchal. Deux autres avaient suivi, via Romain Bardet (14e) et Clément Champoussin (20e). Il y a donc encore (largement) le temps de sauver la Vuelta. Sinon, il s’agira du premier grand tour "fanny" depuis le Giro 2018. La fin d’une série de 13 "GT" consécutifs avec au moins une victoire française.
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