TOUR D'ESPAGNE - Rudy Molard sans regret après la perte de son maillot rouge : ”Remco (Evenepoel) était trop fort”

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VUELTA - Rudy Molard “a donné le maximum”. Mais au lendemain de sa prise de pouvoir, le puncheur français a dû laisser son maillot rouge à Remco Evenepoel, auteur d’une grande démonstration ce jeudi au Pico Jano. Distancé une première fois dans l’avant-dernière montée, il ne lui a finalement manqué que 21” pour conserver son bien. Frustrant, même s’il n’a rien à regretter.

Rudy Molard a lâché son beau maillot rouge sur la Vuelta

Crédit: Getty Images

Rudy Molard a la sagesse de celui qui connaît le chemin. De retour en rouge, quatre ans après la première fois, le Haut-Alpin savait qu’il lui fallait savourer chaque instant ce jeudi, conscient de la fragilité de son statut de leader de la Vuelta mais aussi de la versatilité d’une vie de cycliste, surtout la sienne, émaillée bien plus souvent de bas que de hauts ces derniers temps, comme il le racontait la veille à sa prise de pouvoir à Bilbao, au bout d’une longue échappée. “Je sais que ce sont des moments éphémères, confiait-il au départ de la 6e étape. Et vu l’étape du jour, le dénivelé et les conditions, je savais que ça serait dur de garder le maillot rouge.”
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Le coup de force de la Quick-Step, la vaine résistance de Molard : le résumé de la 6e étape

Video credit: Eurosport

Son avance de quatre minutes sur les premiers ténors comme Primoz Roglic était sur le papier assez confortable. Mais sur le terrain, c’était une toute autre histoire puisque la pluie et le brouillard ont corsé les débats et compliqué sa tâche sur cette première grande arrivée au sommet, l’Azuréen d’adoption préférant les températures caniculaires. “C’est pour moi un peu plus dur quand il fait froid et qu’il pleut, explique-t-il dans ses propos relayés par l'équipe Groupama-FDJ. Mais je paye aussi la journée d’hier.”

Une crevaison et un déchaussage avant le final

21 secondes. C’est ce qui lui a manqué pour conserver une journée de plus son maillot rouge. “Pas grand chose” concède-t-il, à la fois frustré de passer si près d’une prolongation de bonheur mais aussi conscient que l’addition aurait pu être bien plus lourde encore.
Le coureur de 32 ans a dû s’employer deux fois à l’approche du final pour boucher les trous, alors que son équipe tenait en laisse l’échappée. La première sur une crevaison dans la plaine, à 80km de l’arrivée. La seconde après avoir été gêné par une chute juste avant le pied de l’avant-dernière ascension. “Je n’ai pas eu trop de chances, peste-t-il. J’ai dû déchausser et je suis reparti assez loin”.
Parvenu à reprendre sa place dans le peloton, il a ensuite lâché prise à deux kilomètres du sommet de Collada de Brenes. L’affaire était mal embarquée, une cinquantaine de coureurs garnissait encore le paquet et le maillot rouge comptait 40” de retard à l’entame de la descente.
Mais son équipe s’est alors montrée suffisamment forte (et soudée) pour lui offrir un sursis. Quentin Pacher l’a d'abord mis sur son porte-bagages. Et en bas de la descente, Sebastien Reichenbach et Thibaut Pinot se sont laissés décrocher du peloton pour attendre leur leader de circonstance afin de faire la jonction sur le peloton, juste avant l’ascension finale. “Ils ont roulé à bloc pour me ramener sur la tête de course, relate-t-il, très reconnaissant. Sans eux, il ne me manque pas 20” pour garder le maillot.” Mais sans doute de nombreuses minutes.
Il a ensuite serré les dents sur les 12,6 derniers kilomètres à 6,5% de moyenne, avec les moyens du bord : “Je ne pouvais pas lâcher après tout le travail fait par l’équipe, j'ai vraiment tout donné jusqu’à la fin.” Au sommet, il s’est classé 35e à 5’06” du vainqueur Jay Vine. Et à 4’51” de Remco Evenepoel, le bourreau de son rêve en rouge pour 21 secondes. “Il ne manque rien. Remco était super fort. Si il n’est pas au-dessus du lot comme ça, il y avait peut-être moyen de garder le maillot. Mais il était trop fort, et dans l’ascension finale, tout seul, on perd vite du temps.”
Il demeure 2e du général, l’intrus parmi tous les cadors qui ont pris position dans le top 20. Qui sait s’il ne tentera pas de reprendre la tunique rouge, dès vendredi, au gré d’une nouvelle échappée ? La 7e étape est en tout cas taillée pour les baroudeurs. Et les favoris ont encore le temps de voir venir dans cette Vuelta. Son rêve en rouge n'est peut-être pas tout à fait passer.
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Rudy Molard

Crédit: AFP

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