Vuelta 2023 | Lenny Martinez (Groupama-FDJ), promesses et ascendance

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Vendredi, Lenny Martinez a connu sa première journée en rouge. Une étape tranquille lors de laquelle il a pu en prendre plein les yeux avant un weekend qui pourrait être fatal à son fauteuil de leader. A moins que le grimpeur de la Groupama-FDJ n'épate encore. Après tout sa performance du Pico del Buitre l'a propulsé dans une nouvelle dimension, à 20 ans seulement.

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Martinez s'est fait un prénom. Les plus jeunes ne savent pas que son père, Miguel, fut en son temps champion olympique et du monde (2000) de VTT quand les plus anciens se souviennent que son grand-père Mariano a remporté deux étapes du Tour de France (1978 et 1980) ainsi que le classement de la montagne 1978. Il y a désormais le petit Lenny dans cette longue histoire de succès familiaux. Son maillot rouge, acquis à la force de ses fines jambes, n'est évidemment que le début. C'est son destin.
Il n'en croyait pas ses oreilles le gamin, jeudi là-haut dans le paysage désertique du Pico del Buitre, qui rappelait curieusement le sommet d'une autre montagne, française celle-là et plus mythique. Comme Saint-Thomas, le dernier cycliste de la famille Martinez ne croit que ce qu'il voit mais même un tweet de son équipe Groupama-FDJ qui l'annonçait leader de son premier grand tour, n'a pas immédiatement suffi à le propulser dans sa nouvelle réalité. Quelques secondes pour mesurer l'exploit et voilà que Lenny fait déjà le bilan. "Vuelta réussie" lance-t-il dans un éclair de lucidité aussi déroutant que surprenant.

La France tient-elle sa pépite ?

A-t-il raison ? A l'évidence oui mais le timing de sa prise de pouvoir pousse à l'exigence. Comment imaginer une suite de Vuelta complètement anonyme une fois le maillot rouge perdu ? Si l'on s'est logiquement concentré sur le résultat jeudi, la manière n'a en rien juré. Terminer deuxième dans un groupe qui comptait une pelleté de grands noms et/ou de vainqueurs d'étape de grands tours (Bardet, Landa, Soler, Poels, Rubio, Carthy ou Buchman…) dit beaucoup du talent du gamin. La France s'est un temps demandée si elle aurait à son tour la pépite de 20 ans qui bouscule les grands, elle la tient peut-être.
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Qu'on ne se méprenne pas, on ne comparera pas ici Lenny Martinez à Tadej Pogacar, Remco Evenepoel ou Juan Ayuso et on souhaitera au maillot rouge de la Vuelta qu'il trace sa route le plus longtemps possible sans être pollué par les standards que d'autres ont fixés avant lui. D'un observatoire à un autre, il y avait d'immenses pas que le petit Martinez s'est empressé de faire. Vainqueur de la classique du Mont Ventoux en juin, il avait déjà épaté en s'offrant le Géant de Provence. De l'astronomie au Ventoux à l'astrophysique à Javalambre, Martinez a semé des cailloux sur un chemin que l'on imagine facilement doré désormais.
Dans la désormais longue histoire de l'équipe Groupama-FDJ, le Tour d'Espagne 2023 restera comme l'acte de naissance de la classe Martinez-Grégoire. Dans sa volonté toujours plus poussée de miser sur la formation, Marc Madiot a franchi un cap cette année. Pas de David Gaudu, ni de Thibaut Pinot, Valentin Madouas, Stefan Küng ou Arnaud Démare (parti chez Arkéa-Samsic) sur le dernier grand tour de la saison mais six coureurs de 25 ans ou moins. La promesse ? Pas de pression, simplement la joie de se retrouver entre copains et de prendre de l'expérience tout en croyant en ses chances.

Dans les traces de Pinot et Gaudu

Un message parfaitement entendu par Lenny Martinez, déjà placé en Andorre lundi et récompensé jeudi. Ses performances ont déjà validé la prise de risque de son boss, ce qui n'était pas gagné au départ. Surtout, elle lui ouvre des perspectives enthousiasmantes pour la suite de ce Tour d'Espagne donc où il chassera désormais la victoire d'étape, et de sa carrière. Le voir lever les bras outre-Pyrénées ne surprendrait désormais pas grand monde même s'il ne faudra alors pas minimiser la portée de l'exploit.
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Martinez et le maillot rouge : "Un rêve pour tout coureur"

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Rien ne garantit que l'année prochaine et les suivantes, Lenny Martinez progressera encore mais ce serait une vraie déception et chez Groupama-FDJ, son statut va évidemment changer. On doute que Marc Madiot ne cède à l'ivresse du moment mais son gamin a gagné les galons qui permettent de croire qu'il pourra marcher dans les traces de Thibaut Pinot et David Gaudu, autre grimpeurs "made in FDJ". Mieux, ni l'un, ni l'autre ont un jour été leader d'un grand tour. Lenny Martinez a déjà réussi ce que ses deux illustres prédécesseurs n'ont jamais fait. Reste pour lui a égalé leurs exploits, ce qui serait surtout dans le cas de Pinot, l'assurance de faire une grande carrière.
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