Tour d'Espagne 2026 - Plus qu’un succès pour Enric Mas, vainqueur à Aitana au lendemain de l'abandon de Tadej Pogacar

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Il en rêvait, la Movistar aussi, et Enric Mas l’a fait. Près de quatre ans après sa dernière victoire, l’Espagnol a renoué avec le succès au sommet d’Aitana. Un triomphe en patron, maillot rouge sur les épaules, mais un immense soulagement, surtout. Et un véritable message envoyé à la concurrence comme à ses détracteurs.

Sivakov a essayé de prendre la relève de Pogacar, Mas a frappé du poing sur la table

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On avait fini par croire qu’Enric Mas n’avait pas le droit de gagner. Qu’il ne pouvait pas gagner. Mais si ce week-end de cyclisme nous a bien appris quelque chose, c’est que rien n’est impossible. En 24 heures, Bryan Coquard a gagné en Grand Tour, Tadej Pogacar a abandonné sur une course par étapes et Alex Aranburu a remporté une classique World Tour. Alors, forcément, vêtu d’un maillot rouge qu’il avait refusé de porter la veille sur le podium, par respect pour l’ancien malheureux leader slovène, Enric Mas voulait lui aussi mettre fin à son interminable disette, qui durait depuis octobre 2022 et ce Tour d’Emilie gagné devant Tadej Pogacar. Une éternité.
Ce maillot donne vraiment des ailes
Mais il était dit que toute série pouvait prendre fin ce week-end, qu’Enric Mas pouvait gagner, même au sprint. Même face à un Oscar Onley nettement plus punchy sur le papier, mais étouffé par la puissance et la force du grimpeur majorquin. Au sommet de l’Alto d’Aitana, après une ascension gérée de main de maître, l’Espagnol de la Movistar brandissait un poing rageur, comme une libération de toutes les frustrations qu’il a connues ces dernières années. De ces longs mois passés à souffrir pour revenir de sa phlébite contractée sur le Tour de France l’an passé. De ces nombreuses 2e places (10) acquises ces quatre dernières saisons, sans jamais gagner. Une victoire qui compte bien au-delà des quelques secondes grignotées à la concurrence.
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Un duel pour finir : l'irrésistible Mas écoeure Onley à l'arrivée

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"Pouvoir gagner en portant le maillot de leader, je peux vous dire que c'est un sentiment vraiment très spécial, avouait-il après l’arrivée. J'ai connu mon lot de revers durant ma carrière, mais c'est l'un des plus beaux sentiments que je n’ai jamais éprouvé. Maintenant, je comprends Tadej (Pogacar), ce maillot donne vraiment des ailes. Nous avons été impeccables à tous les niveaux, l'équipe a fait un travail formidable. Nous sommes restés très calmes tout du long et je me sentais vraiment bien à la fin". Suffisamment pour passer lui-même à l’attaque, là encore un signe fort de sa confiance, lui qui a souvent été critiqué pour sa passivité et son manque d’audace. Mais le maillot rouge nous a changé Enric Mas.

Une sérénité nouvelle

"Il a assumé son nouveau statut et le maillot rouge, expliquait notre consultant Jacky Durand dans les Rois de la Pédale. On avait établi après les premières étapes qu’il y avait deux grimpeurs qui semblaient au-dessus : Mas et Gall. Sur le Bartolo, on se souvient que Mas avait été capable de revenir sur Pogacar, et on attendait une grosse explication entre eux. Mas a pris le dessus. Il a été patient, il a suivi les attaques dans un premier temps avant d’y aller, seulement suivi par Onley. Il est allé le chercher ce maillot rouge". Il l’avait déjà sur les épaules après la chute de Pogacar, il s’en est cette fois paré avec autorité, offrant à la Movistar son premier maillot de leader en Grand Tour depuis la Vuelta 2019. Sa première victoire sur la Vuelta depuis Miguel Angel Lopez en 2021, aussi. Son premier succès en World Tour de la saison, également. Comme si tous les signes étaient au vert. Comme si Enric Mas n’avait jamais été aussi fort.
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Au sommet du Puerto de Tudons, Butrago fait le plein de points et de pois

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L’Espagnol de la Movistar n’a jamais raté son rendez-vous avec la Vuelta (top 6 depuis 2017), il y a parfois rivalisé avec les cadors de Primoz Roglic à Remco Evenepoel en passant par Jonas Vingegaard, mais jamais il n’avait dégagé cette sérénité et cette sensation de force intérieure. Il a jusqu’ici toujours trouvé plus fort que lui sur les routes espagnoles. Mais, après tout, Enric Mas avait aussi toujours trouvé plus fort que lui à l’arrivée des étapes depuis 2018. C’est aussi toute la symbolique de cette victoire à Aitana : la conviction désormais que plus rien n’est impossible pour le Majorquin et la Movistar, enfin libérés du poids qui les accablait au cœur d’une saison jusque-là si compliquée.
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