Vuelta 2024 I Primoz Roglic (Red Bull - Bora-Hansgrohe) , sans repère pour marquer l'histoire

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Il a forcément la pancarte. Primoz Roglic (Red Bull-Bora Honsgrohe), trois fois lauréat, a l'occasion d'entrer dans l'histoire du Tour d'Espagne en égalant Roberto Heras avec un quatrième succès sur l'épreuve. Mais entre son état physique après sa chute sur le Tour de France, et un rôle pas forcément défini au sein de son équipe, les questions sont multiples autour du Slovène.

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La poisse prend un malin plaisir à le poursuivre. Même avant le départ de la course. Vendredi, Primoz Roglic s'est affiché sur les réseaux avec... une dent en moins. Sans donner l'explication de sa mésaventure. Mais le message était passé. Le Slovène l'a quand même explicité. "Ça commence bien, hein ?", a-t-il commenté à la veille du départ du Tour d'Espagne. Une épreuve pour laquelle sa participation n'a été confirmée qu'en début de semaine. Et dont il sera malgré tout la tête d'affiche principale.
Il ne peut pas vraiment en être autrement. Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard et Remco Evenepoel absents, Roglic est clairement le nom qui se dégage dans la liste des engagés sur cette Vuelta. Une épreuve qu'il affectionne. Vainqueur en 2019, 2020 et 2021, il vise un quatrième succès historique sur les routes espagnoles. Seul Roberto Heras a remporté le Tour d'Espagne à quatre reprises (2000, 2003, 2004 et 2005). "Je ne sais pas pourquoi La Vuelta me convient, je ne cherche pas de réponse, je me contente d’en profiter", a-t-il commenté vendredi en conférence de presse.

"Je ressens encore des douleurs"

A force d'en profiter, il pourrait entrer dans l'histoire de l'épreuve s'il est sacré à Madrid le 8 septembre prochain. Qu'il justifie ainsi son statut de favori n'en serait pas moins une surprise. Au départ du chrono inaugural samedi au Portugal, Roglic suscitait plus d'interrogations que d'incertitudes. Il en a levé certaines à l'arrivée à Oeiras, en prenant une 8e place plutôt encourageante à 17 secondes du vainqueur, l'Américain Brandon McNulty (UAE Emirates). Un bon signe, mais encore insuffisant pour être totalement rassuré sur l'état de santé du Slovène.
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Les images de sa terrible chute peu avant l'arrivée de la 12e étape du Tour de France sont encore dans toutes les mémoires. Contraint à l'abandon et non-partant le lendemain, Roglic avait été victime d'une fracture d'une vertèbre. Il n'en était pas totalement remis au moment d'aborder le Tour d'Espagne. "C'est sûr, je ressens encore des douleurs, surtout avec mon dos, j'ai besoin de temps, a-t-il admis avant le départ de l'épreuve. Je me sens un peu mieux chaque semaine, mais ces choses ne s'améliorent pas du jour au lendemain, ni en une ou trois semaines. Cela prend du temps."

"C'est peut-être la plus grosse équipe"

Roglic n'a ainsi pas participé à la moindre course depuis son abandon sur la Grande Boucle. S'il a finalement été déclaré apte pour participer à la Vuelta, le Slovène ne sait pas vraiment ce qu'il peut ambitionner pour le moment. "Maintenant, nous devons voir où nous nous situons vraiment et en fonction de cela, nous pouvons décider de la manière de courir pour obtenir le meilleur résultat possible, a-t-il souligné. Bien sûr, le mieux est de gagner, il n’y a rien au-dessus. Mais il s’agit aussi de donner le meilleur de moi-même et de mes coéquipiers."
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Son équipe, c'est justement une autre inconnue. Ce n'est pas la qualité de la Red Bull-Bora qui est en question. Elle semble même être l'une des plus compétitives du plateau. "C'est peut-être la plus grosse équipe, jugeait samedi Jacky Durand, consultant pour Eurosport, dans l'émission les Rois de la Pédale. Il y a Vlasov qui avait abandonné assez tôt sur le Tour, Daniel Felipe Martinez, Lipowitz, qu'on avait découvert en début de saison, le jeune Aleotti, Adria, Nico Denz... c'est une équipe super bien construite."

"L'homme à battre par rapport au palmarès"

Si bien que le rôle de Roglic pourrait évoluer. Dans l'absolu, il est le leader incontesté de la formation allemande, mais elle a d'autres éléments capables de bien figurer au classement général, notamment Martinez et Vlasov. S'ils devaient être mieux placés au classement général pendant que le Slovène cherche sa meilleure forme, la question de la stratégie d'équipe pourrait bien se poser. "Au sein de la Jumbo-Visma, il avait une équipe qui savait préparer les grands tours, là avec la Bora-Hansgrohe ça peut être différent", rappelait David Moncoutié samedi dans les Rois de la Pédale.
Roglic n'en reste pas moins le favori pour le consultant sur Eurosport, quadruple vainqueur d'étapes sur le Tour d'Espagne. "Il a connu beaucoup de chutes dans sa carrière, notamment sur les grands tours, donc ce sera la première chose à passer, a-t-il expliqué. Il faudra voir comment il est physiquement, mais on peut dire que c'est l'homme à battre par rapport au palmarès." C'est peut-être le seul repère sur lequel le Slovène peut vraiment s'appuyer à l'heure actuelle. Mais si le sort l'épargne enfin, c'est peut-être celui qui lui permettra de marquer l'histoire dans trois semaines à Madrid.
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