Vuelta 2026 - 4e étape : Andorre, là où tout a commencé pour le jeune Tadej Pogacar en 2019

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Après le chaos sur les routes qui menaient à Font-Romeu ce lundi, Tadej Pogacar va retrouver des cieux qui lui avaient été bien plus cléments il y a sept ans. Pour sa première course de trois semaines, sur la Vuelta 2019, le Slovène de 20 ans avait marqué les esprits en remportant la 9e étape vers Cortals d'Encamp et l'Andorre. Flash-back sur ce qui apparaît aujourd'hui comme une révélation.

Seulement 104,8 km, mais pas un de plat : la carte et le profil de la 4e étape

Video credit: Eurosport

La dernière fois que La Vuelta s’est présentée à Cortals d’Encamp, début septembre 2019, Tadej Pogačar n’avait encore rien de l’aura de Cannibale qui l’accompagne sur l’édition 2026. Le Slovène avait seulement 20 ans. Il participait à son premier Grand Tour, où l'observaient les suiveurs les plus aguerris, à l’affût pour accueillir un nouveau prodige quelques semaines après le sacre d’Egan Bernal sur le Tour de France.
Ses succès précoces sur le Tour d’Algarve et le Tour de Californie ou ses performances au Pays-Basque (6e du général) et Liège-Bastogne-Liège (18e) ne faisaient pas encore de lui le successeur – voire le tombeur – d’Eddy Merckx. Son anonymat relatif s’est envolé lorsque le Slovène a pris toute la lumière sous le ciel andorran lors de la 9e étape.
Cela avait peu à voir avec le déluge de ce lundi mais la météo, déjà, s’en était mêlée. La route était détrempée. Et que dire du chemin de terre emprunté avant la dernière rampe de 6 kilomètres à 8% ? La tempête a participé au chaos, mettant à terre certains coureurs ainsi que la retransmission télévisée.
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Tout le monde à l'abri : La Vuelta sous un déluge de grêle au col de Mont-Louis !

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Le premier banquet du monstre

Finalement, alors que Marc Soler était échappé (avant d’être rappelé au service de Nairo Quintana) et que Miguel Angel Lopez avait attaqué, le tout jeune leader d’UAE Team Emirates émergeait en vainqueur au sommet avec un maillot tacheté de boue et d’énormes lunettes en guise de pare-brise. Dans son sillage, on retrouvait Quintana, Roglic, Valverde, ou encore Hermann Pernsteiner, Sergio Higuita et Tao Geoghegan Hart. Autant de coureurs relégués dans l'oubli alors que Pogačar revient en Andorre avec le maillot rouge sur les épaules, pour une nouvelle conquête historique sur la Vuelta.
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Pogacar sur la Vuelta en 2019.

Crédit: Getty Images

"C’est incroyable de gagner devant de tels champions", s’émerveillait-il à l’époque. On observait alors devant l’émergence d’un "super prodige". Sept ans plus tard, il est l’hyper-favori de l’étape andorrane, avec un enchaînement de montées qui peut déjà lui permettre de creuser des écarts irrémédiables pour ses concurrents.
Personne ne s’interroge vraiment sur l’identité du vainqueur à Andorre-la-Vieille. Les suiveurs se demandent plutôt où Pogačar va lâcher tous ses adversaires pour décrocher sa 37e victoire d’étape en Grand Tour (26 sur le Tour, 6 sur le Giro, 4 sur la Vuelta après que la grêle a contrarié ses ambitions lundi vers Font-Romeu).
Je viens d’un petit pays où les gens sont de grands travailleurs
À l’époque, on découvrait un trublion slovène à l’émergence expresse. Les supporters espagnols s’embrouillaient et peignaient des encouragements pour "Podgachar". Lundi 2 septembre, première journée de repos sur cette Vuelta au lendemain de l’étape andorrane, trois journalistes se présentaient donc à l’hôtel de Pau (théâtre le lendemain d’un contre-la-montre survolé par Roglic, pendant que Pogačar perdait une minute et demie) pour faire les présentations avec la nouvelle sensation slovène, couvée par Matxin Fernandez et Mauro Gianetti.
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Tadej Pogacar sur la Vuelta en 2019.

Crédit: Getty Images

"Je m’appelle Tadej Pogačar", commençait la future terreur des pelotons. "Je viens de Slovénie. C’est un petit pays où les gens sont de grands travailleurs. J’ai commencé le cyclisme à 9 ans, pour faire comme mon frère aîné. Il a arrêté mais pas moi. Ma carrière a progressé, progressé, et maintenant je suis là et je suis vraiment content de ce que j’ai réussi." Au second plan, Urska Zigart était déjà présente.

Merckx avait tout compris

Tadej Pogačar ne devait même pas disputer cette Vuelta, ses débuts en Grand Tour étant prévus pour 2020. "Mais il a tellement avancé dans sa première année qu’on s’est adapté", souriait "Matxin". La saison suivante, sa deuxième chez les pros, le verra tout emporter sur le Tour avec un contre-la-montre étourdissant à la Planche des Belles Filles.
En attendant, la Vuelta 2019 lui a permis de faire ses gammes, d’ajouter de belles lignes à son palmarès tout juste étrenné, et d’annoncer le champion qu’il allait devenir, aussi bien dans les résultats que dans la manière. Cinq jours après Cortals d’Encamp, il s’imposait sur les pentes brutales des Machucos. Enfin, au 20e jour de course, il s’envolait à près de 40 kilomètres de l’arrivée pour s’offrir une troisième victoire d’étape, la troisième place au classement général et le maillot blanc. Le tout une semaine avant son 21e anniversaire.
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Après la grêle, la foudre pour les rivaux de Pogacar ? "Il peut attaquer dès le départ"

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L’exploit était déjà historique à son âge. "Il va me falloir plusieurs jours pour comprendre ce que j’ai fait", soufflait-il à l’arrivée. Ses performances étaient surtout annonciatrices : l'empreinte de Pogačar n'allait pas se borner à quelques records de précocité. "Ce jour-là, j’ai su qu’on avait affaire à un champion d’exception", a souvent répété Eddy Merckx depuis. Au moment où la Vuelta et Pogačar reviennent à Cortals d’Encamp, le Belge est le dernier coureur dont les exploits sont encore à la hauteur de ceux de Pogačar.
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