"C'est incroyable". Les mots sont de Juan Ayuso en personne. Pourtant, ils peinent à décrire l’exploit réalisé par l'Espagnol sur ce Tour d’Espagne 2022. A 19 ans seulement, et pour le tout premier Grand Tour de sa carrière, le voilà qui devrait monter – sauf incident extra-sportif – sur le podium de la Vuelta. Au nez et à la barbe de coureurs bien plus référencés et expérimentés en la matière, comme Miguel Angel Lopez (Astana Qazaqstan Team) ou le vainqueur du dernier Tour d’Italie, Jai Hindley (Bora-Hansgrohe).
Au début de l'année, je ne pensais même pas courir ici
Tour d'Espagne
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10/09/2022 À 15:27
Le porteur du maillot blanc (mais 2e du classement des jeunes, dominé par Remco Evenepoel) n’avait pourtant pas le podium acquis avant cette ultime étape de montagne, Lopez n’étant qu’à 48’’. Mais l’Espagnol n’a jamais été mis en difficulté sur les différentes attaques du Colombien. Ce dernier était trop juste pour déloger du podium le Barcelonais, auteur d’une Vuelta époustouflante à laquelle lui-même ne s’attendait pas. "Au début de l'année, je ne pensais même pas courir ici, avouait-il au terme de la 20e étape. Je suis venu sur cette Vuelta pour apprendre, c'est mon premier Grand Tour, à 19 ans. Je voulais voir au jour le jour, sans attente particulière, si ce n’est donner mon maximum. Alors monter sur le podium…" D’autant que ce dernier a pu compter sur une équipe à son service. "Marc Soler a donné sa vie pour moi, Jan Polanc aussi, racontait-il. Et Almeida a fait un boulot incroyable...".

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Pourtant c’est bien le Portugais, 5e du général, qui semblait le leader de l’équipe au départ. Lui le 4e du Giro 2020 et 6e en 2021. Lui qui venait de s’imposer sur la dernière étape du Tour de Burgos. Mais la passation de pouvoir a semblé inévitable tout au long des trois semaines, tant Ayuso a confirmé jour après jour être parmi les meilleurs en montagne. Il avait pourtant prévenu qu’il n’était pas mauvais dans l’exercice. "Je pense que je me défends en montagne", avait-il déclaré pour iariodeltriatlon.es, se comparant également à Alejandro Valverde. Le Murcien de 42 ans va prendre sa retraite, alors que celui qui sera peut-être son successeur explose aux yeux du grand public après une année réussie.

Il bat tous les records de précocité

Cinquième du Tour de Catalogne en mars et quatrième du Tour de Romandie un mois plus tard, Juan Aysuo avait déjà plus de références que Remco Evenepoel sur les courses par étapes avant cette Vuelta. On avait presque tendance à l’oublier tant le mystère entourant le Belge a primé sur la course pourtant tout aussi sensationnelle de l’Espagnol. A 19 ans, le voilà devenu le plus jeune coureur sur le podium d’un Grand Tour depuis … Henri Cornet en 1904 ! Plus jeune qu’Evenepoel. Plus jeune que Bernal. Plus jeune même que son illustre coéquipier, Tadej Pogacar, excusez du peu !

Juan Ayuso (UAE Team Emirates) lors de la Vuelta 2022

Crédit: Getty Images

Tous trois ont gagné des Grands Tours et c’est le destin qui semble désormais tracé pour le Barcelonais. "Je me suis prouvé à moi-même que je pouvais être un coureur de Grand Tour, disait-il après l’arrivée de la 20e étape pour velonews. Je me suis prouvé que je pouvais gagner ces courses un jour. C’est quelque chose de très important". C’est surtout un passage obligé - ou presque - dans la quête d’une victoire dans un Grand Tour. Tout le monde n’est pas Remco Evenepoel, à gagner le premier Grand Tour qu’il termine.
J’ai appris à souffrir
Juan Ayuso est plus patient. Mais, il n'en est pas moins ambitieux, à l’image de ses envies de victoire d’étape dans le final, samedi. "Je me sentais bien et je voulais gagner l'étape, et nous avons travaillé pour cela, expliquait l'Espagnol. Au final, deux coureurs sont restés devant et dans le groupe, j'étais premier. Mais ce n’est pas grave. Je suis sur le podium et je n'ai aucun mauvais arrière-goût de ne pas avoir gagné aujourd'hui". Ambitieux, oui, mais lucide.

Juan Ayuso (UAE Team Emirates) dans la roue de Remco Evenepoel (Quick-Step Alpha Vinyl) lors de la 20e étape de la Vuelta 2022

Crédit: Getty Images

Le Barcelonais n’est pas du genre à faire la fine bouche. Il sait qu’il reviendra, qu’il reviendra plus fort. "J'ai appris à souffrir, racontait-il. Je n'ai jamais eu à endurer autant mentalement que ce qu'un Grand Tour exige, et je pense que pour l'année prochaine cela fera de moi un bien meilleur coureur". Vu le niveau affiché cette saison, ça promet.
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