Vuelta 2023 | Groupama-FDJ : Carte jeune avec Grégoire et Martinez... et crash-test ?

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A peine plus de 23 ans, voilà la moyenne d'âge de l'effectif de Groupama-FDJ sur le Tour d'Espagne. Aux côtés de l'expérimenté Rudy Molard, Marc Madiot y envoie un effectif très jeune, symbole de la voie prise fin 2022 et confirmée par le non-remplacement de Thibaut Pinot et Arnaud Démare pour 2024. Mises en situation, les pépites ont une occasion de confirmer les espoirs placés en eux.

Romain Grégoire (Groupama-FDJ)

Crédit: Getty Images

Marc Madiot n'avait donc pas menti. En décembre dernier, au moment de se projeter sur la saison 2023, le manager des Groupama-FDJ avait assuré que certains jeunes promus de l'équipe Continentale vers le World Tour feraient partie du groupe pour la Vuelta. Cinq sur huit lui paraissaient être une fourchette raisonnable. Romain Grégoire, Lenny Martinez, Lorenzo Germani et Samuel Watson auxquels il faut ajouter Lewis Askey qui avait fait le grand saut un an avant ses copains, en seront. Nouvelle étape pour eux et pour une équipe qui plus que jamais se tourne vers son centre de formation.
Dans cette liste, le plus vieux pointe à 22 ans (Askey), le plus jeune à 20 et un gros mois (Martinez). Sans Rudy Molard et ses 33 ans, la moyenne d'âge des ouailles de Madiot en Espagne aurait à peine dépassé les 22 printemps car les deux derniers de la liste, Clément Davy (25 ans) et Michael Storer (26) sont loin d'être des anciens. L'Australien et Molard font figure d'exceptions puisqu'ils sont les seuls dans ce huit à ne pas être passés par la formation à la sauce FDJ.

Pinot et Démare pas remplacés en 2024

Rarement un effectif n'aura autant mis en pratique la théorie voulue au sommet de la pyramide. Fin 2022, la Groupama-FDJ a, quoiqu'elle en dise, opéré un tournant dans son histoire. Oui, la formation a toujours fait partie de son ADN mais rarement dans ces proportions (huit recrues, toutes issues de la pépinière). Et avec la retraite de Thibaut Pinot et le départ d'Arnaud Démare sans qu'un coureur du même statut arrive dans l'autre sens, le projet jeunes prend une importance capitale.
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Sentant d'ailleurs le vent des critiques après l'annonce des arrivées de Rémy Rochas, Sven Erik Byström et Clément Russo pour 2024, Marc Madiot a pris la parole pour justifier ce recrutement peu ambitieux. "Le but est de continuer de croire en ce qu’on a commencé à mettre en place cette année, avec des leaders confirmés qui restent et la montée en puissance des jeunes qui viennent d’arriver, explique le boss. On est dans une autre logique avec nos jeunes talents de la Conti, donc on continue sur cette voie en renforçant notre potentiel autour de ces garçons-là."

Madiot compte ses sous

Ne pas avoir remplacé des stars comme Pinot et Démare est un sacré choix. Le premier est le visage de l'équipe depuis dix ans quand le second apportait un joli total de victoires chaque année. Avec leurs salaires, Groupama-FDJ aurait pu faire de sacrés coups mais Madiot, comme les autres, presque tous les autres, compte ses sous. Le départ des deux historiques va donner un peu d'air financier à sa structure jusqu'au moment où il sera temps pour les jeunes de réclamer de gros salaires. Mais pour cela, il faut prouver sur la route.
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La Vuelta sera-t-elle un bon révélateur ? Il y a peu Romain Grégoire, vainqueur brillant du Tour du Limousin, confiait qu'il ne se sentait pas prêt pour une victoire en World Tour, rappelant au passage le fossé que l'on ne mesure pas toujours entre une très belle épreuve française et un grand tour. Madiot : "Si tu investis sur des jeunes talents mais que tu ne les mets pas en situation, que tu ne leur permets pas d’être leaders, alors ça ne sert à rien de les prendre". Dont acte sur le Tour d'Espagne.

Grégoire et Martinez, déjà acteurs ?

Deux sont un peu plus attendus que les autres : Romain Grégoire et Lenny Martinez. Eu égard à leur talent mais aussi à leur réussite précoce chez les professionnels. Le premier a remporté les Quatre Jours de Dunkerque et le Tour du Limousin quand l'autre a déjà dompté le Mont Ventoux. Une victoire d'étape serait un sacré exploit mais une Vuelta complètement anonyme constituerait un échec. Dans l'une ou l'autre des situations, rien ne validera cependant totalement la stratégie de Madiot. Seul le temps offrira une vue d'ensemble et donc un jugement fiable.
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"J’entends qu’on puisse avoir une moue dubitative sur ce qu’on fait ou sur notre recrutement, mais c’est une logique purement sportive, assure encore ce dernier. Certains s’attendaient à ce qu’on recrute des leaders, mais les leaders, on les a déjà ! Les leaders sont déjà chez nous, et ils vont monter en gamme." Leader d'aujourd'hui et de demain, Grégoire, Martinez et les autres ont sacré coup à jouer en Espagne en même temps qu'une belle pression. L'un va rarement sans l'autre au plus haut niveau.
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Video credit: Eurosport

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