Existe-t-il quelque chose dans tout ce que peut proposer de varié le cyclisme que la Jumbo-Visma ne sache pas faire ? Avec Wout van Aert en son sein, elle répond assez facilement à cette question par la négative. Et sans lui alors ? Que vaut l'équipe de la Vuelta alors même que le Belge, Vingegaard, Benoot, Laporte ou Kruijswijk n'en sont pas ? Tout va bien, merci pour elle et si la concurrence en doutait, elle a obtenu pour toute forme de réponse une sacrée claque en ouverture de la Vuelta. Sur les grands tours, Jumbo-Visma joue sur du velours depuis bientôt deux mois.

Impressionnante, la Jumbo Visma écrase le contre-la-montre par équipe : l'arrivée en vidéo

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Le souvenir de 2019 évacué

Voir un contre-la-montre par équipes sur un grand tour avait un goût d'original. Il fallait remonter à 2019 pour en voir deux, un sur le Tour, un autre sur la Vuelta. Ce jour-là, la formation d'un Primoz Roglic pas encore transformé en glouton espagnol avait vu quatre de ses soldats goûter au bitume à cause d'une… piscine privée et percée dont l'eau avait coulé jusqu'à la route. Peu adepte de la théorie du grand ruissellement, Roglic s'en était tiré avec une grimace et si l'affaire n'a eu aucune conséquence sur sa victoire finale au général, il avait sans doute à cœur de ne pas revivre l'expérience.
A terre et éliminé sur le Tour, Roglic se méfie de chaque jour en course. C'est donc tout sourire qu'il a livré ses sentiments à la presse après ce succès. "C’est une super sensation. Je pense que c’est largement mérité, a-t-il lancé. C’était vraiment sympa d’être sur la route avec de grandes foules et mes gars. Tout le monde a fait un super boulot, donc on a passé un bon moment. Ma condition est suffisante pour gagner aujourd’hui. J’en suis très content. C’était un plaisir aujourd’hui, les gars ont vraiment fait un super boulot."
Primoz Roglic était super fort aujourd'hui
Alors que le leader n'a plus couru depuis la 14e étape du Tour, on scrutait aussi sans doute la forme de Roglic parmi ses coéquipiers. Chris Harper, dont le rôle dans le succès ce vendredi n'est pas à oublier, a été rassuré. "Primoz était super fort aujourd’hui. Je devais tenir sa roue. Il va bien", a-t-il apprécié en observateur privilégié. Le Slovène a déjà plus de 30 secondes d'avance sur des coureurs comme Simon Yates, Enric Mas, Jai Hindley ou Miguel Angel Lopez. Pas la pire des manières de débuter, d'autant plus qu'il s'est épargné le battage médiatique inhérent à la prise du maillot rouge, dévolu à Robert Gesink.
Du haut du mètre 89 du Néerlandais, ce sont 21 départs de grands tours qui vous observent. A 36 ans, celui dont la chevelure a trahi printemps après printemps les années qui ont passé, a depuis longtemps mis derrière lui sa carrière de leader. Celle d'un espoir, cinq fois dans le Top 10 des courses de trois semaines et même 5e de la Grande Boucle 2010. Au gré des arrivées de leaders plus ambitieux que lui, Bennett d'abord puis Dumoulin et évidemment Roglic et Vingegaard, Gesink a pris du recul sans jamais se plaindre.
Gesink est celui qui le mérite le plus
"Le plan était évidemment d’essayer de gagner et essayer d’avoir le maillot rouge pour Robert (Gesink)", avoue Harper. Le fait que le géant évoluait à domicile ne suffit pas à expliquer ce choix des Jumbo. "Il le mérite, tranche Roglic. Il est celui qui le mérite le plus, c’est un plaisir de rouler avec lui depuis tant d’années. J’ai commencé avec lui dans l’équipe, il m’a beaucoup appris et c’est bien de gagner en tant qu’équipe à domicile avec un coureur à domicile." Pour le principal intéressé, si ce n'est pas le plus grand moment de sa carrière, nous n'en sommes pas bien loin.
"Je ne peux pas vraiment y croire. Je suis vraiment reconnaissant envers les gars. Ils étaient incroyablement forts, c’était dingue. C’est absolument un des grands moments de ma carrière. Habituellement, mon travail est d’aider l’équipe et d’aider Primoz. Je pense que c’est vraiment une belle manière pour eux de dire merci pour le soutien de ces dernières années. Rouler sur mes terres avec le maillot rouge, c’est comme un rêve qui se réalise."

Gesink : "C'est une très belle façon de me dire merci"

Ce sera le cas samedi entre s-Hertogenbosch et Utrecht. Une étape qui devrait se terminer au sprint et où pour une fois la Jumbo devrait laisser la concurrence rigoler. A moins que Mike Teunissen ne déjoue les pronostics au sprint. Après tout, que ne sait pas faire la Jumbo-Visma ?
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